le cristal opaque

l'arbre parole

Cet ouvrage est épuisé à la fois chez l'éditeur et chez l'auteur. Il est rarissime chez les bouquinistes.
D'après le contrat d'édition, le prix public était fixé à 24 F, et les droits d'auteur établis au niveau de 40 % de ce prix, soit 14,40 F.

Aussi a-t-il été publié, sous licence Art Libre, sur le site de l'association Culture Libre, avec une introduction, mais sans ses illustrations.

L'édition révisée ici mise en ligne est elle aussi, mais à l'exclusion formelle des illustrations,  explicitement sous licence Art Libre






Un titre végétal

L’arbre parole a été publié aux éditions José Millas-Martin [3], dans la collection Grand Fond, à Paris au 3° trimestre 1979. Il a été fabriqué à l'imprimerie spéciale des Paragraphes Littéraires de Paris.
José Milas-Martin tenait boutique éditoriale au 14, rue Le Bua, Paris XX°. Téléphone PYRénées 68 76.

Il a été tiré à part 30 exemplaires numérotés de 1 à 30 constituant l'édition originale.
J'utilise l'exemplaire n° 9, et comme marque page une carte de Serge Wellens, représentant l'icone de la mère de dieu, et sur laquelle il m'a tracé ces lignes :

Cher Poète,
merci d'avoir pensé à m'envoyer votre recueil. Parole d'arbre, c'est de la belle et bonne poésie que cet Arbre Parole ! En particulier je suis sensible à votre travail sur le langage, à la rigueur d'une maîtrise qui n'oblitère en rien la liberté. Et puis Dammartin-en-Goële, Crécy-la-Chapelle, Sevran, Chelles, sont les lieux de mon enfance. J'y suis chez moi. Merci encore.


Le livre, format 13 1/2 x 19 est orné en couverture et aux pages 7, 14, 27 et 41 [1] de cinq dessins au trait d’Odile Damon-Leclerc. Il est sous-titré POEMES
La couverture est noire, titre en rouge, sur fond blanc..
Il contient :

Son titre a été utilisé ailleurs, mais dans d'autres registres.
Par exemple, une traduction de poème berbère ou un des noms du rêve de Claude Ponti.

Présentation matérielle du livre sur ce site

Dans un premier temps, la version internette (si c'est un adjectif, pourquoi ne pas l'accorder ?) de l'arbre parole est structurée en rubriques.
Il y aura douze rubrique :
Les rubriques centrales fractionnent le texte par tranches de cinq pages, à l'exception de la première qui en compte dix (du fait des pages de faux-titre et autres) et de la deuxième qui en compte quatre, la page 14 contenant une illustration liée au texte de la page 15, et il convient de ne les pas séparer.

Les illustrations seront ajoutées dans un second temps, ainsi que les liens entre la table des titres et les textes, ce qui permettra une lecture depuis les titres et non plus seulement linéaire et numérologique (dans l'ordre des numéros de page...cette dénomination est utilisée par le journal des débats de l'Assemblée Nationale du Québec ; les organisateurs français parlent plutôt d'ordre numérique).

Signalements

Le mot signalement a été préféré au mot critique. En effet les articles ici répercutés relèvent plus du confraternel « nous avons repéré cette plaquette...» que du professionnel « nous évaluons ainsi cette écriture...». Cette distinction sémantique  ne signifie bien entendu  pas que les auteurs des dits signalements auraient manqué d'esprit critique.

La revue de l'ACILECE

L'arbre parole, de Jean-Pierre Desthuilliers (chez Millas-Martin, collection Grand Fond) nous permet de retrouver l'auteur du Cristal opaque. Á la vérité, nous n'avons jamais cessé de le découvrir depuis un lustre puisqu'aussi bien il passe régulièrement dans notre Revue comme auteur. Nous relevons au passage cette Bouche Barque Balance dont l'écriture avait séduit notre comité de lecture tout particulièrement, et que nous avons publié en inédit.
La plaquette, qui comporte (elle aussi [2]) trois bonnes douzaines de pièces –fort joliment illustrées en néo-impressionnisme par Odile Damon-Leclerc – toutes titrées (elles aussi) est du même lyrisme pur –j'allais dire cristallin – que la première. Un lyrisme où l'image est reine :

Le sommeil ouvre la nuit
Comme un couteau une pomme... 
( La création d'un monde)

Une anémone musicienne
Sous la fenêtre de l'été
Déchire une viole ancienne
Comme un soleil décapité
...  ( Ma bulle grise va crever...)

Blancs chevaux galopant
Aux pistes de l'aurore...
Noirs chevaux tournoyant
Au manège du soir...
( Cavalcades)

Une rare maîtrise en vérité. A signaler un origial index alphabétique qui vaut cent fois mieux qu'une table, et le conseil de « lire ces textes en les disant à voix haute ; comme on mange un fruit, une bouche...avec un mouvement des lèvres...»

