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Logo du papier à lettre 1964 |
Compagnie des Freins et
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George Westinghouse, Jr |
J'avais connu cette entreprise avant même d'y être embauché. Un de mes oncles, J*** S***, y avait en effet travaillé, ingénieur électricien, avant et pendant la guerre de 39-45. Ses activités professionnelles avaient laissé des traces dans l'annexe de l'atelier de menuiserie où mon père s'adonnait à ses loisirs de photographe et de radio-amateur [1] . Cette annexe, dont je pris à titre personnel possession pendant l'été 1956, contenait de nombreuses épaves datant d'avant 1938, date à laquelle mon père, ayant pris la responsabilité de l'entreprise familiale, avait cessé de s'y livrer à ses loisirs technologiques. En particulier, des relais électromécaniques et des condensateurs secs Westinghouse avec lesquels je m'ingéniais à fabriquer quelques circuits logiques ainsi qu'un redresseur de type oxymetal, pièce maîtresse de l'alimentation en courant continu que j'utilisai comme source de courant pour ma première tentative – réussie – de réalisation d'un récepteur radio à transistron [5] en 1955. |
L'histoire
Le brevet original de George Westinghouse sur l'emploi de l'air comprimé pour le freinage ferroviaire est déposé le 9 septembre 1870. En 1873, il met au point l'organe de commande nommé triple valve. Ses dispositifs sont introduits en France en 1877, et généralisent à partir de 1880. Douze ans plus tard, en 1892 – ou en 1891, selon le site de la ville de Sevran –, une usine est implantée à Sevran, au lieu-dit Freinville, par la société des Freins et Signaux Westinghouse pour y exploiter ses brevets. Elle y fonctionnera plus d'un siècle.Le site de Freinville
En 1899-1904
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Carte postale trouvée sous deux références proches : Sevran (S.-&-O.) - Usine de Freinville ; Imprimerie G Lespérance à Livry. Partie de Livry le 13 janvier 1904, arrivée à Givet le 15 (J+2 !). Texte : ...Je me porte très bien et j'ai recommencé à travailler le 4 janvier...Carte "nuage" pouvant être classée dans les précurseurs. La prise de vues pourrait remonter à 1899. La même (voir ci-joint) avec partie basse plus détaillée, mais reproduite depuis le même cliché, appelant la correspondance au verso. |
En 1913
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En 1933
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Illustration de la page 3 du livret freinage westinghouse. Ce livret est consacré aux équipements de freinage pour véhicules et ensembles routiers et industriels, et tramways. Imprimé par Draeger pour le compte de Westinghouse, 23, rue d'Athènes à Paris. Tél TRI 09-60. Usine et Station-service à Freinville-Sevran. Vue d'ensemble, probablement selon photo aérienne, du site. Sur la voie ferrée, au premier plan, une loco vapeur et son convoi. La cheminée principale, qui participe au concours de fumées, n'a été abattue que vers 1970. |
En 1968
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Carte postale des éditions "de luxe ESTEL", 84 rue Lecourbe, Paris XV, référence 29415. Légendée : Sevran-Freinville, Usine Westinghouse. Postée Avenue de Wagram le 7 août 1968, timbrée à 30 centimes. A gauche, le bâtiment dit de la Direction A droite, sous les arbres, après les voitures en stationnement, l'entrée du café à l'enseigne de Les Freins, bien connu à cette époque des employés de l'entreprise, quel qu'ait été leur grade... Sur le parking sous les arbres, dauphine Renault, dyna Panhard, 2CV Citroën, P60 Simca... En 1968, du 20 mai au 7 juin, l'entreprise connut comme des milliers d'autres son épisode de contestation des usages. Il en sortit une nouvelle manière d'y travailler. |
Mai 1968
Ce paragraphe n'a de sens ici que parce qu'en mai 1968 je travaillais dans cette entreprise. L'aperçu qu'il donne n'a valeur que de témoignage personnel, partial et partiel. En effet, engagé dans certaines des actions locales et pas dans d'autres, je ne peux garantir l'objectivité, ni l'exhaustivité des informations ici résumées.Un journal des événements a été partiellement mis en ligne sur le blogue associé à ce site. Il sera complété à mesure que le classeur d'archives que j'ai conservé sera relu et dépouillé...
