socialiste unifié
<< Il faut connaître ce que l'on combat >>
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Le nom même du Parti Socialiste Unifié
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révèle à la fois la complexité tumultueuse de son histoire, l'ascèse
idéologique demandée aux acteurs, et l'une des idées-force qui présida à
sa gestation, sa vie et même sa vie après sa vie... |
Motions sucessives Prémonitoires contradictions Prises de conscience Secrétaire d'une section PSU Suites, séquelles et traces Trente cinq ans plus tard Pour approfondir... |
Prémonitoires contradictions politiques
- Éducation de centre droit, et initiation à la vie politique locale dans une mouvance dite d'intérêts communaux, familiale et bien-pensante. Simultanément souvenir persistant des images regardées à l'automne 1945 dans l'huma, affichée à la permanence du parti, rue Eterlet à Chelles, images montrant ce qu'avaient vu les journalistes présents à l'ouverture des camps de la mort - les couveuses d'Hitler, disait-on dans mon environnement familial - , images montrant les abominations permises par tant et tant de partisans de l'ordre moral et de la chrétienté...
- Un père traditionaliste, gaulliste par
simplicité convaincue, militant en faveur de l'enseignement libre
catholique et qui n'a jamais manqué une Messe. Une mère péri-socialiste,
semi-libertaire mais tout de même enseignante dans une institution
gérée par des Sœurs dites de Charité, et ayant recours à mes capacités
en dessin pour illustrer ses réunions catéchistiques.
- Engagements personnels, via le scoutisme catholique, dans Vie Nouvelle et Citoyens 60, passage par les compagnons bâtisseurs et la participation aux semaines sociales, adhésion au CCIF [1] .
- Lecture d'Emmanuel Mounier, de Jean Lacroix, de Maurice Nédoncelle. Tentations simultanément personnalistes et libertaires.
- Lecture dans le numéro 3 la nouvelle série de Citoyens 60
[2], en mai 1961, d'une étude synoptique de Roger Jacques, alias Jacques Delors, dédiée à deux formations politiques nées avec la V° république, l'UNR et le PSU...
Prise de conscience en entreprise
- Après de premières références dans le milieu artisan - paternalisme à la fois socialement statique (à chacun sa place dans la société) et individuellement dynamique (il faut tout de même aimer son prochain).
- Découverte de la fermeture à l'avenir des jeunes du monde rural lors du service militaire ( Compiègne, hiver 1962-1963) et de celle des jeunes du monde ouvrier lors du mois de prise de connaissance de l'entreprise chez Westingouse (Freinville, automne 1964).
- Expérimentation d'un style de management inspiré de l'unanimisme de Jules Romains et des réflexions de quelques contributeurs de Citoyen 60, ainsi que des innovations venues des libéraux humanistes (La DPO, les structures compétitives et Octave Gélinier) ; émergence du concept d'équipe homogène, allant jusqu'à la rédaction d'une demande d'emploi collective ; renvoi d'image par mes collaborateurs agents de maîtrise et ouvriers "le Kolkhoze Mesures", "le Kibboutz de la Direction technique"...
Secrétaire d'une section PSU
Minutes d'actions isolées
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Je pensais avoir rangé cette carte comme marque-page dans mon exemplaire de travail du Manifeste, et ne l'ayant pas retrouvée au printemps 2010, dans la perspective de l'emporter comme signe de reconnaissance aux festivités du cinquantenaire, j'en avais fait mon deuil. En fait, illustrant le slogan organisateur trop d'ordre, c'est du désordre, je l'ai découverte sans la chercher dans un dossier intitulé sobrement Chelles, en compagnie de quelques cartes de visite... De mes aventures au sein de la section de Chelles-Vaires, me restent quelques traces écrites, en plus du souvenir de nos réunions, de nos tractages, de nos affichages et des débats en DPF du côté de Bourron-Marlotte.
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Éléments de cahier des charges d'un système de co-éducation
Note sur le contre-pouvoir
Cette note a été rédigée au moment où je contribuais à la formalisation d'une réflexion sur l'autonomie. Il est en effet possible de trouver des leins entre les deux concepts : un système qui se veut autonome peut se doter de contre-pouvoirs internes une entité de contre-pouvoir doit préserver son autonomie ce qui n'exclut pas les alliances.
Cette réflexion est transverse au principe dit de séparation des pouvoirs. Si elle s'applique en principal au pouvoir exécutif, elle est décalcable vers législatif et le judiciaire, voire l'informationnel
Elle est une des sources de la mémofiche de la rétroaction des contre-pouvoirs mise en forme pour le compte du cercle méthode en août 2007.
Ce qu'il est :
- Il est informé, ce qui suppose un réseau efficient, et peut-être plus informé que le pouvoir.
