Glauque symphonie ? ... Glauque symphonie ! [*]


Apothéose de la danse
Voir le document source.
Dessin original de Gus Van Der Heyde.

symphonie n°7 en la majeur - dite apothéose de la danse
Ludwig Van Beethoven 1811

Glauque [*] nous vient du grec γλαυκός [glaukos] et du latin glaucus. Cette couleur est une variante du vert : un vert clair, brillant, tirant sur le bleu. Glauque est proche de pers...la couleur de mes yeux sur mon premier passeport. Cette couleur a été remplacée par ... autre... dans le nuancier des passeports biométriques !


Sur un e-forum, j'ai repéré ce dialogue, en date du vendredi 31 Octobre 2003

Le cherchant
Voilà, je cherche désespérément le numéro d'un mouvement d'une symphonie de Beethoven que j'apprécie tout particulièrement. Il s'agit du morceau le plus glauque qu'il m'ait été donné d'entendre, mais il me prend et m'émeut tout particulièrement... Si vous voyez de quoi je veux parler et que vous en connaissez l'intitulé exact, je vous remercierais de me fournir ce renseignement!

L'oreille attentive
Qu'est-ce que tu entends par glauque ?

Le cherchant
C'est le seul terme que j'ai trouvé, sombre pouvait convenir mais en y réfléchissant pas tant que ça... Il est à la fois triste, dramatique... Ce n'est pas une marche funéraire même s'il pourrait parfaitement convenir pour cet usage. Je n'ai pas d'autres mots, mon souvenir n'est pas assez précis.

L'oreille attentive
Moi j'en ai un que j'adore et qui pourrait justement convenir à ce que tu décris ; j'étais pas sûr pour glauque : Symphonie n°7, mouvement II –Allegretto-.

Le cherchant
Ça peut être celle-ci, il faut que je le trouve pour en avoir la confirmation...  ... ...Oui, c'est bien ça, je te remercie!!!


Mouvements


5.1- Constellation du sablier
5.2- Lapidarité
5.3-A côté de soi-même
5.4-

Constellation du Sablier

A
Ce texte est un des travaux du sculpteur d'eaux...


Quelles roses de sable implosent gypse roux
Aspiré par le flux vertical du vertige ?
Quels oiseaux empêtrés quels pétrels pétrifiés
Plongent flèches de plomb au vortex du nadir?

Le sablier va baliser de blancs baisers
L'ornière au chemin creux et décider du jour
0ù il faudra ouvrir le cachot des caresses
Et se laisser aller à se vêtir d'azur.

Le Sablier résume en ses flux et reflux
L'influence effusive évasive et fugace
Que ton cœur féminin infuse en mes frissons,
L'arythmie essoufflée d'allusives marées.

Le Sablier patient gardien d'espaces ronds
Apprend le chant silex que le sable des mots
S'épuise à réécrire avec les mêmes sons
Chaque fois que tes doigts retournent mon poème.

Sablier de ma tête à ta tête attachée
Par l'anneau exigu de nos bouches unies,
Ma mémoire se vide au vivier de tes rêves ;
Inversement la tienne aux sources de mes songes ! 







Sable nu de mon spasme en ton sexe insinué,
La semence du Temps féconde ton attente,
Et te voilà portant en ton ventre de verre,
Matrice de cristal et transparent ciboire,

Le fils conçu l'espace insécable d'un cri.
Héritier de ta force au remous des caresses,
De ma faiblesse ailée qui se glissait douceur,
Ce fœtus éphémère aura forme d'enfant...

D'un enfant horloger de précise naissance,
Au temps juste ajustant le jusant de nos sangs,
Inventeur de l'usure et de l'heure arrêtée,
Prince secret porteur d'un prénom oublié.

D'un enfant-sablier gardien d'orbes exacts,
Habile à séparer les minutes montantes
0ù la lune écartèle une esquisse d'étreinte,
Des instants déclinants que sa cendre enveloppe.

Quelle poudre de grès en roses se compose
Éclaboussures d'or qu'un strict orage érige ?
Quelle pluie d'astres secs aux cassantes coquilles
Devient nuée de moineaux à l'apex du zénith?



Texte non publié...

Lapidarité

Les trois premiers de ces textes ont été publiés dans le livret Du bijou au petit caillou, édité en février 2012 par Haikouest

   Anneau de topaze
Offrande du joaillier
  Au doigt de la lune

***

  Lapis lazuli
Océan cristallisé
   Qu'un caillou recèle

***

  Silex et onyx
Quel étincelle irradie
   Vos yeux dessillés


suite


A côté de soi-même

J'ai longtemps cheminé aux côtés de mes textes
Dans l'illusion sacrée que j'en étais l'auteur,
Heureux d'être architecte et maçon à la fois,
M'imaginant créer mon arche d'écritures.

Mais un moment, lucide, ai perçu que j'étais
Diseur sous influence, écrivain sous contrôle.
Mes démons sont les mots, et mon enfer intime
D'être mis à géhenne par décret du logos.

Horde des verbes nus qui tant me persécute
À quoi mon me terrer dans la tranchée silence,
Puisque je dois céder au poids de tes assauts
Et par réflexe hurler le cri qui me libère.

Le supplice insidieux de la rime acouphène
M'incite à marier l'arène et la murène ;
La voix qui m'y contraint a d'odieux arguments,
Qui sait me suggérer être orfèvre en poèmes.

Qui me délivrera du dragon métaphore ?
C'est lui qui me terrasse, et me force à tracer
Dans le sable des sons ces psaumes ambigus
En l'honneur de dieux fous qui rient de mes frayeurs.

Voilà la marée noire aux ressacs obsédants
Des rythmes anguleux qui modèlent et scandent
Chaque strophe arrachée au chaos d'un délire
Qu'une hypnose organise et me pousse à écrire.

Oh, souffle opprimé par le corset des syntaxes,
Toi qui croyais sculpter librement la parole,
Tu ne fais qu'obéir aux desseins indécis
D'un destin incertain qui décide pour toi !

Dans le combat des mots vainqueur par contumace,
Bien que certain d'avoir mérité d'être lu,
Un doute s'insinue qui fracture ma gloire :
Est-ce de moi que vient ce fatras dérisoire ?






Écouter le deuxième mouvement 


Leonard Bernstein & New York Philharmonic - Symphony No. 7 in A Major, Op. 92: II. Allegretto 




[*] Les deux derniers mots du titre, ainsi que la note à propos de glauque, sont en principe de couleur glauque...J'ai souvent lu que le Grecs usaient du même maot pour désigner le bleu et le vert. Pourtant, ma référence préférée associe bleu à ϰυάνεος - qui nous a donné cyan - et vert à χλωρός - qui nous a donné chlore - ... J'ai appris depuis que les bretons aussi.Mais cela reste à prouver.