L'HERMITE
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Cette lame est extraite du TaroT de Visconti-Sforza. Dans beaucoup de versions du TaroT, L'HERMITE tient à main droite un objet qui ressemble à une lanterne. Alain Bocher fait remarquer que porter une lanterne à hauteur des yeux n'est pas la meilleure manière d'y voir clair...à moins qu'il ne s'agisse que d'une veilleuse. Les égoutiers et les laryngologistes la portent au front, les agents fédéraux et les plongeurs au bras. D'autres lui attribuent une horloge (Chronos...). L'image du Visconti laisse deviner un sablier, attribut traditionnel de Saturne, séparé de la faulx, que le livre du TaroT reporte sur l'arcane XIII. Certains, tels l'arcus arcanum d' Hansrudi Wäscher et Günter Hager, l'ornent de la lanterne et du sablier... |
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L'Hermite
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L’Hermite ayant quitté les collines de juin, Pour prêcher le baiser et le brasier de paix, Sculptant de son bâton la poussière, descend Le chemin du solstice en sandales de feu. Sa lanterne est étoile ou l’axe d’un volcan Rouge iris d’un regard qui fascine la peur ; Son fanal est soleil en la prison d’un cœur Que l’orage du temps scande à rythme d’artère. Sa cape est forteresse entourant les viscères Du ventre chasse vive où se terrent les dieux ; Son manteau est muraille autour du tabernacle Des entrailles qu’habite une armée d’anges nus. Il meurt flamme et fagot au bûcher qu’il assemble, Pour qu’un rite accomplisse une double ordalie : La mort, ressuscitée sous l’étreinte des cendres Et la nuit, rallumée dans l’envol des flammèches. Le sphinx, tenace oiseau, rapacement dévore L’odorante fumée qui volute, et sa soif Se satisfait du souffle où brûle avec le chêne L’âme qui s’évapore aux spasmes des tisons. La salamandre creuse, en l’or fondu des braises, L’ovaire où incuber cet œuf incandescent Au zénith du ciel creux explosant en silence, L’éclaboussant du sang fusant des nébuleuses. Le vent va tamiser les scories de nos phrases ; La parole épurée fera le tour de l’an. Comète ou météore, un poème arc-en-ciel Ceindra les horizons et nouera la tunique De l’Hermite surgi des hauteurs de l’été Pour prêcher l’accolade et l’incendie de paix ; De sa canne sondant le lœss, il descendra La route du solstice en cothurnes de feu… |
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Notes d'écriture
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A propos de...
Arcane VIIII, poème aux arêtes vives, à faces limpides, outre sa beauté littérale et immédiate, appelle à la relecture, invite à la poésie soutenue et éveillée de ses passages, de ses couloirs, jusqu'à ce qu'enfin leurs murs, leurs parois de soufre nous enflamme, et que nous en devenions la lumière.Événement s'il en est, que toute écriture vraiment symbolique promet aux pèlerins de ces routes difficiles, où parfois l'on respire un air extraordinairement libre...
Pierrick Pinot, 13 novembre 1986
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