des racines et des branches

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Genèse de l'appartenance à la famille

La lecture de Jean Piaget me fit découvrir vers 1956 l'épistémologie génétique [2]..Je m'intéressai à l'époque à comprendre pourquoi certains mots éveillaient en moi des impressions associés à des événements familiaux soit réels, en particulier dans le domaine des maladies, infirmités, comportements sociaux ou décès, soit supposés.

La dissimulation à l'enfant que j'étais des deuils familiaux semblait être une règle de vie. En 1944, celui de mon cousin germain et parrain Maurice Cogis et celui de mon grand-père paternel, tous deux accidentels, donc sans signes précurseurs, dont je compris implicitement mais sans délai qu'ils étaient morts,  ne serait-ce qu'aux précautions prises dans les conversations entre adultes qui feignaient de ne pas dire tout en disant à mots couverts, étaient encore explicables par un désir de protection dans le contexte de la guerre. Celui de mon grand père maternel, l'année de mes onze ans, qu'une absence mal excusée me confirma sans détours intimes, fut lui aussi oblitéré, alors que j'étais bien informé la dégradation de son état de santé. Je fus donc deux fois privé d'inhumation.Mon apprentissage de ces cérémonies passa par mon service d'enfant de chœur à la Paroisse...sur lequel aucune censure familiale ne s'exerçait.

Ce n'est que cinquante ans plus tard que je m'intéressai de plus près à la psychogénéalogie, l'ouverture ayant été provoquée par la participation en 2001 au colloque « Récits de vie » organisé par Éducation permanente, le CIRFIP et l' ESCP.

Pour réagir aux diverses études récentes [3] sur la manière dont prénom et nom viennent contribuer à construire une image de soi en soi et chez les autres, image soit dévalorisante soit rassurante, je ne puis dire que :


Contribuer à la vie de la tribu

Mon itinéraire traverse aussi les chemins familiaux, familiers par moments de partage, fameux par exception précieuse, famés selon l'image que collectivement nous savons lui construire et diffuser.

Je n'ai ici pour guide que la nécessité intime de la fratrie partagée, qui me pousse à fraterniser même avec mes sœurs, et aussi certains de mes cousins, certaines de mes cousines, pour moi demi-frères ou demi-sœurs génétiques et que mon cœur accueille fraternellement.
Des expériences de cohabitation prolongées, parfois cycliques mais étalées sur de nombreuses années, nées des circonstances de la vie à l'époque de ces toits partagés et repas communs, et aussi du fait de décisions de ceux qui alors assumaient le statut de parent, m'ont conduit à nouer avec certaines de mes cousines et certains de mes cousins des liens, anciens, indestructibles sauf à me blesser d'être infidèle, et qui ont pour moi même valeur que ce qui m'attache à mes deux frères et quatre soeurs naturels.
Dans la génération suivante, je sais que de tels liens existent aussi, pour les mêmes raisons, entre certains de mes enfants et celles et ceux de mes neveux et nièces qui ont connu à leur tour tel  partage. Et de même au sein d'autres familles de chaque lignée.

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Le premier foyer de l'ellipse familiale que j'ai pris pour repère est le ménage de mes grands parents paternels, Ernest Henri Desthuilliers et Cécile Félicie, née Charlot, mariés le 16 septembre 1892. De leurs quatre enfants, l'un, Pierre Alphonse Émile Desthuilliers, aviateur engagé volontaire dans la première guerre mondiale, mourut de ses blessures, le 6 novembre 1918, sans descendance. Les trois autres fondèrent famille, et co-engendrèrent chacun une lignée [1] : Le second foyer de cette ellipse familiale est le ménage de mes grands parents maternels, Maurice Dufraîne et Laurence, née Tenaillon. Leurs deux enfants fondèrent famille, et co-engendrèrent chacun une lignée :

Ascendance du patronyme

1969......1904

Georges Alphonse Auguste  Desthuilliers, entrepreneur de menuiserie, Radio-amateur F8DF, Conseiller municipal puis Maire-adjoint  à Chelles - ce qui lui a valu de patronner une rue sur la montagne de Chelles - et juge consulaire, puis Président du Tribunal de Commerce de Meaux, né à Chelles le 25 août 1904 , et mort à Chelles le 19 mars 1969,
épousa en juin 1938 à Veulettes-sur-Mer
Christiane Dufraîne, née en 1914 à Versailles, et morte à Montfermeil le 7 août 2009.
65 ans...