◄ ► vendredi 22 mars – A Freinville, rien de nouveau ; personne n'en a même rien su.
◄ ► dimanche 19 mai – Il ne s'est toujours rien passé ; Paris n'est pourtant qu'à quatre lieues...
◄ ► lundi 20 mai – En dix minutes, l'établissement s'arrête ; début des discussions horizontales
◄ ► mardi 21 mai – Début des discussions verticales ; changement climatique total
Quelques produits caractéristiques
Les installations techniques et industrielles
La baleine...
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L'une des salles d'essais les plus spectaculaires de l'activité de freinage ferroviaire était un banc de simulation reconstituant les conditions de fonctionnement d'une rame de vingt-cinq voitures ou de cinquante wagons. Outre le poste de commande de la loc, ce banc permettait l'installation des organes de freinage spécifiques aux voitures ou wagons tractés ; les longueurs "normales" des conduites y étaient respectées, pour tenir compte de l'effet de la vitesse de propagation de l'onde de décompression ou de recompression. Pour diminuer l'encombrement, ces conduites étaient enroulées en solénoïde, et la ressemblance avec la cage thoracique d'un cétacé de grande taille avait conduit à baptiser cet équipement du nom évocateur de la baleine. |
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La Baleine, vue d'un coin de la salle et côté du pupitre de commande : au centre, le robinet de mécanicien ; sur le panneau, les manomètres indiquant la pression en divers points caractéristiques du circuit de freinage. Cliché postérieur à 1966. [6] |
La Baleine, regardée de face, mais dans sa configuration d'origine, soit avant 1900. Le double enroulement de la conduite générale est bien visible. |
En juin 2008, quarante ans plus tard, la Baleine a été démontée, ferraillée, scrapée [7]...La galerie seule subsiste.J'ai récupéré au sol un tout petit élément de l'installation, un modeste joint plat d'étanchété.
Genèse, métamorphoses, dispersion, extinction...
Texte
Le 4 juin 2008 j'ai visité le site, réputé désaffecté et signalé comme destiné à accueillir sur 7,5 Ha un projet municipal, Eurotel, l'hôtel de l'entreprise et de l'artisanat...
Une fois franchie la barrière immatérielle de l'interdiction de pénétrer, et repéré le cheminement usuel des zonards locaux, j'ai pu arpenter les cours peuplées de débris, m'aventurer dans les ateliers affectés désormais, selon les déductions suggérées par des traces très reconnaissables, à d'autres occupations que celles pour lesquelles ils avaient été érigés, explorer les halls éventrés et les bâtiments dézingués aux cloisons défoncées et aux toitures désarticulées.
J'ai pris le risque de visiter certaines constructions en montant aux étages ; il me fallut parfois consulter ma carte-mémoire mentale pour m'orienter en ces lieux vides que j'avais connus pleins, où les débris de charpente remplaçaient le mobilier, les graffitis les panneaux d'affichage, les plantes de terrain vague les armoires, les établis, les planches à dessin.
De la cinquantaine de clichés réalisés, j'en ai retenu six ici présentés pour donner idée de ce que peut devenir une usine désusinée...Il s'agit de lieux où j'ai passé du temps à rêver et désigner un monde que j'espérais meilleur, à la fois en matière de technologies au service de l'homme et de lien social au sein du magma des travailleurs.
