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Nadine Najman

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Née le 20 août 1949 à Reims. Bac philosophie en 1967, études à Amiens et début de carrière dans l'enseignement. Pour des raisons familiales, quitte l’Éducation Nationale et entre sur concours dans l'Armée de l'Air en 1976. Rédactrice à la Cité de l'Air à Paris jusqu’en 1982, puis chargée de relations publiques en Champagne-Ardenne.

Détachée en 1994/95 au Quartier Général de l'ONU à New York pour y créer un service centralisé du personnel « casque bleu » international. A son retour en France, rejoint la rédaction parisienne du magazine Air Actualités.

Met fin à cette carrière en 1999 et s’installe comme auteur-rédacteur indépendant à Reims en créant Ecriture sur mesure, entreprise individuelle prestataire de services écrits. Poursuit parallèlement ses travaux personnels en poésie mais aussi en prose.

Œuvres éditées

Poésie

Parcours non fléché (1987).
L'Edelweiss au bord du ravin (1989).
Seize fois femme (1992).
Le calice jusqu'à la lie (1994).
De fissions en fusion (1994, co-auteur Guy Ramette-Vovan).
Les amours errantes (1996).
Vingt-quatre chants pour un homme (1999).
Trois p'tits tours (2006).

Prose

Les six jours du Phénix ,roman policier, éditions des 2 Encres, 2003.
Histoires d’autre chose nouvelles fantastiques, éditions des 2 Encres, 2005.

Autres activités

Rédactrice en chef de la revue du Salon Orange et directrice du concours annuel de poésie.
Vice-présidente de l’Académie Nationale de Reims, présidente en 2014.
Membre titulaire de la Société des Poètes Français (ancien membre du Comité directeur).
Membre de l'association Défense de la Langue Française, délégation Champagne-Ardenne.
Collabore à la rédaction de plusieurs revues.

Principales distinctions

Lauréate de l'Académie française (1995)
Chevalier dans l'Ordre des Arts et des Lettres (1998)

Souvenir d'ailleurs

J'ai vécu vers le Nord
Dans une autre existence :
Il me souvient d'un port
- Ce n'était pas en France -

Et d'un marin très blond
Qui pleurait sur la table.
Je ne sais plus son nom,
L'image n'est pas stable,

Mais je crois qu'il parlait
D'un trésor dans une île,
Et que je me moquais
De son rêve immobile.

Etait-ce mon mari,
Mon fils ou bien mon frère ?
Quand ses yeux ont tari,
Il a vidé son verre,

Et d'un bond imprévu
Il a franchi la porte.
On ne l'a plus revu :
C'est pourquoi je suis morte.

Parcours non fléché, 1987


Pour eux

Nue, elle s'est offerte au vent de la falaise.
Il a cueilli des fleurs et pleuré sur leur sort.
Ils sont partis cent fois, cent fois rentrés au port,
Et n'ont pas su créer le monde avec la glaise.

Ils voulaient être forts mais n'étaient que combat,
Ils voulaient être purs mais n'étaient qu'innocence,
Dans le chemin stérile où croît la méfiance,
Ils crevaient le brouillard en allongeant leur pas.

Quand ils se sont trouvés parmi la solitude
Et qu'ils ont reconnu leur image sans tain,
Ils ont baissé leur arc, se sont parlé d'instinct,
Puis ont fermé les yeux, je crois, d'inquiétude.

Alors, comme enivrés, sont tombés à genoux,
Fascinés par les mots après le long silence.
Ils étaient sur le point de trouver l'évidence,
Ils nous ressemblent tant que c'est peut-être nous.

L’Edelweiss au bord du ravin, 1989


Autoportrait


Champagne avec vodka,

C'est bizarre mélange
Pour drôle de nana,
Mi-bête mais mi-ange

(Au sourire, bien sûr).
Je ne sais plus mon âge,
Je ne sais rien de sûr,
Mais j'en fais le partage

Dans un verre qui mousse
Sur des polkas d'hier.
Je joue à la peau douce,
Je joue au bras de fer

Avec les gars qui chantent
La Marne et ses amours,
Les neiges dissidentes
Et les baltes faubourgs.