1944......1865

Ernest Henri Desthuilliers, né à Chelles le 31 mai 1865, et mort à Montfermeil des suites des blessures consécutive à l'explosion d'une bombe le 19 juillet 1944, menuisier-charpentier
épousa 16 novembre 1892 à Chelles, devant Louis Éterlet, Maire,
Cécile Félicie Charlot, né le 8 octobre 1868 à Chelles, et morte le 5 octobre 1936 à Chelles, sans profession
79 ans...

1900......1840

Émile Desthuilliers, maçon, né le 16 août 1840 à Chelles, et  mort le 20 juin 1900 à Chelles,
épousa le 19 novembre 1864,
Désirée Alphonsine Martin, née le 6 janvier 1845 à Meaux, et morte le 2 février 1904 à Chelles, blanchisseuse
60 ans...

1847......1802

Simon-Pierre Anatole  Desthuilliers, maçon, né le 27 septembre 1802 [  5 vendémiaire an 11 ] à Chelles, et mort le 24 juillet 1847 à Paris,
épousa en premières noces en 1824 Louise Adèle Stophe, née le 2 juillet 1800 à Chelles et morte le 7 janvier 1832 à Chelles
puis épousa en secondes noces le 5 avril 1832 à Chelles (ou à Montfermeil ?),
Louise Angélique Neveux, née le 27 décembre 1809 à Chelles, et morte le 14 septembre 1891 à Chelles, cuisinière
45 ans...

1819......1780

Simon-Barnabé Desthuilliers, maçon, né le 30 juillet 1750 à Coubron et mort le 28 septembre 1819 à Paris
épousa en 1800
Marie-Françoise Gosilleday ( ou Goeillebay ), née en 1779 et morte en 1832.
39 ans...

1793......1709


Jean-Baptiste Destuilliers, né en 1709 et mort le 18 septembre 1793,
épousa le 26 novembre 1763 à Montfermeil,
Jeanne Louise  Savart née en 1713 et morte en 1790.
84 ans...

1717......1680

Léonard des Thuilliers, né en 1680 à Saint Léonard en Limoges [Saint-Léonard-de-Noblat ?] , mort à Montfermeil le 27 mai 1717
épousa
Marie Françoise Beaudeau ( ou Baudeau, ou Baudot), morte à Gagny le 24 mars 1750.
37 ans...



L'implexe familial



Parrainages et filleullages

J'eus pour parrain mon cousin germain Maurice Cogis (1914-1944), fils aîné de Marguerite Cogis, née Desthuilliers, fille aînée de mon grand-père Ernest.
Et pour marraine ma tante Alice Serrière (1906-2006), née Desthuilliers, dernière fille de mon grand-père Ernest.

Au sein de ma famille, j'ai pour filleul(le)s mes deux frères et trois de mes nièces...Le sociogramme des relation de parrainage tisse un réseau qui vient se superposer à celui des filiations, et mériterait d'être tracé en superposition avec l'arborescence généalogique.

Un génération étalée sur 39 ans

Mon grand-père paternel eût vingt-deux petits enfants. Le premier naquît en 1914, le dernier en 1953, ce qui étale cette génération sur trente-neuf ans.

Les principaux habitats

Par habitat j'entends lieux où notre famille résida assez longtemps pour y exister en tant que groupe social. Lieux où elle laissa des traces, à travers les métiers, les commerces, les engagements dans des associations, les mandats électifs, etc.

Répertoire alphabétique


Chelles
Veulettes-sur-mer
Versailles






[1] Les trois lignées sont citées dans l'ordre de naissance des enfants D'Ernest et de Cécile. Dans la chronologie des mariages, la seconde est de fait la troisième...

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[2] C'est James Mark Baldwin qui parla le premier d'épistémologie génétique. Jean Piaget, directeur du Centre International pour l'Epistémologie Génétique de Genève de 1955 à 1980, le fît connaître.
Il employait ce terme pour exprimer sa vision expliquant l'acquisition de la connaissance chez l'enfant comme étant une construction.
En 1955-56, je lus, le langage et la pensée chez l'enfant, préface d' Édouard Claparède, éditions Delachaux et Niestlé, Genève 1930. Ce livre appartenait à la mère, qui avait dû l'utiliser pour observer mon propre comportement, comme en attestent des feuillets manuscrits retrouvés entre certaines pages.

[3] Je fais allusion au livre cent petites expériences de psychologie des prénoms, de Nicolas Guéguen, autour duquel tourne dans l'article de Frédéric Potet (?) publié dans Le Monde 2

daté du 30 août 2008.
J'ai connu de près entre 1966 et 1972 Henri-Jacques Potet, Directeur Général de la CFSW.Son fils se prénommant Christophe...