Jacques Simonomis
Le témoignage d'Alain Castets : vie d’un singulier grand ordinaire
Je touche ton épaule pour soulever le monde.
J’écris « Je t’aime » dans les sirènes d’alarmes pendues sur les toits
Je ne suis pas cernable.
C’est un livre de zèbre rayé par la censure.
Bon élève, Jacques Simon rêvait d'être professeur d'Histoire mais ses parents l'orientèrent vers le technique. A 16 ans, il entra dans l'Administration des Postes. En 1960, mobilisé dans la guerre d'Algérie, il écrivit des poèmes contre la torture, en partie publiés sous le titre La Villa des Roses.
En avril 1969, il rencontre la femme de sa vie, Yvette : ils se marient l'année suivante. 1975 voit son premier recueil : Les Sirènes avec nous. Jean Cassou l'encourage.
Le train Simonomis est lancé avec des gares nombreuses, entre autres : L'œil américain (1991) - Mon siècle en deux (1993) - Les Couseuses (1997) - Sa Majesté auriculaire (1998) - Le Calfat des Etoiles et Claudication du monde (2002) - Fort de Café (2004)...
De 1985 à 1991, il avait animé Le Soleil des Loups avec Jean Chatard, Michel Héroult et Jean Claude Roulet. Puis il dirigea sa revue, Le Cri d’Os, de 1993 à 2003 : plus de 600 voix y furent publiées.
Membre de l'association Le Pont de l’Epée depuis 2002, il soutint son action de défense éthique de la poésie. Il participa au comité de rédaction des Cahiers de l’Alba tout en collaborant à d’autres revues. Il a succombé au cancer le 15 février 2005. Le 21 février 2005, une centaine de poètes lui rendirent hommage au Père Lachaise à Paris, autour d’Yvette, pour un départ dans l’affection. Il avait laissé des projets et deux manuscrits.
Simples comme sera publié aux Editions Alba avec une couverture de Lewigue.
Jacques Simonomis n’est pas un poète de l’imaginaire : il incarne, dans une écriture à la fois réaliste et elliptique qui ne craint pas le débordement des mots, doublée d’un humour kaléïdoscopique, rabelaisien, tendre et semi-surréaliste, parfois dévastateur, la résistance humaine au désastre individuel et général.