Par Charles-Henri Sieffert.
In La revue de l'ACILECE datée septembre-octobre 1979, numéro 81, pages 32 et 33.

A la B N F

Voir la notice bibliographique de  Bn-Opale plus.



La République de Seine et Marne


N° 5789

Lundi 9 juillet 1978

page 6




Quand l'ingénieur se fait poète : L'Arbre Parole, de Jean-Pierre Desthuilliers

Jean-Pierre Desthuilliers a fait en Seine-et-Marne puis à Paris des études à dominante technique et scientifique... il a travaillé plusieurs années dans la construction mécanique à des problèmes de recherche et d'essai et a, à cette occasion déposé des brevets d'invention de dispositifs mécaniques
..., lit-on dans le texte de présentation du recueil de poèmes que ce jeune ingénieur, seine et marnais d'adoption pendant quelque temps, vient de publier.

Ce qui frappe en effet chez Jean-Pierre Desthuilliers, c'est sa liberté d'esprit, son aptitude à faire fonctionner la fiction, qu'il s'agisse de recherche scientifique ou de recherche littéraire : là où il Introduit l'imagination dans la science, naissent les inventions qui lui valent les brevets en question ; là où il applique à la création poétique les éléments d'une méthode expérimentale — notamment par le truchement de combinatoires phonétiques — naissent les poèmes de l'Arbre Parole.

Des mots reviennent, privilégiés, qui suivent un itinéraire imaginaire, jouent de l'écho, s'interpellent, se répondent, se scindent pour finir par se retrouver — science oblige — dans un index alphabétique final qui nous révèle du même coup de quoi est fait le tissu inconscient du poète: Eau, Corps, Mot.
L'Eau (bien que ce mot ne figure qu'à cinq reprises à l'index) et tous ses attributs, y tient lieu de trame. Donnée première, originelle. Le Corps, lui, dans l'esprit du poète, ne serait peut-être que la métaphore de l'Eau, tout comme la Parole serait métaphore du Corps (Bouche ne revient pas moins de treize fois, tout comme Silence...). Entre ces trois éléments se font et se défont de multiples combinaisons qui revêtent les couleurs du kaléidoscope (l'image) comme elles donnent à entendre, par tout un jeu d'assonances, le cri inaugural devenu ici, par la magie du poème, musique.

Un ton original pour renouveler l'expérience symboliste, Pour dire aussi la force du désir, désir du corps et désir de parole, pour dire, comme Valéry, que le poème peut en jouissance changer son absence ...

Et si l'idée d'un mode d'emploi  peut, à première vue, paraître un peu rébarbative et surprendre, il n'en sera plus rien lorsque après la lecture de l'Arbre Parole on aura écouté ce conseil de l'auteur :
On prendra plus de plaisir à lire ces textes en les lisant à voix haute. L'œil seul ne suffit pas à ce contact avec les mots, avec les sons, au delà du sens immédiat, que propose le poème, même lorsqu'il n'y parvient pas. Comme on mange un fruit, une bouche. Avec un mouvement des lèvres. En respectant les poses qu'indique la mise en page, même si elles contredisent la syntaxe apparente .



M.C.C. [4 dév]

L'illustratrice

Odile Damon-Leclerc m'avait confié d'autres dessins. Je les expose ici.


texte gauche


texte centre


texte droite




texte gauche


texte centre


texte droite







[1] Le positionnement initialement envisagé était les progressions à base 7, soit l'arithmétique  [7, 14, 21, 28], soit la géométrique  [7, 14, 28, 56] mais cela n'était pas compatible avec les autres contraintes de mise en page.

[2] Le « elle aussi » a pour origine la continuité contextuelle entre cette note de lecture et la précédente, consacrée aux Réflexions d' Inge Israël.

[3] José Millas-Martin a pris sa retraite éditoriale, et se consacre maintenant à l'écriture. Il avait commencé dès 1961, avec Recto Verso, préfacé par Jean Dubacq, et édité par Guy Chambelland, rien que du beau linge...
Il est aujourd'hui administrateur du Cercle Aliénor. Il m'a dédicacé en novembre 2000 un exemplaire de La barbe à papa en usant astucieusement du faux titre, selon une pratique qui atteste de la virtuosité épistolière du dédicaçant, et en ces termes :

Á Jean-Pierre, frère en poésie, La barbe à papa de notre foire quotidienne ; fraternellement ; José..

Son livre La part du quotidien avait l'objet d'un signalement signé Daniel Sauvalle dans jointure
Comme le monde est petit, et le monde poétique plus petit encore,bien que grand par ailleurs, c'est à José Millas-Martin que Serge Wellens dédiait, en 1967, son recueil méduses...

[4 dév]

Marie-Claire Courcelle était/est aussi membre du comité de lecture de La Sape, revue d'expression poétique.