le citoyen dépossédé du politique
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Résumé
Le besoin de
manifester un pouvoir d'intervention dans le fonctionnement au
quotidien de mon village, autant que dans les choix majeurs de ma
civilisation, remonte à loin et ne me quitte pas. |
Sommaire
Politique et action personnelle La tentation personnaliste et le désir de citoyenneté L'Europe à constituer Blanc ou nul ? Noir ! Pour ressouder le dialogue |
Politique et action personnelle
La dimension politique de l'activité d'un citoyen, la voie qu'il a tantôt suivie, tantôt participé à construire, peut être explorée avec au moins deux véhicules :- celui de l'histoire personnelle : étapes, évolutions, points d'application et acuité des engagements, moments de forte implication et périodes de roulage sur l'erre
- celui de l'écriture : notes de réflexion, contributions à des réunions ou congrès, articles de presse, tracts et affiches, documents de synthèse
- le cadre de vie, au sens le plus rapproché – dans ma rue, avec mes vosisins – comme le plus large – Gaïa, ma mère et ma sœur –
- la méthodologie du politique
Le premier, lui, roule quelque part du côté du chapitre itinéraire, en particulier dans la rubrique consacrée au citoyen interventionniste. Il est aussi esquissé dans le paragraphe qui suit.
La tentation personnaliste et le désir de citoyenneté
La participation, dans les années1960 , au mouvement La Vie Nouvelle [1] , aux Semaines Sociales de France [2] , puis dans les années 1970 [5] au développement d'un parti politique ajourd'hui disparu, mais qui a tout de même contribué à former, en particulier, plusieurs ministres de la 5° république [3] , dont un Premier (un de ses pseudonymes est cité dans la note 1), a été un des éléments formateurs de mon itinéraire personnel [4].Sans être obsédé par la chose publique, la nature et les évolutions de la res publica, vécue bien entendu à mon niveau de citoyen élémentaire (chacun de nous est une particule élémentaire du corps social...) sont une de mes préoccupations récurrentes.
Pour faire exister cette préoccupation à travers le médium internet, outre des interventions sur des sites ou dans des listes de discussions adéquates, j'ai choisi de lui ouvrir une fenêtre d' adamantane.net.
Le titre général de cette section résume en trois mots (sujet, verbe, complément) le constat que je fais de la situation actuelle, situation qui a ceci de particulier que je la juge actuelle, très actuelle, depuis cinquante ans.
Autrement dit, sa diachronicité aurait quelque chose de rassurant quant à la permanence des moeurs de la société française dans la seconde partie du XX° millénaire !
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L'Europe à constituer
27 mai 2005Envoyé par courriel à des dizaines de correspondants.
Parallèlement, j'ai approuvé et signé ce texte , qui est une déclaration de non-rupture avec les nonistes.
Courrier d'accompagnement
Exceptionnellement, et vu l'importance à mes yeux de l'enjeu du vote de dimanche, je me permets de communiquer à mes connaissances, relations, amis et familiers mon propre point de vue à ce sujet.Ayant reçu de mon côté des messages de même finalité, après m'être interrogé sur le risque d'importuner, j'ai décidé de faire confiance. Au delà des conversations privées, des courriers postaux, Internet nous donne la possibilité de communiquer aussi sur des sujets de cette nature.
Ce point de vue résulte d'une réflexion attentive, d'une écoute ouverte, d'une acceptation de la remise en question de mes a priori. Je demande à celles et ceux qui le recevraient plusieurs fois, en dépit des précautions prises, car mon carnet d'adresses est fractionné, de ne pas m'en tenir rigueur.
Comme le précise le document joint, c'est avec la plus sincère, courtoise et amicale tolérance que j'accepte que nombre d'entre vous ne partagent pas ma conclusion personnelle. Je prends toutefois le soin de l'exprimer sans détours. Et en l'expliquant.
Je forme en conclusion le voeu que le résultat de cette consultation, quel qu'il soit, ne nous désunisse pas au delà des oppositions d'idées naturelles, et saines pour notre progrès global commun.
Manifeste personnel
OuiJe vote oui au référendum dit « sur la constitution européenne ».
Quelle que soit la complexité de la question réellement posée. Ce résumé ne s’adresse pas aux convaincus, dont je respecte le travail de réflexion. Je l’ai rédigé pour :
- les hésitants, qui réfléchissent, eux aussi, mais sans avoir encore tranché ;
- les désengagés, qui un jour ont décidé que les votes ne méritaient pas leur attention, et ce souvent avec une raison bien précise que je respecte aussi.
Apartidaire
- L’objet de la consultation échappe au rôle naturel des partis politiques français, qui est plus de faire élire des personnes au sein d’assemblées (dites) populaires pour mettre en oeuvre des programmes, que de dicter un point de vue au citoyen de base.
- Les arguments développés par leurs porte-parole, quand ils ne se contredisent pas entre eux, et ceci met en doute la capacité de certains partis à être des intermédiaires crédibles, sont en général d’une nullité affligeante, qu’il s’agisse de la forme ou du fond de la communication.
