socialiste unifié

<< Contrôler aujourd'hui pour décider demain >>
<< Il faut connaître ce que l'on combat >>


Manifeste du PSU

Le nom même du Parti Socialiste Unifié [3] révèle à la fois la complexité tumultueuse de son histoire, l'ascèse idéologique demandée aux acteurs, et l'une des idées-force qui présida à sa gestation, sa vie et même sa vie après sa vie...
Ce que j'ai compris des thèmes mobilisateurs du PSU avant de m'y engager, ce que j'y ai vécu au sein de ma section et de ma fédération départementale, ce que j'ai retenu de l'action et des déclarations de ses animateurs  avant sa disparation ne m'explique en rien pourquoi le PSU est classé par tant de politologues dans la rubrique extrême gauche des formations politiques identifiées.
Le PSU n'était pas, à ma connaissance , un groupuscule ; il prônait la désobéissance civile et non le terrorisme, combattait le stalinisme, et n'était en rien un mouvement  semi-clandestin coupé du tissus social. En revanche, il se voulait certes plus révolutionnaire que réformiste ; non pas la révolution qui tranche les têtes, et arrache les cœurs mais la révolution qui réclame des changements de paradigmes à l'intérieur des têtes et des cœurs.


Motions sucessives


Prémonitoires contradictions
Prises de conscience
Secrétaire d'une section PSU
Suites, séquelles et traces
Trente cinq ans plus tard
Pour approfondir...

Prémonitoires contradictions politiques


Prise de conscience en entreprise



Secrétaire d'une section PSU



Minutes d'actions isolées





Je pensais avoir rangé cette carte comme marque-page dans mon exemplaire de travail du Manifeste, et ne l'ayant pas retrouvée au printemps 2010, dans la perspective de l'emporter comme signe de reconnaissance aux festivités du cinquantenaire, j'en avais fait mon deuil. En fait,  illustrant le slogan organisateur trop d'ordre, c'est du désordre, je l'ai découverte sans la chercher dans un dossier intitulé sobrement Chelles, en compagnie de quelques cartes de visite...

De mes aventures au sein de la section de Chelles-Vaires, me restent quelques traces écrites, en plus du souvenir de nos réunions, de nos tractages, de nos affichages et des débats en DPF du côté de Bourron-Marlotte.


  • Des éléments de cahier des charges d'un dispositif de co-éducation des enfants en âge de scolarisation, datée du 20 juin 1973. 19 militants et sympathisants, tous pères et ou mères de famille, s'étaient réunis le 18 juin pour en parler

  • Une page de notes sur la notion de contre-pouvoir

  • Un mémo résumant pour mon usage personnel une séance de travail intersections ( Chelles-Vaires et Villeparisis-Mitry ) tenue le 12 octobre 1973, en réaction aux documents image du congrès fédéral du 7 octobre, et formulant des propositions d'organisation de la circulation des informations au sein de la fédération de Seine et Marne

  • Un topo sur les liens entre Art et Action culturelle, résumant des échanges étalés entre le 26 janvier 1972 et le 14 février 1972, et s'achevant par un slogan de synthèse : <<  Nous ne voulons pas être cultivés par autrui, mais nous cultiver avec autrui...>>

Éléments de cahier des charges d'un système de co-éducation


Note sur le contre-pouvoir


Cette note a été rédigée au moment où je contribuais à la formalisation d'une réflexion sur l'autonomie. Il est en effet possible de trouver des leins entre les deux concepts : un système qui se veut autonome peut se doter de contre-pouvoirs internes une entité de contre-pouvoir doit préserver son autonomie ce qui n'exclut pas les alliances.
Cette réflexion est transverse au principe dit de séparation des pouvoirs. Si elle s'applique en principal au pouvoir exécutif, elle est décalcable vers législatif et le judiciaire, voire l'informationnel
Elle est une des sources de la mémofiche de la rétroaction des contre-pouvoirs mise en forme pour le compte du cercle méthode en août 2007.


