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Jean-Pierre Desthuilliers

               Sanguine signée Henri Landier

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Né natif de Versailles, élevé dans un jardin et un atelier de menuiserie, étudie au collège Albert de Mun, à l'école du Gai Savoir de Michel Bouts, puis au lycée de Meaux. Entre en 1956 en taupe à Henri IV, et devient ingénieur ISAE-ENSICA en 1962. Étudiant, s'est fortifié le corps et enrichi l'esprit dans le Mouvement Scout, avec les Compagnons Batisseurs, comme syndicaliste engagé à l'Union Grandes Écoles.
Entre 1964 et 2000, s'implique dans des formations complémentaires : droit des affaires, comptabilité, disciplines artistiques, mathématiques appliquées, analyse et programmation informatique, sociopsychologie, sémantique générale, schématologie…

  Fait une première carrière comme ingénieur et cadre dirigeant dans l'industrie : Nord Aviation, Compagnie des Freins et Signaux Westinghouse, Rank Xerox France, Bernard Moteurs. Puis siège dix ans au Comité de Direction d'une société privée concessionnaire d'un service public, Cofiroute, où il définit et met en place l'ensemble des systèmes de monétique et péage et exporte ce savoir-faire au Portugal et en Catalogne.
  Accomplit après 1986 une seconde carrière comme conseiller d'entreprise : senior-manager-associé chez Bossard Consultants, il contribue à développer la sociodynamique et crée un département d'innovation pédagogique. En 1992, fonde et anime un cabinet-conseil en ingénierie pédagogique, prestataire de l'Éducation Nationale et de diverses Universités, de Grandes Écoles, de la DGA, de la SNCF.

Se met en retraite professionnelle fin 1999, pour s'orienter vers des responsabilités associatives au service de diverses amicales, et sociales, comme conseiller municipal de quartier à Boulogne-Billancourt et président de conseil syndical.

Commence à écrire en 1954, encouragé par le poète Jehan Despert qui le publie dans ses Cahiers de l'Île de France et lui ouvre les colonnes du Figaro.
Assure depuis 1959, parallèlement à son activité professionnelle, des fonctions associatives culturelles : Ciné-Club, Maison des Jeunes et de la Culture, puis Centre Culturel de Chelles ; ACILECE, créée autour de Maurice Fombeure, puis depuis 1983 La Jointée dont il est co-créateur avec Jacques Arnold, Georges Friedenkraft et quelques autres amis.
Est actuellement directeur de publication de Jointure, administrateur du Théâtre Aire Falguière, membre du comité de rédaction du cahier littéraire Le Cerf-Volant, membre de l'Association Internationale de la Critique Littéraire, Sociétaire de la Société des Poètes Français.
A créé et fait vivre le portail Adamantane et le blogue associé pour diffuser l’œuvre de poètes, et d'artistes vivants et disparus.
A choisi comme domaines de recherche personnelle la construction poétique – architexture, lecture reconstructive,… -, les représentations symboliques –tarot, ennéagramme, - et les écritures sacrées – peintures pariétales, alphabets primordiaux, runes, …-.
Lecteur assidu de bandes dessinées, de science-fiction et de littérature fantastique.
Sans oublier la poésie des autres…

Poésie

- Le cristal opaque (1974), crayons originaux de Tardivo , éditions Saint-Germain-des-Prés
- L'arbre parole (1979), dessins au trait d'Odile Damon-Leclerc, éditions José Millas-Martin
- Le sculpteur d'eaux, à paraître, préface de Jacques Arnold, postface de Michel Martin de Villemer, Prix Jacques Normand 1987 de la Société des gens de lettres
- La vigne adamantine, 1999, édition  numérique
- L'opéra des tarots dorés, pré-publication partielle dans Soif de mots, tome 7, éditions du Brontosaure,  2000


- Collaboration occasionnelle ou régulière à de nombreuses revues depuis 1956, dont :
Les cahiers de l'Île de France, La revue de l'ACILECE, Jointure, Saraswati, Phréatique, Envols, Les cahiers de l'Alba, Le Cerf-Volant, Portulan,  L'Agora, Poésie-sur-Seine


