Tétragenèse élémentaire
Les eaux, nées de l'hiver et des pleurs des dauphins, Fatiguées des remous, amoureuses des gués Que la rive propose à leur dérive extrême, Grosses du SEL amer, des oeufs gris de la grêle ; Les feux, que l'aube allume aux braises de la nuit, Clameurs du haut midi qu'un soleil pur profère Pour appeler le SEL à fleurir sur l'écume, L'encens du soir en cendre apaisant leur prière ; Les airs, venus des ergs où les sables s'enlisent, Souffle des déserts plats que modèlent les vents Perdus comme promesse en musique d'église, Haleine en SEL gelée comme aux vitres du givre ; Les terres épurées que la glaise organise En damier ocre et roux pour ce jeu de marelle Où le sol est marée et le ciel est marais, Peau poreuse où le SEL en sueur d'or vient sourdre ; Les eaux les feux les airs les terres conjugués, Aux portes de l'espace osent s'offrir le rite D'une quadruple noce augurant la venue D'un cristal de patience au terme de leur temps : Les rosées du jusant que l'aurore caresse, Les lueurs de l'aurore étreintes par la brise, Les sautes de la brise aux baisers des limons, Les frissons des limons que le jusant désire, Tour à tour jour à jour semences et matrices, Les éléments, cloués dans une exacte extase, Engendrent cet enfant unique en multitude, Le SEL, saveur divine aux sources du baptême. |