Si vous me trouvez belle,
Je le serai pour vous ;
Je peux être fidèle,
Mais je fuis les jaloux

Et ne veux point d'entrave :
C'est mon plus grand souci !
Voyez-vous, je suis slave
Et bien française aussi.

Seize fois femme, 1992


Chanson périmée

Décalée,
Eraillée,
Note fausse sur la portée,
Je vibre à côté de ma place
En mineur,
En malheur,
Noire au fond du coeur,
Et je chantonne
- Clé de Fol -
Des mots sans rime ni raison,
Des mots bêtes qui furent beaux,
Des mots de bonheur abrogés,
Sur un ton désaccordé :
Air connu,
Texte caduc.

Le calice jusqu'à la lie, 1994


La huitième couleur

J'ai inventé une couleur nouvelle,
Magique,
Indescriptible,
Extra-terrestre,
Une couleur qui me sert de monture
Pour m'évader,
Une couleur qui me sert de lumière
Pour avancer
Tout prisme éteint.

Je l'utilise aussi parfois
Pour écrire,
Pour parler,
Pour appeler de nouveaux chemins
Autour de moi.

Peut-être qu'avec le temps
Elle déteindra,
Coulera
Et s'étalera
Partout :
Jusqu'à vous,
Jusqu'à lui surtout.

Peut-être que vous ne remarquerez rien
Mais il la reconnaîtra sans l'avoir jamais vue
Et il y plongera ses lèvres
Et il y plongera son corps
Pour apprendre la langue et les routes
De ma couleur.

Les amours errantes, 1996


Valse triste

Une symphonie étrangère
Vient animer le soir mourant.
Elle enfle et monte sans colère,
Et tourne courageusement.
Sur ce tempo tenace et lent,
L'un après l'autre, tous en piste !
Discrète comme un bon amant,
La vie est une valse triste.

Sur sa musique passagère,
On danse d'un pied chancelant.
Le chef d'orchestre est un mystère
Qui s'écroule au bord du néant
Et, prêt à tomber, se reprend
D'un coup de rein d'équilibriste.
Entre le cirque et l'accident,
La vie est une valse triste.

Inlassable en est la prière
Qui fait de chacun son orant.
Elle nous dit que la galère
Voguera demain dans le vent,
Et qu'il faut rester patient
Si la ligne droite résiste.
On avance en rond tout autant :
La vie est une valse triste.

Toi qui trouves l'air entraînant,
Je te choisis pour concertiste.
Prends le rythme d'un cœur vaillant,
La vie est une valse triste.
 
Vingt-quatre chants pour un homme, 1999


Vers la lumière

Il y a toujours eu
Une lumière,
Un feu,
Une balise,
Un phare,
Quelque chose qui t’a permis d’oser,
De risquer,
De te lancer au milieu des flots
En gardant le sourire,
Avec confiance,
Malgré les icebergs qui menacent,
Les coups de vent sournois
Et les courants qui rôdent.

On t’a déjà dit que c’était trop beau, que ta chance ne durerait pas,
Que tu ferais mieux de te calmer, de te ranger, de réfléchir,
De ne plus toujours t’engouffrer dans les passes difficiles
Mais d’apprendre à calculer le meilleur itinéraire.
Pourtant, au fond de toi,
Tu le sais, tu le sens :


Il y aura toujours
Cette lumière,
Ce feu,
Cette balise,
Ce phare,
Ce quelque chose qui te guide
Et te rassure,
Qui te pousse de l’intérieur vers l’inconnu
Et te fait regarder plus haut,
Plus loin, plus large,
Dans un élan d’espérance et de foi
Contre la banalité, la paresse,
L’égoïsme et la peur.

Trois p'tits tours, 2006