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Concours 2014

Conseils aux candidat(e)s

Les poètes intéressés par notre concours de poésie sont d'abord invités à lire la lettre aux participants de l'édition 2013 , lettre dans laquelle ils trouveront différents conseils et remarques utiles pour optimiser leurs chances.

En outre, à l'attention de ceux qui souhaitent concourir dans les sections demandant une bonne connaissance de la versification française (sections sonnet, poésie classique et même poésie néo-classique), voici quelques rappels des principales règles, tels que rédigés par Nadine Najman.

1 - Le vers et l'intérieur du vers

Les vers se regroupent en strophes. Un unique vers forme un monostiche. Deux vers forment un distique, trois un tercet, quatre un quatrain, cinq un quintil, six un sizain, sept un septain, huit un huitain, neuf un neuvain. A partir de là, on considère qu'il y a juxtaposition de strophes (mais on peut aussi parler de dizain, onzain, etc.).

Le rythme d'un vers vient de son nombre de pieds, qui peut être pair ou impair. Le vers d'un pied est appelé monosyllabe. Deux pieds : disyllabe. Trois : trisyllabe. Quatre : tétrasyllabe. Cinq : pentasyllabe. Six : hexasyllabe. Sept : eptosyllabe. Huit : octosyllabe. Neuf : ennéasyllabe. Dix : décasyllabe. Onze : hendécasyllabe. Douze : alexandrin ou dodécasyllabe. Les vers les plus couramment utilisés en poésie classique sont les hexasyllabes, les octosyllabes, les décasyllabes et les alexandrins.

Attention : une syllabe ne correspond pas forcément à un pied à cause des e muets qui sont élidés à l'intérieur ou à la fin du vers. Tout e muet, en effet, compte pour un pied à l'intérieur des mots ainsi qu'à la fin des mots suivis par une consonne ou d'un h aspiré. Exemples : bûcheron, largement, un voyage fatigant, une bruyante hyène, un triste héros.

Par contre, il s'élide à la fin des vers ainsi qu'à la fin des mots suivis par une voyelle ou un h muet. Exemples :

Heureux qui comm(e) Ulysse a fait un beau voyag(e),
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usag(e) et raison,
Vivr(e) entre ses parents le reste de son âg(e) !

(Joachim du Bellay)

Ma fill(e), il faut céder : votr(e) heur(e) est arrivée...
(Racine, Iphigénie en Aulide)

Remarque : quand un verbe conjugué au présent de l'indicatif présente un e muet dans sa syllabe finale, on ne peut l'employer à l'intérieur du vers que si la syllabe qui le contient forme un pied (il entre dans l'église) ou si on peut l'élider (il pri(e) à genoux).

Ne pas écrire, donc, il prie dans l'église car dans ce dernier cas le e muet ne peut ni être prononcé ni élidé. C'est la même chose au pluriel : d'accord pour ils entrent dans l'église mais pas d'accord pour ils prient à genoux.

En revanche, à la troisième personne du pluriel des verbes conjugués à l'imparfait, au conditionnel ou au subjonctif (allaient, mangeraient, qu'ils soient, qu'ils voient) les formes -aient et -oient sont assimilées à leurs singuliers ait et oit. On peut en conséquence les employer dans le corps du vers. Exemple :

Tous les preux étaient morts, mais aucun n'avait fui.
(Alfred de Vigny, Le Cor).

La tentation existe, quand on n'arrive pas au nombre de pieds souhaité, d'utiliser une cheville pour remplir le trou - au lieu de s'embêter à remanier le vers tout entier. C'est ainsi que les mauvais poèmes regorgent de mots sans intérêt, ajoutés artificiellement pour obtenir le rythme souhaité. Il s'agit le plus souvent d'exclamations, d'adverbes ou d'adjectifs passe-partout (Ah ! Ô ! Vraiment, très, si, bon, beau, vieux, cher...) qui ont pour point commun de ne rien apporter d'utile et que l'on peut supprimer sans que la construction ou le sens de la phrase en soit affectés. L'écriture poétique, dense et resserrée, est à l'opposé de ces pratiques. Chaque terme employé doit être unique et indispensable.

Pour la même raison, les répétitions sont à éviter, sauf bien entendu quand on cherche à obtenir un effet particulier (de refrain, par exemple) en insistant sur un mot ou un groupe de mots.

