39 à 40




Imagination vagabonde dis-moi,
Viens-tu du pays du pourquoi ?
Pourquoi oui, pourquoi non, pourquoi ?


Imagination aux mains brodeuses,
Es-tu plus habile , plus adroite que nous
Au jeu des silences à peine noircis
De notre souffle ?


Imagination, toi quelquefois menteuse
Toi souvent la diseuse
De triste aventure,
laisse nous parfois nous taire.
Imagine autre chose que nouer
De paille jaune et cassante, paille volée,
Le bouquet flétri de ces poèmes.
Le peux-tu ? je ne sais, tu ne sais.
A quoi sert de savoir, n’est-ce pas,
Que l’on est inutile ?
A quoi sert aussi


De l’ignorer ?


Imagination, dénicheuse d’oiseaux morts,
Voleuse de pain moisi,
Mouette inimaginablement rapace,
Qui es-tu d’autre ?


Laisse le silence sauver
Ce que tu voles
Le silence, l’oiseau Silence aux ailes transparentes
Vient de planer dans le jardin.


Contexte




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41




Les murmures bannis, la parole en exil,
Interdit de séjour dans le Silence subtil,
Pour nos lèvres unir quel mot restera-t-il ?


Couleurs emprisonnées, lumière oblitérée,
Dans les cachots du temps la Nuit incarcérée,
Pour nos regards nouer quel éclair espérer ?


Les gestes défendus et les cœurs arrêtés,
Disparue la douceur de l’Immobilité
Pour nos mains rapprocher quel mouvement tenter ?


Contexte




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42




Un lourd baiser palpite
Un peu comme une bête,
Comme une envie subite
Qui meurt et se répète


J’ai imploré l’ennui
Et l’amertume sotte
Un rêve me poursuit
L’oiseau pleure sa note ;


Nul amour n’a rien d’ivre
Que l’espérance vile
Je suis navré de vivre
Aux mains blanches d’Odile.


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43 à 45


Le crépuscule féminin
Flamboie sur la colline
Et pleure au clavecin
Et à la mandoline


Les ténèbres se déploient
En gammes de violet
Sur la mousse des toits
Et le bois des volets


D’aériennes images
Modèlent cet instant
A l’envers gris des nuages
Au-dessus de l’étang


sens les, ces parfums doux
Qui suintent des corolles,
Et des baies de ce houx
Aux agitations folles


Ecoute ce grillon
Qui crisse un peu sa plainte
Entre le lents sillons
Où la terre se teinte


…Moi, je suis l’enchanteur
Qui souffle à ton oreille
La tranquille lenteur
De ces envols d’abeilles


Ne bouge plus. Le rêve
Vacille au clair-obscur
Tout là-bas, sur la grève
De l’océan futur…


Ferme les yeux. Sens-tu
Ma caresse imprécise
Je suis celui qui tue
Les heures indécises


Tu souris parmi l’or
De ta nuque gracile
Et, bercée, tu t’endors
Aux portes de la ville

Tu ne m’écoutes plus,
Tes roses te protègent,
Et tu crois qu’il a plu
Parmi tes boucles grèges


Tout un bouquet d’étoiles
Inquiète, tu penses
En fripant les pétales :
"Je pleure son silence… "


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