Le château de Champs



Le jardin nonchalant déploie la lourde traîne
Que Desgots y broda sous le règne de Louis,
Enchaînant la beauté au lent contour des buis ;
La Pompadour ici flânait en souveraine,

Un peu mièvre et tendant sa main pour qu'on la prenne.
Pensive elle revient, le soir, sous les grands huis,
Quand l'ardoise des toits dépouille pour la nuit
La pourpre des rois morts. Elle rôde, sereine,

Parmi les grands salons aux parquets précieux.
La tenture écartée d'un doigt silencieux
Elle fixe un jet d'eau éparpillant ses astres

Sur le pavé sonore où l'ombre se consume
Cambrant de vains reflets le torse des pilastres.
En bas, la Marne veille en robe d'amertume.

Contexte

Le texte qui a survécu dans mes archives est dactylographié. L'un des originaux est peut-être encore dans les archives du journal local, la marne, qui publia cette pochade en février 1957, écrite pour commémorer le 200° anniversaire de l'installation en ce château de La Pompadour.

J'avais des appuis au journal, mon professeur de philosophie de la classe de math'élem, J T Ferrand, y étant éditorialiste et m'ayant l'année précédente attibué le 1° prix...de philosophie, connaissant ainsi mon nom et mon amour de l'écriture.

Commentaires

La forme est encore celle du sonnet, et la formule utilisée abba abba ccd ede plutôt traditionnelle.
L'alternance des masculines et des féminines n'est pas totalement respectée.
L'ablatif absolu du 10° vers était un clin d'œil aux latinistes.

Le souffle poétique est pratiquement absent de ce texte de circonstance, que presque cinquante ans plus tard je relis comme un florilège de clichés verbaux et d'images de conventions. Je venais de lire les fêtes galantes , mais n'en avais guère retenu que quelques oripeaux sémantiques et montages du genre grandes eaux de Versailles.
J'avais visité à deux reprises le château et son parc, et en avais gardé souvenir.
Les toits ne sont pas ardoisés, mais zingués. De toutes manières, ardoise et zinc sont connotés bistro...