L'étudiant : de l'été 1953 à mi-juin 1962
Les trois âges de l'étudiance
Étudiant... L'époque des études, pendant laquelle je n'ai en fait
jamais eu droit au titre d'étudiant , puisqu'avant le bac, dans ces
années là, on était lycéen,et qu'après, je devins préparationnaire
puis élève-ingénieur, a été pour moi celle de la conquête de
l'autonomie et de la réflexion préanarchiste (c'est à dire "dans
le désir d'identifier les maîtres pragmatiquement et/ou temporairement
incontournables et d'oser se débarrasser des autres"). J'y appris comment échanger l'acceptation d'ingérences abusives, voire meurtrières, de la part de mes parents dans ma vie sociale et personnelle – l'année de mes vingt ans, avec la complicité de la direction d'une grande école, ils annulèrent sans m'en informer un stage d'été dans une entreprise de réparation aéronautique de la vallée de la basse Seine, parce que trop proche du domicile d'une jeune fille dont ils n'admettaient pas qu'elle soit fille de calicot – contre l'apprentissage de conduites de contournement et de stratégies d'extension retrouvées bien plus tard dans l'étude analogique du jeu de Go.
Mon aventure étudiante, une neuvaine d'année bien coupée en trois parts égales,
- si elle commença par une période d'adaptation difficile à un
nouveau monde, celui du lycée mixte, de la pédagogie laxiste appliquée
aux enfants des betteraves, et des règles du picking dans le poulailler
d'un internat mal encadré
- et
si elle connût et exploita la chance qu'était, à l'époque,
l'intégration dans le système de classes préparatoires d'un grand
établissement de la Montagne-Sainte-Geneviève, où le mérite n'était pas
correlé avec la naissance et la fortune, mais avec les talents
individuels et l'aptitude à tenir la distance
- s'acheva par l'apprentissage du monde industriel et
technologique au sein d'une École d'Ingénieurs de notoriété faible,
puisque créée depuis bien peu, mais dont le point d'application était de
ceux qui faisaient, et font encore, rêver, l'aéronautique et l'espace, et me situait dans l'élite universitaire de l'époque, le mot d'École ayant alors une magique ambiguïté.
Lycée mixte de Meaux, en 2°, 1° et Math-élem
Le séjour
Mon retour au foyer familial s’accompagna de la désillusion d’être condamné au régime de l’internat. L’arrivée au lycée mixte de Meaux, habillé en culottes courtes – et, pire, parfois en culottes de golf – et écrivant à la plume sergent-major, dans un univers de garçons en pantalons, de filles en jupes et en bas, toutes et tous munis de trousses garnies de stylos de toutes technologies, fut un choc et un désarroi. Le grand jeu à la mode devint la capture de l'encrier et le lancer de plume...J'en ai retenu l'art de prendre des notes lisibles au crayon.Ma honte connut son apogée avec l’humiliation subie du fait d’un surveillant qui, au vu de ma mine, de mon habillement et de mes occupations récréatives –les billes étaient pour moi un jeu d’adresse captivant, le billard du pauvre…-, m’interdit l’accès à l’étude des grands et me fit faire un séjour dans celle des petits.
De ma classe de 2°, je tirai la conclusion que ce n’était pas au lycée que j’allais apprendre à exister, et que me mettre au travail sans tarder allait m’apporter la liberté de vivre de manière autonome, et d’apprendre ce qui m’intéressait. Ayant occupé une partie de mes vacances d'été à travailler somme stagiaire chez un géomètre, et découvert des applications pratiques de diverses formules de calcul apprises dans le cadre du programme d'algèbre et de géométrie mis en texte et figures par les célèbres duettistes Lebossé et Hémery, j'émis l'idée de continuer dans cette voie. D'autant que les deux métiers de famille dont je vivais certains aspects pratiques, l'horlogerie et la menuiserie, étaient de même nature : utiliser tracés et calculs pour modifier la réalité des objets. Mes parents refusèrent, même s’ils ne purent faire l'économie d'entendre mon argumentation, de donner suite ce projet, catalogué comme révolte inepte et irresponsable : je serai ingénieur, et de préférence, tel Zéphyrin Brioché, polytechnicien ! Je l’intériorisai donc.