Ce qu'il est :
Ce qu'il n'est pas
Ses objectifs
Dans la durée, les pouvoirs changent et se succèdent ; un contre-pouvoir demeure, et est permanent relativement aux pouvoirs. Quant aux hommes, l'homme au pouvoir est fidèle à une image, et n'a guère de latitude pour s'écarter de son rôle ; l'homme de contre-pouvoir peut et doit être autonome et sa distance au pouvoir équilibre ses variations de comportement.
Septembre 1975


Réflexions personnelles


La lecture du dernier Tribune 77 me confirme que cohabitent en moi deux images mentales du PSU :

Pour être franc, et adepte autant que faire se peut des principes de sanité mentale que suggère la sémantique générale, j'ajouterai que le sigle PSU a pour moi asse peu d'importance. Circonstanciel, mais pas essentiel. Le produit compte pour moi plus que la marque. Mais il faut tout de même bien se reconnaître...donc...

Je ne crois pas que l'on puisse fonder un projet de société, car après tout tel est bien le but ultime de toutes nos occupations communes, sur la méfiance politique, l'exégèse minutieuse, et même les manifestes, mais d'abord et surtout sur des expériences communes.
Comment faire cohabiter plus de cinquante millions de citoyens dans un projet commun de société s'il y a des étiquettes standardisées, des catégorisations contraignantes, des classes antagonistes ? Certes, il convient de s'intéresser au plus grand nombre. Mais pourquoi vouloir que l'une des classes sociales, fusse-t-elle l'une des objectivement plus défavorisées, soit considérée comme l'unique prochain, au sens évangélique du terme, et qu'il faille s'y assimiler ?
Je ne puis faire semblant. Je n'appartiens pas à la classe ouvrière [4]. Je suis un travailleur intellectuel à revenus potentiellement élevés.
Je reconnais contester de plus en plus radicalement la structure intime de la société où s'inscrit mon activité professionnelle. Mon entreprise en particulier, et la système plus global en général. Je n'ai par ailleurs pas le courage (?) de m'en séparer, et aimerais pouvoir participer à la transformer. Je confesse user de ma position pour expérimenter des modes de fonctionnement jugés absurdes par mes pairs, sans violer les lois morales bien entendu. Mais je constate avec une certaine surprise que les bénéficiaires –dans mon intention, dans ma perspective – sont eux aussi plutôt récalcitrants.

A l'expérience, je m'aperçois que je n'aime pas beaucoup le mot militant. Que trouver d'autre ?
Et que je ne crois que très peu aux vertus de l'affichage et de la distribution de tracts – je crains que la plus grande masse de nos concitoyens ne lise pas, ou du moins se comporte comme si elle n'avait pas lu…- et guère plus aux autres conduites traditionnelles des campagnes externes à la personne. Qu'inventer qui induise une véritable communication ?
Je commence mes phrases par je, ce qui ne me choque qu'en référence aux règles affirmées, mais peu démontrées de la communication dite efficace. Si j'y crois, dans ce que je dis ou j'écris, pourquoi ne pas m'impliquer comme sujet qui parle ou qui rédige ?
Affirmer mes idées, m'affirmer comme personne, cette conduite me plait et me gêne à la fois. Je n'aime guère les chefs, bien que rémunéré pour en être un, et que tel soit mon rôle social.
Je refuse que l'on pense à ma place – comme je perçois que le fait le Bureau National dans de nombreuses circonstances…et j'aime bien en revanche penser pour les autres. Comment en débattre sans tristesse ?

L'autogestion m'a séduit, j'y place et retrouve nombre de mes propres contradictions, mais pour moi le risque n'est pas seulement d'en faire un nouveau truc ou une nouvelle divinité, il est qu'un mot qui veut résumer une perspective de vie différente mais n'évoque de que vagues expériences mal connues ne devienne source de confusion dans le débat comme dans l'apprentissage de pratiques plus libertaires et en même temps conformes aux besoins de l'écologie des systèmes. Y compris des systèmes de pouvoir, consubstantiels à notre nature d'hommes.
Je souhaite être attentif plus à ce qui rassemble qu'à ce qui sépare, tout en demeurant éveillé : l'autre n'a pas que de bonnes intentions, et…moi non plus. Saurai-je ne garder du rêve –utopie directrice, disent certains – que les extrêmes que sont le raisonnable –soyons réalistes, les choses sont de fait ainsi - et le déraisonnable – vite, que les choses deviennent tout autres, et si possible par un impossible chemin - ?

