l'arbre parole, pages 45 à 49

45

TOUTES LES DIMENSIONS MÈNENT À LA MORT




Toi, Silence, rends-moi
La musique assourdie
Où le temps maîtrisé cristallise sa fuite ;
L’archet du repentir sur les heures sonores
Construit de plats refrains
De tendresse et de mort...

Toi, Ténèbre, rends-moi
La Lumière obscurcie
Où l’étendue calmée condense son élan ;
Le soleil du remords dans l’espace incolore
Rythme de lents dessins
De douceur et de mort...

Et toi, Rigueur, rends-moi
Le Caprice assagi
Où le hasard vaincu résume ses sursauts
Et les dés du regret dans l’attente d’un sort
Règlent des jeux sereins
De patience et de mort...



Chelles, novembre 1971,
Paris, avril 1978.




46

QUI DORT DIT




Tu erres ma dormeuse
Aux courants de la crainte ;
Les sanglots redoublés brisant les chagrins tus
En larmes incertaines
Sans hâte se résolvent.

Tu glisses ma songeuse
Aux vagues de l’angoisse ;
Les verbes répétés disjoignant le silence
En syllabes confuses
Sont lents à se dissoudre.

u nages ma rêveuse
Aux remous de l’émoi ;
La phrase ressassée éclatant le secret,
Paroles indécises,
Peu à peu s’éparpille.


Paris, novembre 1975.




47

ÉQUILIBRE


[1]

Dans équilibre il y a et,
Ce trait d’union qui se prononce
Et associe toute réponse
A la question qui l’a nouée ;

Dans équilibre il y a qui,
Ce cri d’union qui interpelle
La négligente sentinelle
Qui veille au bord de notre nuit ;

Dans équilibre il y a lit,
Ce lieu d’union qui sur le drap
Enchaîne au rêve qui viendra
Les souvenirs ensevelis ;

Dans équilibre il y a libre,
Ce mot d’union que l’on écrit
Dans le cahier des cris appris.



Paris, mars 1975.




48 et 49

ATARAX 25




Le fleuve Amour a débordé
Que reste-t-il de cette crue ?
Des bateaux fous halés hors des
Rives creusées comme des rues.

Le fleuve Amour est une mer
Pourquoi cette métamorphose
C’est très secret et ça ne mér-
Ite pas plus que quelques roses.

Le fleuve Amour a rétréci
Laissant ses poissons sur le sable ;
Faudra-t-il faire le récit
De leur agonie délectable ?

Le fleuve Amour a disparu
Entre deux galets limoneux ;
Les amoureux n’ont jamais cru
Qu’il coulerait plus longtemps qu’eux.

Le fleuve Amour n’est-il qu’un nom
Que l’on imprime dans les livres ?
Tout écolier croit bien que non
Et cette erreur-là fait survivre

Le fleuve Amour au fond de nos
Souvenirs blancs où il rejoint
La voie lactée des astrono-
Mes qui l’observent de très loin.


Ennezat, décembre 1977.



[1]
Une autre version... Sur le site de l'atelier d'écriture <a href="http://imaginair.over-blog.fr/article-19404014.html">Imaginair</a>, en date du 17 septembre 2007.

Equilibre

Dans équilibre il y a et,
Ce trait d'union qui se prononce
Et associe notre réponse
A la question qui l' a nouée ;

Dans équilibre il y a qui,
ce cri d'union qui interpelle
La négigente sentinelle
Qui veille aux bords de notre nuit ;

Dans équilibre il y a lit,
Ce lieu d'union qui sur le drap
Enchaîne au rêve qui viendra
Nos souvenirs ensevelis ;

Dans équilibre il y a libre,
Ce mot d'union que l'on écrit
Dans le cahier des chants appris
Où chaque note en nos coeurs vibre.



http://imaginair.over-blog.fr/article-19404014.html