L'hiatus est la rencontre de deux sons voyelles provoquée par deux mots qui se suivent. Exemples : tu espères, j'ai observé, il a aimé et a cru en mourir... Considéré comme désagréable à l'oreille comme à l'œil, l'hiatus est à proscrire.

La diphtongue est également la rencontre de deux sons voyelles, mais à l'intérieur d'un même mot. Parfois elle représente deux pieds et on parle de diérèse (di-amant, colori-er, sci-ence, li-on, parisi-en, inqui-et, pi-eux...) parfois un seul pied et on parle de synérèse (liard, pilier, viande, saurions, chien, ciel, essieu...). Il existe des tableaux récapitulatifs qu'on doit conserver précieusement tant qu'on ne les connaît pas par cœur (comme les tables de multiplication).

L'hémistiche désigne la moitié d'un vers de plus de huit pieds mais peut aussi désigner son milieu.

Avoir la césure à l'hémistiche signifie que le vers est coupé au milieu, même en l'absence de toute ponctuation. Il peut aussi y avoir plusieurs césures, par exemple dans le vers romantique qui est coupé en trois. Attention aux mauvaises césures (par exemple au milieu d'un mot, ou après un e muet) qui gênent le rythme et la fluidité du vers.

2 - La rime

La rime est constituée par le retour de sonorités identiques à la fin d'au moins deux vers qui se suivent. Nous disons bien à la fin, pas à un autre endroit, et notamment jamais à l'hémistiche, où même un son voisin de la rime est à éviter.

Un texte sans rimes n'est pas forcément de la prose, de même qu'un texte avec rimes ne mérite pas forcément le nom de poème. La poésie libre permet l'emploi de vers non rimés : on dit alors qu'ils sont blancs. Elle peut aussi présenter des rimes irrégulières et de simples assonances. Par contre, la poésie classique est très pointilleuse sur le sujet. Nous allons passer en revue les principales règles qui s'y attachent.

Le genre et le nombre des rimes

Une rime de genre féminin se termine toujours par un e muet, quel que soit le genre du mot lui-même. Exemples : femme, vigne, aurore, émue, jolie, parole, mais aussi homme, voyage, rôle, satellite, colosse, etc. Toutes les autres fins de mots sont masculines. Exemples : garçon, taxi, oiseau, papier, mais aussi maison, bégonia, égalité, loi, foi, etc.

Au pluriel, les rimes féminines restent féminines, qu'elles soient en -es (voitures, machines, fillettes) ou en -ent (verbes au présent de l'indicatif). Comme on l'a vu tout à l'heure avec la règle du e muet, cela implique de ne pas utiliser ces pluriels dans le corps du vers, sauf si leur syllabe compte pour un pied.

Par contre, les formes -aient et -oient de l'imparfait, du conditionnel et du subjonctif sont des rimes masculines, comme leurs singuliers ait et oit. Autrement dit, leurs e muets ne comptent pas. On a d'ailleurs vu tout à l'heure qu'on pouvait utiliser ces terminaisons dans le corps du vers sans les élider.

Il faut aussi savoir qu'une rime féminine ne rime jamais avec une rime masculine, même si le son est identique (par exemple, balle ne rime pas avec cheval, tourterelle ne rime pas avec hydromel). Même incompatibilité entre le singulier et le pluriel (un niveau ne rime pas avec des ciseaux, une abeille ne rime pas avec des merveilles).

De même, on ne peut pas faire rimer un son long avec un son bref (comme grâce et place, drôle et folle) ni rapprocher des rimes masculines et féminines qui sonnent de la même façon (comme sommeil et vermeil d'une part, treille et pareille d'autre part).

Un mot ne rime pas non plus avec son opposé (jeunesse et vieillesse, bonheur et malheur, matinée et soirée, etc.) ni avec son composé (rire et sourire, nom et surnom, jouer et déjouer).

Enfin, un verbe du premier groupe à l'infinitif (monter, aimer, etc.) ne rime qu'avec un autre verbe du premier groupe à l'infinitif. Par exemple, chercher rime avec boucher (verbe) mais pas avec boucher (métier), lier rime avec crier mais pas avec bouclier.

