En mer avec Henri Landier, de Dominique Le Brun
Le second métier d'Henri Landier
Les lecteurs d’adamantane.net, tous comme ceux de
jointure connaissent Henri Landier, peintre et graveur.
Sur ce site, certains liens et certaines pages lui
sont dédiés. Dans
jointure, outre sa place en Proue –destin normal pour un
marin ?- de notre numéro 63, donné des informations et publié des analyses
au sujet de son œuvre.
Dominique Le Brun, spécialiste des affaires marines et maritimes, vient de lui consacrer
aux éditions omnibus
un ouvrage de facture inattendue.
Henri Landier, en effet, fût pendant plusieurs années, de 1954 à 1958, pilotin,
puis officier de marine, navigant « au commerce », avant de décider
de se recentrer, encouragé par Pierre Mac Orlan, et d’autres, à sa vocation
première, et ce sans jamais l’avoir délaissée.
Je dis de facture inattendue, puisque c’est Henri Landier navigateur qui est ici
présenté, et que le travail de l’auteur, pour moi, vise à montrer les synergies
entre deux de ses trois métiers :
- le voyageur
- le voyant.
Le troisième serait le chef d’entreprise, sur lequel il serait intéressant de travailler pour
prouver, prenant à contre-pied certaines thèses utilitaristes, à quel point un
artiste a sa place entière et utile dans une communauté d’économie durable et de
développement solidaire.
Pour qui veut mieux comprendre la place tenue par les élémentaux dans l’œuvre
d’Henri Landier, bien mise en évidence dans le cédérom
henri handier, ou la cohérence
d’une œuvre,
- l’air qui anime les formes de son souffle,
- la terre qui ondule comme vagues déferlantes,
- le feu qui transperce et transfigure les regards illuminés,
- l’eau enfin qui simultanément use la réalité et en suscite les contours,
la lecture de ce livre est une source de connaissance irremplaçable.
La connivence amicale établie entre Dominique Le Brun et Henri Landier, la
complémentarité de leurs points de vue, la chaleur humaine qui se dégage de ce
concerto graphique que quatre instruments élaborent
:
- les confidences de l'artiste,
- les interrogations et apports techniques de l'écrivain,
- les reproductions documentaires illustrant la vie quotidienne et la logistique à bord des navires de commerce d’il y a cinquante ans,
- les œuvres d’époque de Landier, pour la plupart inédites, et retrouvées au fond des greniers de l’Atelier,
nous proposent un double voyage, en Mer et avec Henri Landier.
Embarque, lecteur…Visite l’Intérieur de la Mer, et Cap sur l’étoile invisible !
En pratique
Dominique Le Brun, en mer avec henri landier, aux éditions Omnibus, Paris, mars
2004 ; 216 pages, contenant 200 reproductions d’œuvres en couleur. Prix public : 27 €
En vente à l’Atelier d’Art Lepic, par téléphone au 01 46 06 90 74 ou sur le site de l'atelier , et dans
toutes les bonnes librairies.
Entre Montmartre et l'océan, la bohème misérable et les années de "pilotin", la première partie suit pas à pas le peintre et graveur Henri Landier auquel Dominique Le Brun consacre un livre.
La mer comme apprentissage, rude, la mer et ses maux, ses terreurs (avant la vague d'automatisation)... Et il est même question de philosophie, avec Spinoza comme vigie de bord, pour prendre la mesure du bateau comme élément du tout divin. "Ce qui m'a intéressé en mer" dit Landier en forme de bilan, "c'est ce contact avec les éléments, avec la nature".

