Écrivainerie

[*]

Poeta Pagurus a la créativité du dormeur,
et mute en la chair goûteuse du poème
les décombres morts du langage vulgaire.

Écrivainerie ► .





Travail de poète :
imprimer sa vérité
feuille à feuille chue.

Travail et poésie, antagonistes ou pas ?

faire ou défaire, c'est toujours travailler...


Nicolas Boileau, alias Nicolas Boileau-Despréaux, parlant au nom des classiques, ayant eu la mauvaise bonne idée d'adjurer, en son art poétique l'artiste en poésie de cent fois sur le métier remettre son ouvrage, les modernes et les branchés, pour mieux se démarquer, crient haro sur le baudet qui travaille.

D'autres, plus perspicaces dans leur rélexion, et moins primaires, s'interrogent sur la compatibilité entre la poésie, produit fini fait de mots et qui doit être perçue comme pour le moins et à la fois musicale, lisible, stimulante, harmonieuse, sensible, inattendue, spontanée, et le travail, processus de transformation qui lui se doit de ne point laisser d'empreintes d'effort, de traces d'outil, de traits de construction...

Parler du travail du poète, ou du poète au travail, est donc s'insinuer dans une problématique loin d'être résolue, sous-entendre un débat loin d'être clos.

Silence, le poète travaille ! implorait l'étiquette appendue à la porte de la chambre de, je pense que c'est lui mais n'en suis pas certain,  Max Jacob...lequel dormait d'un sommeil de poète, protégé par l'inviolable injonction à respecter une activité cérébrale doublement sacrée : l'accueil de l'inspiration et la transcription du divin message.

Quant au néomot [1] écrivainerie, il a des résonnances [2] qui méritent d'être signalées....




[1] Remplacer néologisme par un néologisme, quel plaisir...

[2] Voir en particulier ce que Marie Hamsum aurait dit à propos de son écrivain de mari, Knut Hamsum...

[*] Le choix du crabe dormeur, ou tourteau, pour évoquer le poète au travail n'est pas dénué d'arrières pensées.

  • De quoi le cancer pagurus se nourrit-il ?
  • De quelles transformations dangereuses dépend-il pour se développer ?
  • Sur quelles lisières, mi-eau, mi-air vit-il ?
  • N'as-t-il pas une réputation de lenteur inactive – et cependant d'après l'Ifremer des tourteaux bagués se seraient déplacés de 20 km par jour,ce qui est au dessus de la moyenne piétonnière – et de ténacité tranchante ?
  • N'est-il pas d'architecture complexe vu du dessous, et simplissime vu du dessus ?
  • N'est-il pas aussi nommé crabe de lune ?
  • Ses pinces ne sont-elles pas, à l'instar de celles du homard, dissymétriques ?

Merci au Docteur Cédric d'Udekem d'Acoz pour son album de crustacés mis en ligne par le département de Zoologie du Tromsø Museum, University of Tromsø, 9037 Tromsø, Norway