préfaces

Préfaces, liminaires, et autres prolégomènes et pièces préfatoires

Pour certains, la préface est un des milliers de procédés littéraires ; c’est ainsi que ce type d’écrit est répertorié par les auteurs du CAFé (Cours Autodidactique de Français écrit [1].) D’autres sont plus secs dans leur définition. Enfin il en est qui utilisent les pièces préfatoires comme objet de leurs minutieuses analyses.

Au fait, comment préfacer un site ?

Certains nomment préface la liste des rubriques...
D'autres titrent préface la page d'accueil...
Il y en a même qui utilisent le mot préface pour désigner le mode d'emploi du site...

Une manière de faire passer des messages

Les préfaciers (on parle plus rarement des postfaciers...oubli à réparer ; peut-être sont-ce les mêmes ?) acceptent de lier leur destin, l’espace d’une préface, à celui de leur honorable partenaire. Objectivement, ils ont moins de texte à produire (encore qu’exemples existent de livres dont la préface supplante l’œuvre en volume).

L’histoire littéraire ne manque pas de cas où le message du livre, au sens matériel de support d’information, était plutôt –ou bien est devenu, avec le recul du temps - porté plus par la préface que par l’œuvre objet du titre.
J’ai de l’intérêt pour l’œuvre de Maurice Maeterlinck. J’avoue avoir acheté des livres parce qu’il les avait préfacés. Une piste d’exploration de la littérature mondiale est peut-être :

Si ce livre n’a pas été écrit, je veux bien en écrire la préface…

A noter qu’il est possible, au seul prix d’un pseudonyme, de se préfacer soi-même. Cette manière d’attirer l’attention sur son œuvre, ou de proposer un message qui ne pouvait passer directement par l’œuvre, peut se révéler plus efficace que l’ajout d’une introduction. En effet le lecteur saute souvent le propos liminaire, au prétexte d’entrer d’abord dans le vif du sujet. Puis il referme le livre sans y revenir, s’interrogeant sur ce que sa lecture pourrait maintenant lui apporter [2].

Irez-vous vous-même au bout de cette page ?

Une activité conviviale et stimulante

Préfacer n’est pas une sinécure. La notoriété du préfaceur est rarement suffisante pour que se réalise ce rêve : j’envoie la préface à l’auteur, à lui maintenant de jouer…
Le préfaceur est un illustrateur en mots.
Comme il y avait des peintres en lettres.
Il est le lecteur à qui rien ne doit échapper, ni le fond du fond, ni la forme du fond, ni le fond de la forme, ni même la forme de la forme.

De plus, si le processus de production du livre est normal, il doit faire son travail avant que l’auteur n’ait relu les épreuves et après que le livre ait acquis son contenu et sa présentation définitifs, c'est-à-dire qu’il dispose théoriquement d’un délai négatif pour :

Cet art exigeant a sa propre récompense : l’arrimage entre deux schémas mentaux, un peu comme si un nouveau gène se constituait pour expérimenter une potentialité inédite – si j’ose dire - de la vie littéraire.

De plus, le préfacier bénéficie souvent d’un exemplaire au titre du service de presse.



[1] Faculté des Lettres de l’Université de Montréal

[2] D’où l’intérêt tactique des postliminaires que le lecteur, sur sa lancée, assimile s’il est distrait au dernier chapitre et s’il est averti à une conclusion de la conclusion…