D'une manière générale, il faut fuir la monotonie en évitant de faire rimer deux noms, deux adjectifs, deux adverbes. Les rimes faciles et banales, qu'on devine à l'avance, sont médiocres. Il faut chercher la variété, la rareté et la richesse.

Les rimes riches

Une rime devient riche lorsque le son voyelle final est soutenu par une même consonne, dite consonne d'appui (amant et charmant, aidé et soudé, usage et visage, flanelle et ritournelle). Elle est encore plus riche quand elle est soutenue par deux consonnes (abris et débris, chevrote et poivrote, astreinte et étreinte).

Autrement, c'est-à-dire sans consonne d'appui, la rime est dite suffisante (chat peut rimer avec rat, bateau avec barreau, gamine avec comptine, volière avec rapière).

Des homonymes comme auteur et hauteur, cœur et chœur, font des rimes d'autant plus riches que ces mots associent une parfaite similitude des sons, une grande ressemblance orthographique et des sens totalement différents.

Les rimes et l'orthographe

En principe, la rime consiste dans l'identité des sons et non pas dans l'identité de l'orthographe. Cependant, il faut éviter d'associer des rimes qui s'écrivent de façon différente (tapioca et avocat, tant et Autan, tronc et citron). Certaines équivalences sont toutefois permises pour les consonnes finales, qu'elles soient sonores ou muettes (chef et Joseph, fond et font...).

Il fut une époque où l'on acceptait des rimes qui sonnaient différemment à l'oreille du moment qu'elles étaient semblables pour l'œil. Ce n'est plus admis et on ne peut donc pas associer mer et aimer, gentil et pistil, famille et mille...

Examinons maintenant les trois sortes de rimes qui sont le plus fréquemment utilisées.

Les rimes plates sont aussi appelées rimes suivies ou rimes jumelles. Comme on le devine, ce sont des rimes qui se succèdent deux à deux selon le schéma AABB. La première paire de vers présente une certaine rime (masculine ou féminine), la deuxième paire présente une rime de genre opposé, et ainsi de suite, en continuant à alterner masculin et féminin et en évitant de reprendre une rime déjà utilisée. Un exemple tiré de Racine (Phèdre) :

Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
Un trouble s'éleva dans mon âme éperdue ;
Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
Je sentis tout mon corps et transir et brûler.


Les rimes croisées sont obtenues en alternant rimes féminines et rimes masculines (ABAB). Généralement organisées en quatrains, elles se renouvellent tout le long du poème. Si le premier quatrain se termine par une rime masculine, le deuxième devra commencer par une féminine, et ainsi de suite. Exemple : Demain, dès l'aube, de Victor Hugo :

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne,
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.


Enfin, les rimes sont dites embrassées quand deux masculines sont encadrées par deux féminines, ou vice-versa (ABBA). Voici par exemple le début d'un poème intitulé Le vieux solitaire. Son auteur, Léon Dierx, fut élu prince des poètes à la mort de Mallarmé :

Je suis tel qu'un ponton sans vergues et sans mâts,
Aventureux débris des trombes tropicales,
Et qui flotte, roulant des lingots dans ses cales,
Sur l'océan sans borne et sous de froids climats.
(...)

(Et le vers suivant va présenter une rime féminine, en vertu de l'alternance déjà observée).


Une dernière précision qui semble aller de soi (mais ça va toujours mieux en le disant) : si l'on a commencé un poème en utilisant un certain type de rimes, il ne faut pas en changer brusquement en cours de route !

Règlement du concours de poésie 2014

Ce concours international, doté de nombreux prix, est ouvert à tous les auteurs francophones du 1er janvier au 21 mars 2014. Le fait de concourir implique l’acceptation du présent règlement. Les décisions du jury sont sans appel.

Catégories


Le concours comporte deux catégories : "Poètes confirmés" et "Espoirs de la poésie". Le candidat choisit lui-même sa catégorie. Dans la mesure où la qualité des textes le permettra, il sera donc décerné dans chaque section deux prix et plusieurs diplômes d'honneur aux "poètes confirmés", deux prix et plusieurs diplômes d'honneur aux "espoirs de la poésie".

Sections


Section 1 - Sonnet (prix doté par le Conseil Général de la Marne).
Respecter les règles de la poésie classique traditionnelle et le schéma d'alternance des rimes ABBA - ABBA - CCD - EDE (ou EED).