Très occupé à rattraper mon retard en matière d’intégration dans la société des adolescents – et surtout des adolescentes – , pris par des activités parallèles telles que l’organisation de sorties collectives et la publication d’un éphémère journal de Lycée, orion-bahut, je me contentais du minimum nécessaire pour passer d’une classe à l’autre.
Je fis de très douteuses impasses sur les matières dont l’enseignement m’ennuyait, et comptai sur mes réussites en français et en mathématiques pour obtenir par péréquation des moyennes convenables assorties d’une renommée me protégeant, par professeurs interposés, de certains désagréments. Je me délestai in extremis du latin pour passer un bac moderne, avec la mention passable, et, après avoir obtenu en math-élem les prix de philosophie, de mathématiques et de chimie, ne rapportai cependant mon diplôme à la maison qu’à l'issue de la session de septembre.
Les découvertes
En 1953, de retour de la campagne profonde et décalée du pays gallo, où le système d'information sur l'actualité se réduisait aux annonces du prône dominical et à ce que nous pouvions lire à la une d'Ouest-France chez le buraliste local, je commençais à fréquenter le kiosque à journaux des gares de Chelles et de Meaux. Je m'y approvisionnais en revues de Science-Fiction tandis que mes camarades chassaient Le Hérisson. L'opération Garap me fit prolonger mon immersion dans l'univers de la réclame, commencée en 1950 avec les slogans affichés sur les autobus de la ligne 113 et continuée dans le Bazougeais avec la collecte de buvards publicitaires.
Ma connaissance de la chanson moderne débuta par une initiation à Georges Brassens : quelques voisins de banc au cours de français ornaient les marges de leurs notes de gorilles velus évoquant la Bête de l'ile noire et ponctuaient certaines récitations de morceaux choisis d'Andromaque d'un mystérieux gare au goriiiille, association audiovisuelle dont il me fallût bien vite dénicher la clef.
C'est pendant l'hiver 1955-1956, hiver glaciaire s'il en fût, qu'un jeune surveillant d'internat nous fit découvrir, à l'heure du couvre feu et sur un électrophone Teppaz un peu crachotant d'autres aspects du fumeur de pipe anarchiste et surtout, surtout Nicole Louvier, dont on chuchotait que si elle chantait les petits pages c'était dans une perspective allégorique associant à des amours interdites la réhabilitation de pratiques amoureuses médiévales.
Les rencontres
L'aumônier du Lycée était le Père Charles Pouyé, qui fût plus tard Curé de la paroisse Saint-André de Chelles. La participation aux réunions qu'il organisait était pour moi une manière de m'extirper de la clôture de l'internat. Plus tard, je fis sous sa houlette pastorale et dynamique le pélerinage des étudiants à Notre Dame de Chartres, via Auneau et Ablis, sur des vicinaux et des départementales que je devais retrouver vingt ans plus tard, cadre dirigeant chez Cofiroute.|
|
J’y rencontrai aussi Lionel Jospin, dont le seul souvenir
vivant en moi est sa compétence de l’époque au basket-ball, qui faisait
qu’il était très demandé comme équipier à ce jeu auquel je ne
m’intéressais point, et dont, par chance, j’étais dispensé. J'ai encore dans les oreilles les vas-y, Lionel ! qui encourageaient ses tentatives de tir au panier, manifestations d'enthousiasme convivial qui lui ont peut-être fait parfois défaut depuis. Ma fille Alice le reçut en 2001 à l'Ambassade de France en Roumanie, où elle était stagiaire dans le cadre de sa scolarité à l'IEP de Strasbourg, et où lui fit une visite protocolaire. Elle m'en a rapporté cette image-souvenir. |
Une rencontre indépendante de ma vie lycéenne, car conséquence de ma présence au sein des Scouts de France de Chelles, me reste d'un week-end de février 1954 à La Pomponette, dans les bois quelque part entre Chelles et Lagny, passé à me geler les joues et charrier du sable pour aider les bâtisseurs d'une cité d'urgence. J'y rencontrai un prêtre très noir de barbe et de soutane et très lumineux de regard, dont je sus bien plus tard, ayant rencontré Henri Landier qui me parla de Monique Morelli, qu'elle avait en ces temps là fréquenté un certain Henri Grouès, celui que j'avais entendu appeler Abbé Pierre à la Pomponette.
