Le fond du fond, ou la genèse individuelle de l’éternité.

Si je regarde en arrière, dédouané de la crainte de me figer en statue saline, je retrouve sur le mur de séparation la fresque précédente :

 


Me voilà né nu sous le soleil irradiant des mots, rayons de miel de la parole.
Sans résister je m’abandonne au feu de l’imagination.
J’ouvre ma porte intérieure au jaillissement des archétypes.
Tous les cycles de l’histoire, nourris par le mouvement des astres et les épopées des hommes, me redisent à mots changeants la même aventure.
Je traverse en silence le sens immédiat des phrases en acceptant de ne pas tout comprendre pour acquérir le secret qu’elles recèlent.
Poète, artiste en vocables, j’acquiers la douce et lumineuse maîtrise des sons et des lettres, réceptacles et matrices du souffle.
Transfiguré, richement appauvri, me voici enfin marchant vers ma mort éternelle, ayant connu, partagé, recréé la solitude primordiale de l’être.

 

 

Marc Alyn met en scène, en actes, en vers, une trinité hérétique :

 


A Je, le poète
médiateur

B dieu, créateur                                                                            C le monde et ses
et vorace                                                                                         éléments.

 

 

 

Au centre du triangle, le passage-vortex, le pertuis, la mort comme changement d’état et non pas disparition (arcane sans nom, défi pour l’architecte en mots…).
La médi(t)ation est assurée par l’expression poétique :
-dissoudre/sublimer les mots usuels pour les
-coaguler/cristalliser en vocables nouveaux.
Le haut et le bas ainsi l’espace d’un texte communiquent, l’homme a les yeux ouverts par et vers le Zénith.

 


Par le soupirail-oeil du monde, le poète prisonnier lit dans le ciel les traces de dieu.

le poète appelle dieu par ses noms et le met au monde, dé-livré, en écrivant l’imprononçable.

dieu engendre le monde, et le poète qu’il y fait prisonnier sur parole.

Et ainsi le cycle des mots-faits est à la fois clos et infini.
Et ce cycle est propre à chacun.

 

 

Marc Alyn, la parole et le destin

Je remercie en premier lieu Marc Alyn de m’avoir encouragé dans cette étude, dont le but n’est pas, je le répète, de substituer à l’émotion que provoque la rencontre avec les mots l’écriture abstraite de l’équation de propagation des ondes que ce choc peut créer.
Je remercie aussi Marc Alyn d’avoir extrait le miel de l’abîme : non seulement il nourrit l’ellipse soyeuse des abeilles, mais aussi les yeux et les oreilles de qui l’a lu et écouté.
Je vous souhaite, chère lectrice, cher lecteur, de prendre vous aussi plaisir à goûter l’eau fraîche et le verbe ombrageux qu’il nous offre.