Section 2 - Poésie classique (prix doté par la Ville de Reims).
Maximum 28 vers. N'inclut pas les formes fixes. Respecter les règles de la poésie classique traditionnelle.

Section 3 - Poésie néo-classique (prix doté par la Ville d'Epernay).
Maximum 28 vers. Quelques licences sont permises concernant l'hiatus, la diérèse et la synérèse, le e muet, les rimes masculines et féminines, singulier et pluriel.

Section 4 - Poésie libre (prix doté par la Ville de Châlons-en-Champagne).
Maximum 28 vers. Pas de rimes mais possibilité d'assonances non systématiques. Vers de longueur fixe ou variable apportant au texte sa musique et son rythme personnels : ne pas confondre avec de la prose découpée.

Section 5 - Prose poétique (prix doté par la Ville d'Esternay et par la communauté de communes des Portes de la Marne).
Maximum 28 lignes.

Classements


Le Grand prix 2014 (500 € offerts par le Salon Orange)
reviendra à un "poète confirmé" qui aura concouru dans les cinq sections
et obtenu la meilleure moyenne.

Le prix spécial "Poètes confirmés" (200 € offerts par la ville de Fismes)
reviendra au candidat classé juste derrière le Grand prix.

Le prix spécial "Espoirs de la poésie" (200 € offerts par la ville de Dormans)
reviendra au meilleur candidat de cette catégorie,
ayant participé aux cinq sections.

Les lauréats de ces trois prix ne se verront pas attribuer d'autres prix et diplômes.


Dispositions diverses


Présenter un seul texte par section. Soigner l'orthographe et la ponctuation, bannir les clichés, lieux communs et autres banalités autant que les sujets politiques, la grossièreté et la vulgarité.

Le jury pourra reclasser un texte si l'opération s'avère profitable au candidat. Exemple : en cas d'erreurs de versification ôtant toute chance de réussite en section "classique", un poème pourra être admis à concourir en "néo-classique".

Tous les textes doivent porter un titre et être inédits (jamais publiés). Ils ne doivent pas être mis en compétition dans un autre concours, ni avoir déjà obtenu un prix ailleurs, ni faire partie d'un ensemble primé. Ils ne seront pas retournés.

Chaque concurrent recevra le palmarès ainsi qu’une invitation à la remise des prix, prévue en principe pour le deuxième samedi d'octobre 2014 à Reims ou Epernay. Dans chaque section, les lauréats du premier et du deuxième prix devront être présents à cette cérémonie (ou représentés par une personne qui ne soit pas un autre lauréat) sous peine de perdre leurs récompenses. Celles-ci consistent en coupes, médailles, beaux livres, etc. Elles ne seront pas envoyées par la Poste.

Le lauréat du Grand Prix et ceux des prix spéciaux ne pourront pas se faire représenter. En cas d'absence (sauf pour raison majeure), leur chèque sera attribué au premier candidat présent parmi ceux classés à leur suite.

Composition du dossier


- Chaque œuvre doit être imprimée en trois exemplaires sur papier blanc de format A4 (21 x 29,7). En haut à gauche, préciser la catégorie (poète confirmé ou espoir) et la section (de 1 à 5). En haut à droite, inscrire un pseudonyme composé d'un nom d'animal et d'un adjectif (ex. : Laborieuse fourmi, Eléphant rose...).

- Sur feuille blanche A4, rappeler la catégorie et le pseudonyme, suivis des prénom, nom, adresse postale, téléphone, adresse électronique le cas échéant.

- Les droits d'inscription se montant à 5 € par section, joindre un chèque bancaire ou postal du montant total, libellé à l'ordre du Salon Orange.

- Ajouter deux enveloppes timbrées, libellées aux nom et adresse du candidat.

- Envoyer le tout, sous pli suffisamment affranchi mais non recommandé, entre le 1er janvier et le 21 mars 2014, à la directrice du concours :
Nadine Najman, 3 rue Hannequin, 51100 Reims

Les candidats résidant à l'étranger sont autorisés à envoyer leurs dossiers par Internet (NadineNajman@AOL.com) et à payer leurs droits d'inscription par virement sur le compte IBAN du Salon Orange (demander coordonnées).

Tout dossier incomplet ou ne respectant pas l'intégralité
du présent règlement pourra entraîner l'élimination du candidat.