Une autre rencontre, out aussi indépendante de ma vie lycéenne, puisque liée à une attache familiale, fut celle du poète Jehan Despert. De 1954 à 1958, nous correspondîmes à propos de poésie, et surtout d'écriture poétique. Je lui confiais certains de mes textes, et il me les retournait avec ses remarques, mélange d'encouragements fraternels et de leçons critiques dans lesquelles il corrigeait avec rigueur les imperfections décelées, me renvoyant sans cesse à l'expression orale et aux sensations déclenchées chez le lecteur. S'il est cité à plusieurs endroits sur ce site, là raison en est qu'il m'encouragea non seulement à travers ces leçons particulières par correspondance, mais encore en publiant ou faisant publier des exemples de mon travail :
-Il m'introduisit dans l'anthologiedes poètes de Paris et de l'île de France
-Plusieurs de mes textes parurent dans sa revue les cahiers de l'île de france
Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, Paris 5°, math-sup, 3/2 et 5/2
Si j’entrai à Henri IV, c’est parce que, venant de Chelles avec moi pour m'inscrire en prépa ( Tu seras ingénieur, mon fils...) mon père aborda la Montagne Sainte-Geneviève par la face est. Le proviseur apprécia mes trois premiers prix, négligea le bac sans mention, fut surtout intéressé par ma position favorable par rapport aux limites d’âge des concours –je n’avais pas dix-sept ans- et m’inscrivit. Enfin, ma juvénilité devenait un atout.Pour la seconde fois de ma vie, après l'expérience du Gai Savoir, mais pour des raisons presque opposées, j’eus l’impression de me trouver à l’aise dans un milieu scolaire. Milieu cosmopolite –élèves africains, vietnamiens, malgaches, etc.-, très hétérogène quant aux origines socioprofessionnelles mais homogène pour ce qui était des motivations à étudier et aux capacités à le faire. Parmi les cinquante et quelques étudiants de la classe, j’avais perdu mon statut d’éternel benjamin décalé, et rencontrai bon nombre d’originaux de divers styles, mais tous fréquentables. J'avais aussi la surprise de m'apercevoir que je n'étais pas le seul à me signaler par des résultats scolaires à la fois plutôt brillants et assez précoces : nous étions tout simplement tous dans le même cas... [7 dév]
Le passage en mathématiques supérieures me demanda quelques efforts. J’investis dans la capacité à présenter pour devoirs de mathématiques hebdomadaires des documents lisibles, proprement mis en page, documentés un peu au-delà du programme, rédigés dans un style un peu vulgarisateur [1] certes, mais syntaxiquement et morphologiquement corrects, avec un zeste d'originalité et le goût du mot précis, fût-il rare. Je consacrai à ces travaux d'étude, de réflexion et de mise en page - ces devoirs occupaient de huit à douze pages format 21 x 27, avec figures en quatre couleurs... - ma journée du dimanche, entre le retour de la messe de 6 h 15 et le départ pour Paris vers 19 h 00, avec une pause repas dans la salle à manger familiale, installé au calme dans ma chambre au grenier de la maison.
Je récoltai tout au long de ma carrière professionnelle, et aujourd'hui encore, les intérêts de ce placement.