- Présence dans des anthologies :
 Poètes de Paris et de l'Île de France, 1957 Perspectives Spirituelles, 1987 Jointhologie, 1990 Eros en Poésie, 2002, ZORNproject, écriture et schizophrénie, 2012

Préfaces

- Michel Bouts : Sang Breton, et notice bibliographique détaillée de l'auteur
- Joseph Ouaknine : anthologie sur le thème des oiseaux : Savez-vous parler cui-cui ?
- Francine Caron : Parcs et lunaparks de Paris
- Christine Guilloux : Passages
- Patricia Laranco : Lointitude
- Michel Martin de Villemer : Morgeline pour ma veuve
- Collectif : Du côté de chez René Rougerie

Essais et articles

- Deux contributions à Emmanuel Lochac, ses visages et leurs énigmes, 1994
- Essai critique sur Le Miel de l'abîme de Marc Alyn, 2001
- Lecture reconstructive de L'Épissure des mots de Marc-Williams Debono, 2009
- Comment lit-on Rimbaud, quand on a dix-sept ans ?, Les cahiers de l'Alba, 2005,
- Triangulation de la perception : le biface et l’os de seiche, Plastir, 2009
- Jacques Bergier, scifique et scientifique, 2010
- De la plasticité de la langue à la plasticité dans la langue, Plastir, 2013
A côté de soi-même

J'ai longtemps cheminé aux côtés de mes textes
Dans l'illusion sacrée que j'en étais l'auteur,
Heureux d'être architecte et maçon à la fois,
M'imaginant créer mon arche d'écritures.

Mais un moment, lucide, ai perçu que j'étais
Diseur sous influence, écrivain sous contrôle.
Mes démons sont les mots, et mon enfer intime
D'être mis à géhenne par décret du logos.

Horde des verbes nus qui tant me persécute
À quoi mon me terrer dans la tranchée silence,
Puisque je dois céder au poids de tes assauts
Et par réflexe hurler le cri qui me libère.

Le supplice insidieux de la rime acouphène
M'incite à marier l'arène et la murène ;
La voix qui m'y contraint a d'odieux arguments,
Qui sait me suggérer être orfèvre en poèmes.

Qui me délivrera du dragon métaphore ?
C'est lui qui me terrasse, et me force à tracer
Dans le sable des sons ces psaumes ambigus
En l'honneur de dieux fous qui rient de mes frayeurs.

Voilà la marée noire aux ressacs obsédants
Des rythmes anguleux qui modèlent et scandent
Chaque strophe arrachée au chaos d'un délire
Qu'une hypnose organise et me pousse à écrire.

Oh, souffle opprimé par le corset des syntaxes,
Toi qui croyais sculpter librement la parole,
Tu ne fais qu'obéir aux desseins indécis
D'un destin incertain qui décide pour toi !

Dans le combat des mots vainqueur par contumace,
Bien que certain d'avoir mérité d'être lu,
Un doute s'insinue qui fracture ma gloire :
Est-ce de moi que vient ce fatras dérisoire ?



Rue du chant des oiseaux

Ces oiseaux ne sont-ils
Que copeaux de nuées
Varlopés par le fer
Acéré des orages ?

Leur envol délébile
Peut-il se transmuer
Si leur aile a souffert
De heurter le nuage ?

Le souffle ainsi-soit-il
Aux psaumes englués
Est-il crainte d’enfer
Ou désir de naufrage ?

Est-ce serment futile
D’ornements dénué
Que l’oiseleur profère
Aux portes de la cage ?

Combien d’orbes faut-il
Graver pour écrouer
Dans une nasse d’air
Ces oiseaux de passage ?

Parole volatile,
quels aveux dénoués
À cris rauques suggèrent
Leur trace sur la page ?

Beaux oiseaux vous faut-il
En nos yeux refluer
Comme larme à l’envers
Pour signer le message

Qu’un assassin subtil
En l’art du bien tuer
Grave aux bois des calvaires,
Aux cadavres sauvages ?