Art et action culturelle


Suites, séquelles et traces


Deux pistes à suivre :
Que sont devenus celles et ceux qui ont fait séjour au PSU ?
Quels liens subsistent entre eux ?

Trente cinq ans plus tard


Les 10 et 11 avril 2010, suite à une initiative de l'ATS, association des Amis de Tribune Socialiste, créée en 1962 pour populariser les positions du PSU et gérer son patrimoine, et dépositaire de son héritage intellectuel et idéologique, ont été organisées, à Issy-les-Moulineaux et Paris, des manifestations à l'occasion du 50° anniversaire du Congrès fondateur. Cette initiative a été soutenue par l'Institut Édouard Depreux, l'Association des Amis de Victor et Paule Fay, ainsi que par 540 anciens militants du PSU.

Pour approfondir...


► Le site des Amis de Tribune Socialiste
► Un site sur les relations entre l'UNEF et le PSU des années 60
► L'incontournable notice de WikiPédia, que je n'ose retoucher en dépit de certaines assertions contestables qu'elle contient, étant trop impliqué pour respecter les règles de l'insoutenable et cependant respectable neutralité de point de vue
► Une brève histoire du PSU, par Michel Rocard soi-même....
► Les ressources de la bibliothèque de Sciences Po sur le sujet







[1]

Centre Catholique des Intellectuels Français, 61 rue Madame, Paris VI°. Revue Recherches et Débats. Cette association a fonctionné de 1941 à1976.
Voir à son sujet Les intellectuels catholiques dans la société française, le Centre catholique des intellectuels français, par Claire Guyot, préface de René Rémond, Presses universitaires de Rennes , Rennes, collection Histoire

[2]



La revue Citoyens 60 s'est réduit depuis en Citoyens. tandis que Vie Nouvelle s'est, par un procédé inverse, agrandi en La Vie Nouvelle Pour une alternative personnaliste et citoyenne -...

Le périodique s'est mis au goût du jour en matière de format.

Nota : dès 1922 le Deutsches Institut für Normung préconisa les formats de la série A. C'est en 1947 que le Comité Technique ISO/TC 6 demanda d'envisager la normalisation des formats. l'organisation internationale de standardisation n'a repris la norme DIN qu'en 1961. Vers 1968, je vis le A4 se substituer au 21x27 dans les entreprises. Au début, nous le jugions trop haut. Aujourd'hui, c'est le 21x27, si cher ma jeunesse aux armées et commissariats – ce mot désignait alors tout rapport ayant valeur disciplinaire, ou légale - qui semble un peu bas sur pattes….

[3] En fait, le sigle PSU, avec le sens de Parti Socialiste Unifié, fut utilisé antérieurement à deux reprises, dans les années 1905, puis 1938.



[4]

Le mot classe ouvrière est ici entendu dans un sens relatif : au sein du corps social ayant comme seule ressource sa force productive, le sous-ensemble formé par celles et ceux qui en tirent les plus bas revenus, et sont classé ouvrier, employé...
Il convient de nuancer mon propos, dès lors que, sociologiquement parlant, le sous-ensemble des ingénieurs, techniciens et cadres est considéré comme étant la couche dite supérieure de ce corps social, celui des étymologiquement prolétaires, ou citoyens du prolétariat. Être sur le dessus du panier n'empêche pas d'être dans le panier...et un travailleur intellectuel à hauts revenus demeure un travailleur.
Plus tard, la montée du chômage -chômage dont je vivrai un épisode, bref mais significatif, dès fin 1974 - viendra démontrer expérimentalement la réalité de mon appartenance à une classe ouvrière élargie n'ayant comme ressource potentielle que sa force de travail.
A ce sujet, les considérations sur le travailleur collectif, déclinées dans refondation progressiste de Michel Clouscard [L'Harmattan, 2004 ] méritent lecture. Le vocabulaire de l'ouvrage est étonnant par sa latéralité poétique, mais les idées, sous condition de les appréhender, sont loin d'être sans intérêt, sans pertinence.