l'arbre parole, pages 10 à 13
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BOUCHE BARQUE BALANCEDérive ta douceur Au fil de ma folie ; Nos bouches réunies Consument notre attente, Et nos sexes soleils Ajoutent leur lumière Pour éblouir le jour Et jouir de la nuit. Le matin multiplie L’éruption des oiseaux ; La musique des doigts Est essaim de poissons Déchiffreurs de remous Qui glissent sur nos reins Et nagent dans le sang D’une étroite blessure. Paris, Crécy-la-Chapelle, avril 1975.
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BOUCHE BARQUE BALANCEArrive ton plaisir, Ma barque chavirée Qu’un geste désiré Naufrage en l’ombre blanche ; Que nos lèvres fermées Opposent leur étreinte A la vague tumulte Des souffles accordés ! Je te rencontre, toi, Harmonieuse et lisse Et libre de partir Et de ne dédier Tous tes mots de tendresse De charme et de rupture Qu’au vent qui t’enveloppe D’un translucide oubli. Paris, Crécy-la-Chapelle, avril 1975.
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BOUCHE BARQUE BALANCESurvive ton aurore Au-delà du solstice Où nous avons inscrit La course de nos corps ! Je ne suis qu’un seul astre En ton septentrion, Et tu es la balance Qui pèse ma présence, Et l’heure ensevelie Entre les draps froissés Comme mots entassés Au fond de la mémoire. D’immobiles caresses Résument l’océan, Et j’apprends à flotter Sur l’eau de nos silences... Paris, Crécy-la-Chapelle, avril 1975.
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QU’EST DEVENU LE MONOPOLE DE LA COMPAGNIE DES EAUX ?
Au nord salive grise Et bouche exaspérée Où les mots englués Accouplent leurs suicides ;
Au sud le sperme blanc
Qui délaisse ton sexe Et voudrait féconder Notre infertile angoisse ;
Paris, novembre 1975 |
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l'arbre parole, notes pages 10 à 13
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Ce poème en trois parties fut publié dans le numéro 76, daté septembre-octobre 1978, de la revue de l'ACILECE, page 11.
La revue jointure a pris, courant 1983, le
relais de la revue de l'ACILECE ( Association Corporative Intersyndicale de Librairie et d'Édition du Corps Enseignant, fondée par le regretté Charles-Henri Sieffert, qui recruta Maurice Fombeure comme président du comité de lecture, et Jacques Arnold comme secrétaire de rédaction...)
les trois titres, BOUCHE, BARQUE, BALANCE, étaient disposés en marge de gauche comme autant de repères. La logique de l'écriture eût voulu que bouche fût au pluriel.
[2]
La typographie du livre est un peu différente.
Le vers Dans ce jardin carré, répété tête-bêche, et le vers Coulent quatre fontaines,
lui aussi répété de même, sont inscrits verticalement sur la page et
forment les murs de l'ouest et de l'est du jardin, les deux vers
centraux de chacune des strophes initiales et finales établissant les
murs du nord et du sud. Le jardin est fermé et les quatre fontaines
placées à leur point cardinal spécifique. Le texte se trouve inscrit, claustré, dans un carré dons il possède la limite.
Le carré, le tetragon, symbolise le monde matériel, terrestre.