- Il a des moyens d'action.
- Il est connu du pouvoir.
- Il émet des recommandations, surtout sur les sujets réservés par le pouvoir.
- Il n'entend pas être pouvoir de recours ou remplacement.
- Il n'a pas l'appétit du pouvoir.
- Équilibrer l'action du pouvoir.
- Ajuster l'action du pouvoir en le plaçant à distance acceptable de l'arbitraire, de l'injuste, de l'inefficace.
- Insécuriser les décisionnaires lorsqu'ils ne suivent pas ses recommandations.
Septembre 1975
Réflexions personnelles
La lecture du dernier Tribune 77 me confirme que cohabitent en moi deux images mentales du PSU :
- Celle des échanges libres et des actions communes, actions débordant naturellement des consignes politiques pour s'intéresser à l'évolution d'un groupe de personnes et de la manière dont elles remettent ensemble en question, tant au plan théorique que pratique, leur environnement, leur cadre de vie social, culturel, scolaire…C'est ce que je vis avec et dans ma section, et aussi celles et ceux dont les préoccupations se rapprochent des nôtres.
- Celle d'une structure très intellectuellement construite, mais légaliste, statufiée – au sens de double d'érigée en statue et de dirigée par des statuts – plus centralisatrice dans les pratiques qu'elle ne le déclare dans les principes, personnage un peu mécanique, barde de sigles, armuré de maîtres mots, bandeletté de textes….Structure dont je devine confusément la viscosité élevée au niveau fédéral et qui semble carapace au niveau national.
Pour être franc, et adepte autant que faire se peut des principes de sanité mentale que suggère la sémantique générale, j'ajouterai que le sigle PSU a pour moi asse peu d'importance. Circonstanciel, mais pas essentiel. Le produit compte pour moi plus que la marque. Mais il faut tout de même bien se reconnaître...donc...
Je ne crois pas que l'on puisse fonder un projet de société, car après tout tel est bien le but ultime de toutes nos occupations communes, sur la méfiance politique, l'exégèse minutieuse, et même les manifestes, mais d'abord et surtout sur des expériences communes.
Comment faire cohabiter plus de cinquante millions de citoyens dans un projet commun de société s'il y a des étiquettes standardisées, des catégorisations contraignantes, des classes antagonistes ? Certes, il convient de s'intéresser au plus grand nombre. Mais pourquoi vouloir que l'une des classes sociales, fusse-t-elle l'une des objectivement plus défavorisées, soit considérée comme l'unique prochain, au sens évangélique du terme, et qu'il faille s'y assimiler ?
Je ne puis faire semblant. Je n'appartiens pas à la classe ouvrière [4]. Je suis un travailleur intellectuel à revenus potentiellement élevés.
Je reconnais contester de plus en plus radicalement la structure intime de la société où s'inscrit mon activité professionnelle. Mon entreprise en particulier, et la système plus global en général. Je n'ai par ailleurs pas le courage (?) de m'en séparer, et aimerais pouvoir participer à la transformer. Je confesse user de ma position pour expérimenter des modes de fonctionnement jugés absurdes par mes pairs, sans violer les lois morales bien entendu. Mais je constate avec une certaine surprise que les bénéficiaires –dans mon intention, dans ma perspective – sont eux aussi plutôt récalcitrants.
A l'expérience, je m'aperçois que je n'aime pas beaucoup le mot militant. Que trouver d'autre ?
Et que je ne crois que très peu aux vertus de l'affichage et de la distribution de tracts – je crains que la plus grande masse de nos concitoyens ne lise pas, ou du moins se comporte comme si elle n'avait pas lu…- et guère plus aux autres conduites traditionnelles des campagnes externes à la personne. Qu'inventer qui induise une véritable communication ?
Je commence mes phrases par je, ce qui ne me choque qu'en référence aux règles affirmées, mais peu démontrées de la communication dite efficace. Si j'y crois, dans ce que je dis ou j'écris, pourquoi ne pas m'impliquer comme sujet qui parle ou qui rédige ?
Affirmer mes idées, m'affirmer comme personne, cette conduite me plait et me gêne à la fois. Je n'aime guère les chefs, bien que rémunéré pour en être un, et que tel soit mon rôle social.
Je refuse que l'on pense à ma place – comme je perçois que le fait le Bureau National dans de nombreuses circonstances…et j'aime bien en revanche penser pour les autres. Comment en débattre sans tristesse ?
L'autogestion m'a séduit, j'y place et retrouve nombre de mes propres contradictions, mais pour moi le risque n'est pas seulement d'en faire un nouveau truc ou une nouvelle divinité, il est qu'un mot qui veut résumer une perspective de vie différente mais n'évoque de que vagues expériences mal connues ne devienne source de confusion dans le débat comme dans l'apprentissage de pratiques plus libertaires et en même temps conformes aux besoins de l'écologie des systèmes. Y compris des systèmes de pouvoir, consubstantiels à notre nature d'hommes.
