Le château de Champs
Le jardin nonchalant déploie la lourde traîne Que Desgots * y broda sous le règne de Louis, Enchaînant la beauté au lent contour des buis ; La Pompadour ici flânait en souveraine, Un peu mièvre et tendant sa main pour qu'on la prenne. Pensive elle revient, le soir, sous les grands huis, Quand l'ardoise des toits dépouille pour la nuit La pourpre des rois morts. Elle rôde, sereine, Parmi les grands salons aux parquets précieux. La tenture écartée d'un doigt silencieux Elle fixe un jet d'eau éparpillant ses astres Sur le pavé sonore où l'ombre se consume Cambrant de vains reflets le torse des pilastres. En bas, la Marne veille en robe d'amertume. * Le texte d'origine mentionne Le Nôtre. De de ma visite du parc, vers 1950, j'avais retenu qu'il s'agissait de jardins dessinés à la Le Nôtre. La retouche a pour but de respecter la vérité historique. |
ContexteLe texte qui a survécu dans mes dossiers est dactylographié. L'un des originaux est peut-être encore dans les archives [1 img] du journal local, la marne, qui publia en 1960 cette pochade écrite en février 1957, pour commémorer le 200° anniversaire de l'installation en ce château de sa locataire du moment, La Pompadour.J'avais des appuis au journal, mon professeur de philosophie de la classe de math'élem, J T Ferrand, y étant éditorialiste et m'ayant l'année précédente attibué le 1° prix...de philosophie, connaissant ainsi mon nom et mon amour de l'écriture. CommentairesLa forme est encore celle du sonnet, et la formule utilisée abba abba ccd ede plutôt traditionnelle.L'alternance des masculines et des féminines n'est pas totalement respectée. L'ablatif absolu du 10° vers était un clin d'œil aux latinistes. Le souffle poétique est pratiquement absent de ce texte de circonstance, que presque cinquante ans plus tard je relis comme un florilège de clichés verbaux et d'images de conventions. Je venais de lire les fêtes galantes , mais n'en avais guère retenu que quelques oripeaux sémantiques et montages du genre grandes eaux de Versailles. J'avais visité à deux reprises le château et son parc, et en avais gardé souvenir. Les toits ne sont pas ardoisés, mais zingués. De toutes manières, ardoise et zinc sont connotés bistro... |
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Une recherche plus approfondie m'a permis de retrouver cette coupure de journal, découpée non dans La Marne, mais dans La Liberté de Seine-et-Marne, et datée du mardi 30 août 1960. Il est possible que le texte ait été envoyé par mes soins aux deux journaux. En octobre 1961, je devins, pour environ quatre années, un correspondant occasionnel de La Liberté de Seine-et-Marne, y faisant passer ma rubrique consacrée au Ciné-Club-Chellois... Au verso, lisibles par transparence, dans la rubrique Lagny, des informations d'état-civil et la rubrique Potins... Coupure collée sur une page de cahier écolier 16 1/2 x 22, règlure séyès, au dessus d'une autre coupure extraite de Le courrier Henri IV, et contenant le texte du poème Taupe en Province. La couleur du papier est à peine exagérée par le scannage. |