|
|
En 3/2, je fus admissible entre autres au concours commun des Mines. Les épreuves écrites avaient été fixées au 13 et 14 mai 1958...Le mardi 13 en début de soirée, au retour de la première journée, je fus alpagué rue Soufflot par de zéléz gardiens de l'ordre, qui jugèrent approprié de m'enfourgonner avec deux camarades, de nous conduire au commissariat de l'Opéra - Vous êtes mineurs, vous devriez être ailleurs que dans la rue... - pour vérifier notre identité et notre qualité d'internes à Henri IV ; nous ne fûmes relâchés que passé minuit, et couchés que vers deux heures du matin, en pleine forme pour notre seconde journée de concours ! Les oraux [2] me révélèrent une lacune de ma formation et de mon histoire antérieure : la difficulté à convaincre en quelques minutes un « supérieur inconnu ». Je réussis également, en avril, l'examen du permis de conduire... [8 ill] En 5/2, [6 ill] je travaillai plus à améliorer ma capacité aux relations orales, en tentant d’assurer de manière un peu innovante ma responsabilité de président de la taupe, en soignant la présentation des deux « colles » hebdomadaires –quitte à faire du zèle et des heures supplémentaires en remplaçant moi-même les absents…- , et en adhérant à diverses associations, qu’à accroître mes connaissances dans les matières du programme, me contentant de les maintenir. Un de mes camarades de classe, G***L***, avec qui j'ai maintenu le contact, et qui conserva de longues années un de mes poèmes de l'époque, me conseilla, un jour que nous prenions un pot près des ruines de Cluny, boulevard Saint Michel, de m'intéresser de plus près à tout ce qui touchait à l'information, Il me confia aussi qu'il subodorait, à l'arrière plan de ce que nous apprenions en mathématiques et en physique, de théories plus générales et qu'il serait intéressant d'approfondir. J'ai toujours en mémoire cette injonction et cette remarque. En fin d’année, je fus admissible mais mal classé au concours des Mines, pas mieux à celui de l'X, et reçu 2° à celui de l’ENICA. Je me fis une raison : la conquête de l’air [3] remplacerait le voyage au centre de la terre [4] |
Les rencontres
J’y rencontrai de nombreux acteurs émérites de la vie économique et sociale française, voire européenne et mondiale. Je ne les cite pas tous ici, et je demande pardon aux camarades omis.► Jean-Didier Blanchet, qui fut D.G. d’Air France jusqu'en 1993, avant d’être, entre autres, administrateur de R.F.F.
► François Kosciusko-Morizet, actuellement Maire de Sèvres…
► Daniel Iagolnitzer, physicien, qui a présidé plusieurs conférences scientifiques internationales à l'UNESCO avant de devenir président de l'ADIF (Association pour la défense du droit international humanitaire, France). A ce titre, il a entre autres publié en 2007 le droit international et la guerre, évolution et problèmes actuels, aux éditions L’Harmattan. Une fondation porte son nom.
► J'y fréquentais aussi Didier Ratsiraka, Chef de l'État Malgache de 1975 à 1992 puis de 1997 à 2002. Rien dans le comportement de ce jeune homme effacé et un peu timide ne laissait prévoir qu'il pût avoir, aussi controversé qu'il eût été à Madagascar et ailleurs, un destin de cette envergure politique.
ENICA, 4 boulevard Victor, Paris 15°, 3 années d’études
Mes parents m'ayant refusé un logement à proximité des bâtiments de la Cité de l'Air, je dus accepter une contrainte qui m'obligea à une gestion du temps serrée et prévoyante. Pour être à l'heure au premier cours – il était impensable, et impossible, de manquer une activité programmée sans motif grave et sérieux – il me fallait me lever à 6 h 30, et prendre le train de 7 h 14...lieu de RV permanent avec mes partenaires des équipes d'animation du Ciné-Club-Chellois et de Scouts de France de Gagny...Le voyage de retour, du fait que les horaires des trains de banlieue étaient tracés pour les travailleurs, pas pour les étudiants, me coûtait, lui, plus de deux heures, parfois trois. J'appris donc à utiliser les transports en commun, les bancs publics, brasseries et salles d'attente des gares pour réaliser des travaux écrits ou pratiquer la lecture apprentissante de mes cours ; ce savoir-faire me fut ultérieurement précieux pendant mes quinze années de consultance, m'ayant habitué à travailler à peu près n'importe où, avion, train, hôtel, arrêt de bus voire taxi ou automobile en stationnement...
Fin 1960, je m'éclipsai subrepticement de l'École pendant trois jours pour repasser en candidat libre le concours d'entrée aux Écoles des Mines. Alors que j'avais été admissible les deux années précédentes, je n'atteignis point cette fois la barre symbolique ouvrant la porte de l'oral. J'en tirai comme leçon que, quelles que soient mémoire et motivation, l'ancrage des connaissances était fragile et qu'il était urgent de réduire le volume des acquis pour se préoccuper de leur niveau de généralité : toute connaissance spécialisée qui n'est pas sollicitée par une activité psycho-motrice et mentale a une courte durée de vie. L'inspecteur des études, qui apprit la chose (mon inscription, pas les conclusions tirées), eût la gentillesse ne ne pas trop m'en tenir rigueur.