Je souhaite être attentif plus à ce qui rassemble qu'à ce qui sépare, tout en demeurant éveillé : l'autre n'a pas que de bonnes intentions, et…moi non plus. Saurai-je ne garder du rêve –utopie directrice, disent certains – que les extrêmes que sont le raisonnable –soyons réalistes, les choses sont de fait ainsi - et le déraisonnable – vite, que les choses deviennent tout autres, et si possible par un impossible chemin - ?
Art et action culturelle
Suites, séquelles et traces
Deux pistes à suivre :
Que sont devenus celles et ceux qui ont fait séjour au PSU ?
Quels liens subsistent entre eux ?
Trente cinq ans plus tard
Les 10 et 11 avril 2010, suite à une initiative de l'ATS, association des Amis de Tribune Socialiste, créée en 1962 pour populariser les positions du PSU et gérer son patrimoine, et dépositaire de son héritage intellectuel et idéologique, ont été organisées, à Issy-les-Moulineaux et Paris, des manifestations à l'occasion du 50° anniversaire du Congrès fondateur. Cette initiative a été soutenue par l'Institut Édouard Depreux, l'Association des Amis de Victor et Paule Fay, ainsi que par 540 anciens militants du PSU.
Pour approfondir...
► Le site des Amis de Tribune Socialiste
► Un site sur les relations entre l'UNEF et le PSU des années 60
► L'incontournable notice de WikiPédia, que je n'ose retoucher en dépit de certaines assertions contestables qu'elle contient, étant trop impliqué pour respecter les règles de l'insoutenable et cependant respectable neutralité de point de vue
► Une brève histoire du PSU, par Michel Rocard soi-même....
► Les ressources de la bibliothèque de Sciences Po sur le sujet
[1]
Centre Catholique des Intellectuels Français, 61 rue Madame, Paris VI°. Revue Recherches et Débats. Cette association a fonctionné de 1941 à1976.
Voir à son sujet Les intellectuels catholiques dans la société française, le Centre catholique des intellectuels français, par Claire Guyot, préface de René Rémond, Presses universitaires de Rennes , Rennes, collection Histoire
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La revue Citoyens 60 s'est réduit depuis en Citoyens. tandis que Vie Nouvelle s'est, par un procédé inverse, agrandi en La Vie Nouvelle Pour une alternative personnaliste et citoyenne -... Le périodique s'est mis au goût du jour en matière de format. Nota : dès 1922 le Deutsches Institut für Normung préconisa les formats de la série A. C'est en 1947 que le Comité Technique ISO/TC 6 demanda d'envisager la normalisation des formats. l'organisation internationale de standardisation n'a repris la norme DIN qu'en 1961. Vers 1968, je vis le A4 se substituer au 21x27 dans les entreprises. Au début, nous le jugions trop haut. Aujourd'hui, c'est le 21x27, si cher ma jeunesse aux armées et commissariats – ce mot désignait alors tout rapport ayant valeur disciplinaire, ou légale - qui semble un peu bas sur pattes…. |
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[3] En fait, le sigle PSU, avec le sens de Parti Socialiste Unifié, fut utilisé antérieurement à deux reprises, dans les années 1905, puis 1938.
Le mot classe ouvrière est ici entendu dans un sens relatif : au sein du corps social ayant comme seule ressource sa force productive, le sous-ensemble formé par celles et ceux qui en tirent les plus bas revenus, et sont classé ouvrier, employé...
Il convient de nuancer mon propos, dès lors que, sociologiquement parlant, le sous-ensemble des ingénieurs, techniciens et cadres est considéré comme étant la couche dite supérieure de ce corps social, celui des étymologiquement prolétaires, ou citoyens du prolétariat. Être sur le dessus du panier n'empêche pas d'être dans le panier...et un travailleur intellectuel à hauts revenus demeure un travailleur.
Plus tard, la montée du chômage -chômage dont je vivrai un épisode, bref
mais significatif, dès fin 1974 - viendra démontrer expérimentalement
la réalité de mon appartenance à une classe ouvrière élargie n'ayant
comme ressource potentielle que sa force de travail.
A ce sujet, les considérations sur le travailleur collectif, déclinées dans refondation progressiste de Michel Clouscard [L'Harmattan, 2004 ] méritent lecture. Le vocabulaire de l'ouvrage est étonnant par sa latéralité poétique, mais les idées, sous condition de les appréhender, sont loin d'être sans intérêt, sans pertinence.

