Érodistiques
Il y eut les questions pour que nous apprenions l’incertitude douce et l’approche hésitante Il y eut le regard pour écrire en nos rides le réseau lumineux de nos complicités il y eut le baiser pour que nos bouches sachent que la lèvre est message et la langue parole Il y eut le sommeil et le rêve insolite Solitude incomplète et déjà partagée Il y eut le silence afin d'allier nos souffles au cantique secret de nos émotions |
Il y eut le toucher pour que nos peaux s’approchent en intime partage au plus près du désir Il y eut la caresse afin que nos mains touchent la forme révélée de nos gestes profonds Il y eut l’abandon pour que tous deux osions Pénétrer les secrets d’une mer intérieure Il y eut ton aveu pour qu’un peu de moi puisse Glisser telle une barque en l’anneau de ton sexe Il y eut notre étreinte afin que nos corps dressent l’arche exsangue et sacrée en alliance des eaux Il y eut l’explosion pour que complices fous Amarrions notre force aux rives de nos ventres |
Distiques en stock 1 : le,la,les...
| Les mots comme araignées dépècent le silence Pris au filet fluide et que tisse l’horloge La minute pendule est navette de plomb Qui trame le récit de nos grisailleries. L’argile de la peur colle à mes doigts gercés Et mon souffle vomit l’acide des étoiles. La lueur des fourmis aveugle les cigales Qui laissent les violons se languir et faner. La musique est amère, et aigre, la mémoire... Pense l’oiseau ciseaux élagueur de paupières. Le temps est mort ce soir il est déjà trop tard Pour apprendre à attendre une autre plénitude. |
La nuit s’est résolue dans les ruisseaux de l’aube A n’être que nuée innocente de rêves. Les murs et les plafonds engendrent les fenêtres... Une porte, parfois, comme une mutation. La fontaine du temps pétrifie les caresses La musique des voix se fige dans les lettres. Le sang des mots se fige en inerte caillot Dans les cahiers réglés prison de ton délire. La cigale affamée que la fourmi diffame Porte plainte en chantant pour distraire ses juges. Les mots tuent le regard des masques transparents Que l’aveugle essayait aux boutiques du temps. |
Distiques en stock 2 : Un et un...
| Un coeur galet sanglant roule aux rives du rêve Que lave une eau livide où le soir cicatrise. Un menuet de minuit est valse versatile Où en robe vertige une vague voltige. Un enchevêtrement nébuleux de caresses Étouffe un mot d’amour sous l’éboulis des gestes. |
Un devin impuissant se dérobe à l’oracle Et son cheval cabré refuse les aurores. Un divorce est vorace en réconciliations, Tel le vent exigeant sa ration de poussière. Un mage expert en mors et rompus d’étriers Bride le cheval fou de nos incohérences. |
Douze deuzains épars
| Orage et ouragan rageusement raturent L’absurde testament qui me lègue le jour. C’est au bal des sanglots que l’air gelé compose La danse où la nuit tourne et l’aube se pavane. Novembre fut le mois qui mûrit la pénombre Décembre fut celui où cueillir les décombres. Épave écharde au ventre chaud d’un météore Quel fou saura forger ton métal inutile. Je défierai la Parque au jeu de la parole Les mots feront trois tours dans le lit de mes phrases. Vous attendez en vain l’étreinte de vos voiles Et le vent, beau navire, où vous envelopper. |
Si le matin est froid c’est la faute à l’aurore : Sa fenêtre est ouverte aux étoiles glacées. Horloge galaxie aux heures sans réplique Ton ressort de soleils ne se remonte pas. Tu vas mourir, poète, et tu n’auras pas su Donner vie au désir d’une parole étoile. J’écris pour affirmer l’urgence d’un soleil Affermir le cri d’or qui consume le jour. Décomposée pour l’air, tournée pour les paroles La chanson avancée du poète un peu mûr. Au rayon des chagrins une affiche suggère : Profitez des mépris à la saison du noir. |
Distiques avec image
Dans la série des travaux poétiques courts, j'ai publié sur le blogue ces distiques en deux séries :- du 3 mars 2006 au 11 avril 2006, les trente derniers
- du 20 avril 2006 au 30 avril 2006 , les ànze plus un égale douze érodistiques, accompagnés d'une énigme à résoudre sur la typographie de leur numéroration.
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