||||||||| LA JUSTICE |||||||||||


La justice

Cette lame est la VIII° du tarot de Jean Noblet, restauré par Jean-Claude Flornoy, et daté pour sa version originale des années 1650, à Paris. L'original est conservé à la BN, au Cabinet des Estampes.

Les arcanes majeurs (les mineurs aussi...) portent des noms parfois différents de ceux des tarots de Marseille postérieurs. C'est le cas de LA JUSTICE, ici privée d'article défini.

Ce tarot se caractérise aussi par un format plus carré (allongement 1,66) que celui des autres tarots de Marseille (allongement 1,85 à 2,00).

Mais que fait donc IVSTICE avec son coude gauche ? Tenterait-elle d'empêcher la balance de s'incliner vers la droite ?

Sommaire


La Justice, état 1
La Justice, état 2
Notes d'écriture

La Justice
État 1


Le chemin d'eau qui conduit aux remous...
Etant rigueur, tu rimes à corde
Es-tu rigueur, ou miséricorde ?
Etant le coeur, tu mires et accordes...
Justice, toi qu'on dit balance et glaive
Sais-tu descendre de ton siège
Et entendre un tendre plaidoyer.

Cette épée veut-elle trancher la parole incertaine
Ou s'approprier le quart du monde ?
Cette balance est-elle destinée
A demeurer par triche horizontale ?

Peseuse d'âmes poreuses de dames peureuses, Osiris,
Et de cavaliers liquoreux
Cette balance des yeux qui symétrise
Des seins qui symbolisent,
Des épaules sous le joug des certitudes, des rectitudes
Cette balance qu'on voit double
Dans l'ivresse des eaux vins de nineaux
Et vignes d'équerre au fil des ciseaux

Justice, soleil hostie et lune encens, en sang
Justice caresse aigüe et lame exigüe
Justice chemin d'eau au canal de nos larmes
Justice arrêt du coeur envolée de la faulx
Justice espace nu d'une abstraite parole
Justice issue d'un fléau soupesé

Justice aussi pour les quatre éléments
Pour l'épée lumineuse amoureuse du sang
Pour la coupe évasée engrosseuse de lèvres
Pour le bâton noeud d'or et bois du châtiment
Pour le denier sonore au trébuchet du temps

Justice aussi pour les quatre couleurs
Écartelant le monde à la roue du destin
Pour le feu féminin qui flambe au firmament
Pour la terre au taureau qui rampe et qui rompt
Pour l'air évaporé qui rare est irréel
Pour l'eau de l'homme libre, qui vole

Justice assise sur le banc d'eau, sable d'or
Que fis-tu de ta gauche ignorante
Du noeud que tranche ta droite roide

Justice es-tu dans la rigueur du programme
Qu'un dieu d'orage pur a en charge de dire
Justice es-tu la vigueur et la voix
D'un dieu de vérité trancheur de points de vue ?

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La Justice
État 2


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Notes d'écriture

La Rochelle, juillet 1987. Le manuscrit atteste une procédure d'écriture sans ratures ni retours, au fil du feutre.
L'examen de l'arcane avait laissé comme trace dans le cahier de travail le sémagramme ici reproduit.


sémagramme

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