Début 1961, je fus élu président de l'association des élèves. L'École était coupée en deux, les étudiants de première année étant partis à Toulouse investir des locaux autonomes et expérimenter un genre de vie plus collectif , et ceux de seconde et troisième année étant restés à Paris à l'ombre tutélaire de l'ENSA, alias SupAéro, dont le logo ornait nos cours polycopiés par le SÉDOCAR. Deux obédiences rivales, l'UGE et la FNAGE, se partageaient les faveurs des trois promotions ; j'eus bien du mal à faire envisager le principe de la double appartenance. Ceci me valut des AG un peu houleuses (bonne préparation aux réunions en Préfecture...) et quelques caricatures dont j'ai conservé copie, mettant en relief mon autoritarisme (pour ceux qui étaient nettement en désaccord) et mon charisme (pour ceux qui étaient plutôt d'accord).
La nécessité de présenter à la direction de l'École les demandes des élèves-ingénieurs, peu homogènes du fait de la cohabitation dans le même cursus d'ingénieurs militaires salariés pour qui le moindre examen intermédiaire laissait des traces indélébiles dans le dossier de carrière, et d'ingénieurs civils qui, du plus authentiquement prolo au plus sympathiquement bobo, avaient d'autres soucis et une autre vision du monde, me valut, car je me sentais libre d'opinion et persévérant dans l'argumentation, une note de discipline assez basse, très basse, et quelques petites représailles de la part de certains enseignants. Bref, j'appris expérimentalement, avant même d'entrer dans l'industrie active :
- la pratique du juste-à-temps en même temps que celle du juste-assez ;
- le risque qu'il y a à exercer une fonction représentative, ou
même à donner son point de vue sur le fonctionnement d'une institution
en suggérant des améliorations visant à plus d'équité
Pendant ma troisième année, jugeant que la formation au métier d'ingénieur telle que structurée par le programme de la plupart des écoles avait des manques qui risquaient d'engendrer des incompétences, je fis ce qu'il faut pour m'entrainer :
- au droit, en m'inscrivant comme auditeur libre à l’Institut de Droit Appliqué, dont l'enseignement en droit fondamental et économique n'impliquait que trois soirées de cours par semaine ;
- à
l'anglais, seule langue vivante que j'eus jamais apprise (vers 1949
la langue allemande était victime d'un fort handicap), pratiquée de manière
autodidacte, Assimil d'un côté et lecture de romans policiers et livres de science-fiction, voire de science-vérité ( Enrico Fermi, Linus Pauling, Hans
Reichenbach
[5]...) de l'autre ;
- au management et à la négociation, par le biais de l'association des élèves, et aussi de prises de responsabilité plus sereines au sein du mouvement Scouts-De-France et de l'ordre des Compagnons Bâtisseurs ;
- à la communication écrite et orale, en poursuivant mes travaux
d'écriture publiée, en coanimant le Ciné-Club-Chellois, en participant
comme administrateur au projet de préfiguration et d'ouverture de la M
J C de Chelles, et en créant et faisant paraître le journal des Élèves
de l'ENICA, périodique au nom transparent,
le ptérodactyle
[10], où je signais quelques mot du zident
[9 img ] ;
- à la réflexion humaniste et aux liens entre action quotidienne
et principes éthiques, en m'engageant plus avant dans le cadre exigeant mais stimulant du
mouvement Vie Nouvelle et des clubs Citoyens 60 d'André Cruiziat et René Jacques ; en passant du rôle de vendeur d'agendas à celui de stimulateur de réflexion sur le politique.
Je sortis de l'ENICA le vendredi 2 juin 1962, vers 15 h 30 et entrai à Nord-Aviation, Établissement de Chatillon-Sous-Bagneux, comme ingénieur de calcul au bureau ETN/C, en stage de préemploi, cadre position I, le lundi 4 juin suivant suivant à 8 h 00.
