varia - 2
Trop d’ordre, c’est du désordre...
Si vous en avez assez de ne plus rien retrouver, arrêtez de faire
face à cette difficulté en mettant encore plus d’ordre.
Autorisez-vous à désirer des zones de non-ordre, c’est-à-dire des endroits où
seule une logique minimale sert de fil directeur. L’excès de
critères de rangement rend le rangement illisible.
Même si un classement se doit d’être très bon, il ne sera jamais parfait. Les
dispositions qu’il faudrait prendre pour améliorer indéfiniment un classement
deviendraient déraisonnables, car :
- trop coûteuses dans un premier temps,
- dangereuses pour son bon fonctionnement ensuite.
Trois impasses sont à éviter, qui seraient de vouloir :
-
tout classer : l’issue est la boîte divers
- classer pour l’éternité : les issues sont l’archivage, toujours temporaire, ou la destruction, parfois définitive
- imaginer une règle de classification accessible à tous : l’issue est l’opérateur humain, même s’il se dissimule derrière un algorithme
Les zones de liberté sont là pour compenser le fait qu’on ne saurait tout
prévoir, et surtout mémoriser dans le détail en matière de rangement. Comme
l’aurait dit un consul français [1]
les grands
pouvoirs meurent d’indigestion.
Les grandes organisations aussi.
Des exemples de zone de liberté sont :
- le dossier « divers » des documentations,
- le fichier « autres » des carnets d'adresse,
- la boîte « fouillis » des tiroirs du bas,
- le pichet de «ripopée» [2] des arrière-zincs de bistrot
- la rubrique « varia 2 » de cette section du site, ainsi que la section « Varia 1» du chapitre Écriture grise.
[1]
Napoléon
Bonaparte (le Corse paranoïaque, responsable de la mauvaise réputation
de la France en Europe et qui finirait aujourd'hui devant le T P I, pas Bony
l'Australien, le Sherlock Holmes du bush...).
[2]
Mon ami et poète Michel Martin de Villemer
vient de remettre en scène ce vocable un peu oublié des consommateurs
(mais, au fond, qu'est-ce qu'un vin «en provenance de divers pays de la
communauté européenne» ? ), en publiant, aux éditions ARCAM, ripopée...Livre dont je parlerai ailleurs, tant il m'a touché.

