Archerie
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A l'aube, la cible, oeil inverse et qui contemple l’archer immobile. A midi, la flèche, regard tendu comme un fil pour lier l'effort... Au soir, l'arc-ressort, force cambrée de l'épaule : un tir ajusté ! A la nuit, les doigts délivrent la corde, exact silence du coup. |
Cette suite de
quatre strophes est née d'une réflexion sur le concept d'objectif
pédagogique, et d'une discussion avec un confrère formateur, Jean-Jacques Bennasar, expérimenté en tir à l'arc. Ayant pratiqué personnellement cette discipline, j'ai pu intégrer des expériences vécues dans ce rapport ambigu (au sens propre du terme : deux pointes...) qui s'établit entre l'oeil, la flèche et la cible ; le succès du tir peut impliquer un retournement de la flèche du temps ; si la flèche part de l'oeil de la cible pour revenir vers l'oeil de l'archer, alors la trajectoire est maîtrisée. De même en pédagogie ; si le progrès attendu part de l'apprenant pour revenir vers le formateur, alors l'impact de la situation de formation est maximal. L'arcane VI du TaroT, avec cet arc sans corde et cependant tendu, en a aussi beaucoup (beau coup ?) à nous apprendre, mais ceci est une autre histoire. |
une journée à rebours
| Le roseau, courbé Sous le vent venu du soir, Mesure l'oiseau Tel un reflet sur le lac, Changeant le sens du remous ? La plume, ployée Sous la pluie née de midi, Mesure l'orage Comme une lueur au ciel, Changeant le cri de la foudre ? Le nuage, étiré Par la flèche issue de l'aube, Mesure l'archer Ainsi le geste dans l'oeil, Changeant la forme de l'arc ? La corde, allongée Par le regard de la nuit, Mesure la cible C'est la parole écoutée, Changeant la saveur du jour ! |
Ce texte est lié au
précédent. Disons qu'ils sont cousins. Ici la forme est celle de la
Renga, alternant deux types de strophes en versets et répons. |
Idées noires
| Idées enfumées De la suie dans la cervelle Le feu fut folie Idées embrumées Des remous dans le regard Les marées du sang Idées enchristées Des barreaux dans les aveux Le vent nous garrotte |
Noires de chez noir...Quelques instant de brutalités dans un monde de douceur ? |
nuits éclairées
Le ciel de la nuit Ce désastreux inventaire D’étoiles filantes. *** Un dieu patient compte Les secondes à éteindre Pour la fin des temps. *** Sabliers d’aurores Les nébuleuses se vident Dans le lit du vent. *** |
Pour une fois chacun des trois grains (de folie) a un goût qui ne doit rien au grain voisin... Smyrne n'a pas contaminé Corinthe...qui lui même... |
Structogramme
| Trois chemins conduisent Au jardin de soi : hier Aujourd'hui, demain. Arc aux trois couleurs Quel pont choisir pour glisser De mon ciel au tien ? Trois destins en l'homme : Lézard froid et cheval fou Qu'un singe maîtrise... |
Cette suite de trois
strophes est née d'une réflexion sur le concept de Structogramme, que
j'ai contribué à diffuser en Europe francophone. Je donne dans la rubrique consacrée au structogramme dans la section pédagogie des informations plus détaillées sur cet outil mental, issu des travaux de Robert Mac Lean sur le cerveau tri-unique. L'arc-en-ciel ici est réduit aux couleurs vert / rouge / bleu, symbolisant respectivement les cerveaux limbique / cortical / néo-cortical incarnés par la triade lézard / cheval / singe, partiellement mise en scène par Arthur Koestler dans Le cheval dans la locomotive.... |
Le multiplun
Multiple je nais Tel en gland dessein de chêne Un million de formes ? Le temps filtre un choix : Chaque branche se décide... Unique je meurs. |
Unique je nais Mon nom mon jour mes racines : Moi seul est nul autre ! Les nuits et les hommes Empilent en moi leurs pages : Multiple je meurs. |
La dialectique de
l'un et du multiple fascine. De plus, elle engendre deux visions
potentielles radicalement différentes, et cependant complémentaires, du
destin personnel. Peut-être, surgi nouveau-né de l'un pour y rentrer nouveau-mort, avons-nous fait un passage intermédiaire par le multiple ? Peut-être, cristallisés à la naissance par tirage au sort dans de multiples possibilités, et éparpillés à la mort par dispersion dans de multiples dégénérescences, avons-nous, vivants, temporairement rassemblé dans l'un de notre être notre provisoire essence ? |
Lanterne magik
| Translucidité De la sphère nocturne : Tortue tatouée... Constellations : Les astres lettres écrivent Leur secret dessein. Grand ciel boréal : Un zodiaque pour rêver La révélation... |
Transparent, brouillard Où les mots de mon projet Éclairent ma nuit ? Transparent, clair lac Où l'onde pensée dessine Remous de mémoire ... Transparente feuille : L'empreinte des nervures Soutient mon idée ! |
Semencement de sémaplan
| Idées à l'automne : Un vent brusque les détache Des arbres pensifs. Folioles en foule Au mur blanc de la mémoire A foison se placent... Feuille à feuille, un arbre Surgi d'un lent désir d'ordre Hésitant se forme. Essence nouvelle, Couvert couvant les fruits verts, Vont-ils tous mûrir ? Ce fruit plus qu'un autre Pour la table du destin Qui peut le cueillir ? |
choc ouverture stabilisation fermeture choix |
Cinq haïkou pour présenter sémaplan aux esprits subtils...en synthétisant l'esprit de cette méthode graphorale , présentée dans la rubrique qui lui est consacrée dans la section pédagogie . |

