Le cadre, de juin 1968 à septembre 1975

Trois expériences en alternance : hiérarchique / fonctionnel / hiérarchique

Il me fallut sept ans pour passer du métier d'ingénieur à celui de dirigeant.
Je dus apprendre à la fois les techniques de gestion générale, applicables à toutes ressources et à tout projet, et me former par la pratique à la direction des hommes (et des femmes...) . La découverte, parfois douloureuse, des différences intimes entre l'esprit associatif et la mentalité des travailleurs, quelles que soient leurs qualifications et leurs compétences professionnelles, quels que soient leur niveau de responsabilité et leur milieu social, me suggéra d'éviter de copier des modèles et d'accepter d'user d'un style qui convienne autant à ma propre personnalité qu'à la culture de l'entreprise hôte.

C'est ainsi que, exploitant des opportunités plus qu'en application d'un plan de carrière raisonné, je vécus trois aventures industrielles différentes :

Wabco-Westinghouse : au service des freinistes

Après quelques mois de travail comme chargé de mission d'organisation, apprenant ainsi les diverses activités du DEA -Département des Equipements Automobile -, entité concevant et commercialisant des systèmes de freinage et d’assistance pneumatiques pour les poids lourds et les véhicules agricoles, la fabrication étant sous-traitée à des centres de production soit internes, soit externes, je fus intronisé assistant de direction.

Mes missions, telles que je les avais définies en accord avec P***.L***.M***., mon directeur, occupaient les interstices subsistant entre, d'une part, celles du chef des services commerciaux et du chef des services techniques et de distribution réunis, et d'autre part ce qui était nécessaire pour le bon fonctionnement du département.

A titre hiérarchique

Diriger

A titre fonctionnel

Avec le soutien d’une secrétaire-assistante, être responsable de l'organisation d'ensemble du département et de la bonne gestion de ses ressources, et plus particulièrement :


Mes principales réalisations furent :


Rank Xerox France : au aguets des photocopistes

Alors que je recherchais une activité de chef de projet informatique, une candidature déposée à la Cie des Machines Bull arriva sur le bureau d'un cadre de Rank Xerox France, B*** D***, qui venait de convaincre son DAF de créer au sein de l'entreprise une unité spécifique de contrôle de gestion, distincte de la comptabilité et de l'audit interne.
Il cherchait un ingénieur [1 img] pour couvrir le domaine des services dits techniques, en fait les techniciens d'après-vente, en charge de l'entretien et du dépannage des machines. RXF, entité d'environ trois mille personnes, était en effet loueur de photocopieuses et ...vendeur de papier.

Ma mission, telles qu'elles m'avaient été assignées, consistaient à être responsable du contrôle de la gestion de l'ensemble des services d'après-vente (600 techniciens répartis entre quinze succursales) et d'une  des trois régions commerciales ( cinq succursales sur l'axe Paris / Lyon / Marseille ).

En particulier il me fallait :

Simultanément, j'eus, pour l'ensemble du service, à :

Mes principales réalisations furent :

Bernard Moteurs : au renouveau des motoristes

Texte





[1] Suite à notre entretien, il adressa à son directeur le courrier interne çi-après. Pour des raisons naturelles de discrétion, et bien que depuis trente-sept ans l'eau de la Seine ait coulé sous le pont Mirabeau, j'ai blanchi les noms du signataire, du destinataire, et de la dactylographe.

Je rencontrai M. R*** quelques jours plus tard, et reçus le 17 février une offre d'engagement, comme analyste de gestion, aux appointements annuels de 65 520 F, avec prise de fonction le 4 avril. Les affaires étaient rapidement traitées à cette époque...

L'annonce à laquelle il est fait référence dans ce mémo interne est reproduite ici.



L'allusion à mes opinions politiques venait probablement du fait que j'avais déclaré que pour moi l'activité d'un contrôleur de gestion se devait de relever plus du préventif que du répressif, de la formation que de la contrainte, et qu'il convenait d'associer les contrôlés aux processus d'élaboration des méthodes d'analyse et aux opérations de contrôle, en visant à développer les attitudes et les outils d'auto-contrôle.
Peut-être avais-je même évoqué des horizons auto-gestionnaires - j'avais lu les actes du congrès 1970 de la CFDT, et ceux du 7° congrès du PSU - ?