Le Cap 00

Quoi ? Encore d'autres, et qui seraient les mêmes ?

Une revue de moins, plus une revue de plus, qu'est-ce que ça change ? Encore de l'écriture, de la poécriture...    
Qui, sauf vous et nous peut-être, en a prouvé, en prouve, en éprouve le besoin ?
Personne.
Sauf ceux qui continuent d'écrire, et ne sont guère lus, guère entendus, décorés par le silence.
Ceux-là, celles-là n'ont toujours guère envie de s'immatriculer au registre du commerce poétique : métier de patience, métier d'en attente, métier sans patente.
Mais, si leurs contes ne méritent découvert, leur découverte n'est point mécompte.
La plupart d'entre eux construisent, confrérie, guilde ou université, une rencontre.

Si cette rencontre, cette Jointée, aligne ses textes ses poèmes ses essais en rang contre l'armée des mots du discours utilitaire, c'est qu'elle est désir d'attendre, plaisir de surprendre, loisir d'entendre.
Il n'est question ni de modifier le discours, ni de déstabiliser le langage, ni d’interpréter autrement l'écriture.

Modestement, écoute, accueil, appel.

Écrivant librement, nous voulons attester la liberté d'écrire

La personne est première : elle engendre les mots et les silences, met les émotions en balance, rassemble les gémeaux en leur ressemblance ; écrire est délirer.
La personne est première : elle hésite, rature, se trompe, contourne son erreur et s'interroge encore ; écrire est dériver.
la personne est première : elle invente. de situation en situation, le méticuleux et raisonné hasard des associations ; écrire est dénommer.

Écrivant librement, nous détruirons la rumeur des robots, l'ordre des ordinateurs, la marche des machines.

Cette revue se veut rêve et vue, ouverture et révolte, aventure et vertu



Cette revue demeure indifférente aux valeurs absolues, que des modes commodes dévalorisent absolument.
Cette revue affirme que la poésie, née des noces du son et du sens, use, sans les user, des noms les plus communs pour dire nos plus singuliers destins.
Cette revue ne connaît pas ses limites : que votre contribution les dépasse !

Elle surgit des cendres d'une aînée, perpétuant le crime mythologique de la re-naissance et accomplissant une prédiction numérique-ment centenaire.
Elle change de nom et de visage, mais conserve frauduleusement son identité et ses empreintes.
Elle continue d'expliquer un métier d'artisans, à travers leur oeuvre, à travers toute œuvre publiée.
Elle s'obstine à réfuter la valeur des modèles, à désirer l’originalité de chaque expérience.

Quoi ? Peu de théorie, peu d'a priori, peu de parti pris ?
Quoi ? Des paroles banales pour parler poésie ?
Et si c'était ça, manifestement, notre souci !