l'enfant chiendent
Ces textes sont mis en ligne, avec mon accord et sous licence art libre, sur le site collaboratif culture libre.Un titre floréal
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l'enfant chiendent est le titre que
j'ai retenu pour une œuvre reconstituée. Résultat de fouilles, fruit de
restitutions, produit de mémoire première pression à froid, voire de
travaux de déductions cuviéresques : depuis quelques mots reconstruire
un texte...Lorsque j'écrivis les premiers de ces textes, j'avais quatorze-quinze ans, et une culture poétique à l'origine essentiellement nourrie des récitations et chants patriotiques préparées pour le CEP et des classiques (latins, français et anglais) au programme du BEPC.
Puis je systématisai mon autoformation, en lisant des poètes et leurs œuvres, soit à travers le filtre didactique des anthologistes agrégés, qui , je l'appris plus tard, exploitaient le fructueux marché des livres du programme, soit plus directement dans des livres obtenus par cadeaux rituels – c'est ainsi que ma grand'mère m'offrit pour mes seize ans une édition complète des œuvres poétiques du pauvre Lélian – ou achats vaguement clandestins.
Cette autoformation naquit d'une tension entre trois pôles :
- la fluidité verbale, suggérée par Jules Laforgue, Charles Van Lerberghe, et...Nicole Louvier
- la rigueur architecturale, indiquée par Paul Valéry et Stéphane Mallarmé.
- la séduction sensuelle et sensorielle, portée par Paul Verlaine et Arthur Rimbaud.
l'enfant chiendent est un livre qui n'a jamais existé, mais dont une partie fut écrite, calligraphiée même, en un exemplaire unique, à l'encre bleue, sur du papier machine format 21 x 27, puis perdu sans espoir d'être retrouvé. Il fût en effet confié à quelqu'un qui ne m'en donna jamais de nouvelles, omit de me le restituer, et dix-neuf ans plus tard lors d'insolites retrouvailles me dit ne pas se souvenir de cet envoi.
Les textes qui le composent s'étalent entre :
- octobre 1953, date de mon entrée au Lycée mixte de Meaux,où j'allais rencontrer la destinataire inconstante du recueil
- et pâques 1958, époque où le destin de ces textes fut de vivre une première mort, encercueillés de papier kraft et anonymement corbillardés par le service des Postes, Télégraphes et Téléphones.
Certains ont survécu sur divers supports : livres annotés, papiers buvards, feuilles de cahiers marque-page, lettres restituées, coupures de journaux d'époque ; d'autres ont été le texte source, filtré par ma mémoire et sourdant des fontaines réminescentes de l'inconscient, de poèmes insérés dans le cristal opaque.
J'ai adopté ici une présentation un peu différente de celle des recueils et ouvrages qui lui sont postérieurs. Le guide d'une table des matières me manque. Même de mémoire. A mesure que l'exploration de mes archives me restitue des épaves, je les mets en vitrine dans l'ordre de la collecte, sans tenter de reconstituer un ensemble dont j'ai omis de conserver l'architecture, dont je crois me souvenir qu'elle était plus dépendante de l'optimisation de la page que d'une quelconque logique mentale.
L'enfant chiendent devra être reconstitué, tel Osiris, à partir de pièces éparses de son corps démembré, partiellement inventé.
Le titre est récent. Posthume aux lambeaux de texte. J'ai voulu rester dans la lignée des autres titres (articledéfini + substantif dénominatif + mot ou locution qualificatif ).
Petits bouts de poèmes n'ayant servi à rien
Le grand parc mars 1954
Petite soeur la pluie mai 1955
La cloche au quatorze juin 1955
Brêve rencontre octobre 1956
Le château de Champs février 1957
Les Auréoles mai 1957
Vivre - Opérateur cOr décembre 1957
Ne peut-être un amour août 1958
Plus jamais juillet 1959
Les textes figurent à la fois :
- comme parties de la rubrique L'enfant chiendent , comme pour les autres recueils mis en ligne,
- et dans le paragraphe ci-dessus, via leur titre, ce qui permet aussi d'y accéder directement ; à la fin de chaque texte, la commande retour de votre navigateur vous ramènera sur cette page de couverture.
Floréal est le mois correspondant à avril/mai dans le calendrier de Fabre d'Eglantine. C'est aussi un prénom rare - dix baptêmes en 1954 -, et le titre d'un ouvrage d' Armand Silvestre, illustrations de Georges Cain, préface de Jules Claretie, musique de Jules Massenet ; éditions Delagrave, Paris 1891.
Pourquoi ne pas faire de ce mot un adjectif, désignant ce qui naît avec le printemps. Il y a bien vernal, du latin vernalis, mais qui connaît, à part les astrologues - point du bélier - et les X -point gamma - ?

