La vache orange

quelques témoignages



Revue de presse

► Parue aux éditions du Père Castor en 1943, la vache orange  créée par Nathan Hale  (pour le scénario et le texte NDLR) et Lucile Butel (pour les illustrations NDLR) ignorait qu'elle allait prendre la tête d'un immense troupeau de bovins qui parcourent toutes les époques de la littérature de jeunesse.
Le plus amusant, c'est que l'alerte sexagénaire va de réédition en réédition (chez Père Castor-Flammarion aujourd'hui, parfois hélas en version abrégée) avec un succès constant auprès des enfants qui apprécient toujours autant sa fraîcheur et son humour. Cette vache gourmande recueillie par un renard compatissant a toujours le même pouvoir de séduction, surtout quand elle se montre une malade alitée et capricieuse.

Article de Lucie Cauwe dans Le Soir du vendredi 20 juin 2003 © Rossel et Cie SA, Le Soir en ligne, Bruxelles, 2002

Témoignages personnels

Dominique Brisson nous livre quelques réflexions, sous le titre scènes de lit au Père Castor, sur des images publiées dans ces albums et qui lui ont laissé impression. Dans la vache orange, c'est l'épisode de la dévoration de la paillasse. Quel enfant d'aujourd'hui a déjà dormi sur une paillasse, et sait par ailleurs que les vaches mangent du foin ?


Jean-Pierre Desthuilliers cite ce livre comme un des premiers dont il se souvient, une fois achevé son premier apprentissage de la lecture.

►Sur le site de vente en ligne Amazon, cinq ( non, sept à ce jour, 22 octobre 2010...) acheteurs-lecteurs ont laissé depuis 2005 leurs commentaires en ligne, en référence au scénario, à leur métier d'enseignant ou même à leur propre enfance.

►Sur le blogue de Valérie Pineau-Valenciennes

je n'ai pas pu laisser sur votre site mon témoignage, car je n'ai pas trouvé d'entrées pour le faire. Donc je m'y colle ici.
Témoignage
Vache orange ; un des premiers émois de lecture, un balbutiement, une initiation à cette difficile gymnastique mentale, quoi qu'en pensent nos professeurs (oui, apprendre à lire est laborieux mais c'est faisable). La vache orange m'est apparue comme une lourdaude gentille mais très sans gêne. Pas un merci pour le renard, pourtant aussi bien élevé qu'attentionné.
J'ai retenu l'exquise politesse de la bête soi-disant rusée et peu fiable (merci La Fontaine) et j'ai rêvé, après cette lecture, pouvoir posséder un renard. c'est curieux mais je n'ai jamais beaucoup aimé les vaches (et je suis persuadée que le livre y est pour beaucoup). La couleur aussi, la couleur de la vache, inversée avec celle du renard :
maman, une vache n'est jamais orange ! elle est noiraude ! c'est le renard  qui l'est !"  - ma chérie, c'est un conte !... je me souviens que j'étais furieuse qu'elle mange la paillasse de son hôte. Et puis je trouvais à la fin que la récompense du fermier était un peu chiche : il aurait pu inviter le renard à sa table, nom d'un goupil (je ne comprenais pas la valeur des sous). Je plaignais aussi le renard de devoir porter la grosse vache sur son dos. Elle était cependant attachante quand elle tirait sa langue verte...
 La vache était très
fille, le renard, très garçon dans ma petite cervelle d'oisillonne.
Je crois que j'ai restitué toutes mes émotions enfantines...


La vache orange, 67 ans plus tard...

Le 22 octobre 2010, j'ai reçu au courrier la carte que je reproduis ici. Je remercie l'aquarelliste pour son interprétation à la fois onirique et réaliste du lien affectif et mémoriel qui est le mien avec cette héroïne de mon enfance.

 Cette carte reprend en les structurant de manière énonciative (en plus simple : cette image raconte une histoire...qui n'est pas celle de la vache orange, mais une histoire à propos de l'histoire de la vache orange... ) quelques uns des signes caractéristiques de l'iconographie de l'édition actuelle.

♦ La voie ferrée de la page 14, tracée en forme de voie lactée et non plus de galaxie spirale, et dont les traverses traversent le ciel

♦ Le renard et la vache en contact physique, mais dans une position quatre fois inversée de celle de la scène surréaliste de la page 3 : non seulement cette fois la vache porte le renard, mais encore ils ne sont plus dos-à-dos, de plus ils regardent l'ouest et non plus vers  l'est, et enfin ils sont figurés non en mode fausse-symétrie tête pour tête, corps pour corps et queue pour queue, mais en mode homothétie de rapport 2

♦ la barrière de la page 2, traitée avec les matériaux de celle de la page 23, donc sans barbelés

♦ le plateau de la page 12, où s'est installée la bouteille de vin blanc - de forme plus alsacienne que champenoise - accompagnant le plat de mûres

♦ la terre rotonde dont la courbure donne par effet de perspective aux autres éléments des proportions gigantesques, et dont la couleur est étrangère à la palette de l'illustratrice de cette édition, tout comme à celle de la précédente