Le diplôme N° 135 me fut délivré par arrêté du Ministre des Armées, daté du 28 juin 1962 et publié au Journal Officiel de la République Française du 18 juillet 1992, page 7065.
Les rencontres
En 1960, je rencontrai au Centre Richelieu, place de la Sorbonne, le Père Lustiger, alors aumônier des talas du quartier latin. Il eut le destin que l'on sait. C'est sous sa direction que j'effectuai un de mes deux pélerinages pédestres à Notre-Dame de Chartres, dans la mémoire de Charles Péguy dont Michel Bouts m'avait fait antérieurement découvrir l'écriture, peut-être parce que, comme je ne le découvris que beaucoup plus tard, il avait lui-même en 1938 publié dans les cahiers de la quinzaine. Je retrouvai Aaron Jean-Marie Lustiger trente et un ans plus tard, quand il donna à ma dernière fille le sacrement de confirmation.
Courant 1961, j'entretins pendant quelques mois une correspondance avec le métapoète Altagör [de mémoire, le o final n'était pas un ö ; il relevait d'un graphisme dont je n'ai pas trouvé l'équivalent ASCII,et qui dans la logique du å serait "&oring;" ] ,alias André Vernier, domicilié rue Valette, dont j'avais lu boulevard Saint-Michel une invitation à échanges de textes collée sur un tuyau de descente de gouttière, à l'époque lieu de rendez-vous des petits papillons confidentiels parlant de tout et de m'importe quoi, plus des offres de leçons à domicile et des recherches de chambres meublées...
[1] Je m’étais fait offrir les ouvrages du regretté Marcel Boll et en avais tiré profit.
[2] Passé, pour ses principales épreuves, et pour ce qui est du concours commun des Mines, un 14 juillet…
[3] Voir le livre Les vainqueurs de l'air du comte Henry de la Vaulx
[4] Voir les livres de Jules Verne : voyage au centre de la terre et ...tiens, quel pourrait être l'autre ?
[5]
The philosophy of SPACE & TIME
, chez Dover. Traduit en anglais par Maria Reichenbach, Los Angeles juillet 1956 ; introduction de Rudolph Carnap. Berlin octobre 1927
Acheté rue Soufflot le 7 décembre 1959. Relu après le 6 février 1961,
comme l'atteste un onglet découpé dans une enveloppe de lettre postée à
Lagny (Seine et Marne) ce jour, portant une annotation personnelle sur
la dérivée de P (-1/2), glissée page 172/173...Les principes ici développés ont été repris dans un livre de Science-Fiction de Fred Hoyle, la cinquième planète
Le journal le monde daté du 27 janvier 2009, a publié sous le titre jospin (oussou) et les taupins, un papier de Raphaëlle Bacqué, en fait consacré à la fondation Odon Vallet, où je lis :
Au sein des classes préparatoires – les "taupes" – du prestigieux Lycée Louis-le-Grand,..., le jeune taupin a rapidement compris qu'il était loin d'être le seul à aligner de telles performances scolaires.
A noter au passage que le système des classes prépa est souvent attaqué pour ses composantes élitistes – qui se réduisent de fait aux performances scolaires, et doivent peu aux situations professionnelles et sociales des familles, en mettant à part le débat sur les liens entre les dites situations parentales et la scolarité des enfants – et que leur rôle de rapprochement ethnique, culturel et socioprofessionnel est passé sous silence par ses détracteurs.
|
| Texte |
[9 img]
Le mot de décembre 1961, de la politique
|
|
Certes, c'est en janvier 1962 seulement que parût l'album le piège diabolique, orné en couverture, et page 12, sur trois cases, de ptéranodons. Mais le pilote de cet épisode de la saga Mortimer-Olrik-Blake (épisode pendant lequel le contrat d'Olrik avait d'ailleurs dû être en cours de renégociation, d'où son absence) avait été publié dans tintin le 22 septembre 1960... Le ptérodactyle, lui, est réputé pour, à l'image de la chauve-souris, l'aéronef de Clément Ader, ne pas avoir de plumes. Proclamer l'absence de plume dans un journal des élèves de l'ENICA semblait un plaisant paradoxe. |