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Cet atelier était à mon époque peuplé de tours et de fraiseuses ; j'y effectuai un stage pratique lors de mon parcours d'intégration, pendant l'hiver 64-65 – décolletage de rondelles en bronze : l'airain des poètes graisse les outils... |
Ce bâtiment abritait en 1966 la direction technique de l'activité Signalisation.La fenêtre du bureau de J***L***, chargé en avril de réorganiser cette direction, était au 1° étage à gauche. |
Ce mur de brique était la façade intérieure de l'atelier dit groupe 1. Au rez-de-chaussée logeait le Bureau des Méthodes. La fenêtre de droite, au 1° étage, était celle du bureau de J***-P*** L***, un de mes complices en mobilisation des mentalités. |
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Ce vaste bureau d'études accueillait une cinquantaine d'ingénieurs, de projeteurs et de dessinateurs, qui travaillaient à la planche par rangées de six. Des planches fabriquées chez Sautereau, en Picardie... |
Cette zone du bâtiment technique était en 1964 occupée par le bureau du chef du Service des Essais, J***L***. En avril 1966, il devint le mien, et ce jusque mi- 1967. |
Cette pièce, intégrée dans le local de La Baleine, servait de bureau aux ingénieurs d'essai des matériels ferroviaires. J'en fus un des occupants d'octobre 1964 à mars 1966. |
[1]
il opérait sous l'identification F8DF, alors que J***S*** se dissimulait, lui, sous l'immatriculation F8CW.
[2] José Lévy. Ingénieur Supélec promo 1950. ° en 1929. Entré à la CFSW en 1959, l'a quittée le 22 octobre 1984 pour ouvrir son propre cabinet de consultant-expert en matière d'accidents ferroviaires et de la circulation. † le 23 mai 1997.
[3] Jean Alphonse Rignault. Ingénieur Supaéro promotion 1933 – la même que Constantin Rozanoff – .° le 30 juillet 1908 à Paris. Service Militaire en 1934 comme sous-lieutenant à la BA 111 – à l'époque, Metz-Frescaty, ou servit le caporal Jean Mermoz ; rebaptisée BAO 128 en 1955 –.
Mentionné comme cadre à la société DF (?) en 1937, cadre à la Société de Verrerie Fourcade (?) en 1948, Directeur commercial chez Salmson en 1950, ingénieur à l'ONERA en 1955, Directeur Technique de la division Air Comprimé et Signalisation de la CFSW à partir de 1964...
Je n'ai pu reconstituer la suite de sa carrière, probablement un départ en retraite lors de son départ de la CFSW en 1971, à 63 ans. † le 26 juillet 1993.
[4]
Ce rôle est détaillé dans la rubrique mai soixante-huit du blogue.
L'histoire de ces prises de position est esquissée dans certains
paragraphes
consacrés à mon activité à la C F S W entre 1964 et 1972, et en particulier dans ceux où je parle de mes relations avec Henri-Jacques Potet, à l'époque Directeur Industriel, puis Directeur Général de l'entreprise.
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Le transistron se présentait sous la forme d'un cylindre noir, d'environ 8mm de diamètre et de même hauteur, d'où sortaient trois pattes à souder de 3 cm de longueur. Je l'avais acheté sur recommandation de mon père dans un magasin parisien, aujourd'hui disparu, d'articles pour radio amateurs, boulevard Saint-Germain, Au pigeon voyageur. Un échange de courriels avec Claude Paillard {F2FO} permet de préciser que : l'adresse [de Au Pigeon Voyageur]est bien au 211 dans les années vingt...Ensuite le magasin était au 252 bis (date de transfert inconnue), et les dirigeants MM Letellier et Moutailler. J'ignorais à l'époque que c'était dans l'établissement de Freinville-Sevran qu'Hubert Mataré avait mis au point la ligne de production du transistor "français", le transistron... |
[6]
C'est en effet en 1966 que commença, sous ma direction, la construction par mon collaborateur A*** G*** des établis d'essais standard dont un spécimen figure au premier plan. L'idée initiale était de J*** L***, du temps où il était chef du Service Essais, et faisait partie du leg qu'il m'avait laissé lorsqu'au printemps 1966, losque je repris une partie de ses activités, les méthodes et moyens de mesure et d'essai.
Le trait vertical au milieu de l'image est une pliure du document source.
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Le macrocosme après Armageddon et l'apparition du septième tag |
Débris du microcosme, trou noir, joint sans jonction... |