Mon principal regret est que certains des notables de beaucoup de partis –à l’exception de ceux dont la logique de base est souverainiste, sans que par ailleurs ces souverainismes convergent et dans leurs motifs et dans leurs préconisations – semblent trop souvent placer leur aventure personnelle au dessus de notre destin commun.
Mondialiste
- Pour que la francophonie et ses valeurs existent durablement dans le monde, quitte à composer avec d’autres, elle se doit plus de nouer des alliances honnêtes, et de préférence avec ses partenaires territoriaux immédiats que de se replier sur des comportements égocentrés.
- Le jeu de la concurrence, dans tous les domaines de la vie spirituelle, culturelle, sociale, technologique et industrielle est une invitation non à détruire, mais à approfondir ses convictions, et à s’ajuster pour que tous y gagnent un peu, ce qui implique aussi des sacrifices.
Intuitif
- Si je lis le texte de ce projet de constitution, j’y trouve en effet des sujets d’espoir et des craintes d’insuffisance ; mais il est facile, en jouant astucieusement sur une caractéristique illogique mais réelle de l’esprit humain, de tenter la raison en affirmant que chacun peut y trouver une raison de dire non. Je me refuse, pour être globalement d’accord, à devoir réfuter les arguments tous différents de ceux qui, en désaccord entre eux, se disent en désaccord commun.
- Globalement, je pressens que, de même que le refus de la Communauté Européenne de Défense, voté il est vrai dans des circonstances sociopolitiques aujourd’hui périmées, a retardé l’émergence de l’Europe en la faisant passer par les voies économiques que les descendants politiques des artisans de cet échec lui font paradoxalement supporter aujourd’hui, le refus de ce texte pourrait à nouveau contrarier la mise en place effective d’une communauté élargie dans sa raison d’être.
Mon principal regret est que le document mis à notre
disposition ne soit pas accompagné d’une notice du genre « d’où
venons-nous » rappelant l’histoire de l’Europe contemporaine, que beaucoup
ignorent, où ne connaissent pas assez, accrochés qu’ils sont à quelques
épisodes certes significatifs mais pas assez représentatifs de notre évolution.
Approuvé il y cent ans, il y a soixante-dix ans, il y a trente ans, ce texte
aurait métamorphosé le monde actuel.
Réaliste
- Le texte mis en débat n’est pas le discours de politique générale d’un parti au pouvoir ; c’est un référentiel pour l’action. Les décisions qui seront effectivement prises dépendront des rapports de force entre les tendances politiques qui nous animent. Et qui trouvent leur légitimité dans des processus démocratiques irréversibles déjà acquis. Elles ne découleront pas de la constitution mais de l’emploi qui en sera fait. La même constitution française n’a-t-elle pas servi, depuis plus de quarante ans, de support à des gouvernements de perspectives plutôt différentes ?
- Les pratiques actuelles des institutions européennes peuvent plaire à certains et en désavantager d’autres ; mais d’où vient l’abstention croissante, qui autorise les râleurs, même si leur combat est juste, à ne pas user d’un droit chèrement acquis par leurs parents (et pour les femmes, injustement éloignées pendant trop longtemps de ce processus de décision, la mutation est récente) et à se plaindre de ne pas être entendus ?
Tolérant
- Je sais que nombre de mes proches, de mes amis, ont fait campagne pour le Non. Je leur offre le crédit d’intention qu’ils ont des raisons solides, issues de leur expérience et appuyées par leurs autres engagements.
- Il y a assez longtemps que je me suis personnellement mis en route avec l’Europe, depuis mes premiers chantiers aux Compagnons Bâtisseurs, puis via ma contribution au fonctionnement d’entreprises européennes, pour ne pas comprendre qu’un accident de parcours peut être contourné ; mais je reconnais que je me passerais bien de celui-là. S’il se produit, il m’obligera à une solidarité écartelée entre ma fierté française et mes convictions européennes.
Retours
Certains de mes correspondants m'ont fait part de leurs réactions à ce qui, stricto sensu, relevait du spam, puisque non sollicité...>> Retour au sommaire
Blanc ou nul ? Noir !
21 avril 2005Mise en ligne
Ce papier consacré à certaines anomalies - selon moi - de notre législation électorale figure dans la section Varia du chapitre Textes.
Dans un des paragraphes, je reprends en partie, en l'améliorant, et en citant ma source, le texte d'un in-mail (intelligent mail) collecté suite à l'initiative de Marc Bati.
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Pour ressouder le dialogue
16 août 2005Ce texte a été rédigé en prenant pour base de départ la pétition proposée par Cyber @cteurs, chez Alain Uguen, 152 Rue F.Pelloutier, 29000 Quimper, et envoyé par courriel au député de ma circonscription, avec copie à trois partis dits de gauche :
- executif@pcf.fr
- francois.hollande@parti-socialiste.fr
- lesverts@lesverts.fr
- pcbaguet@assemblee-nationale.fr
Monsieur le Député,
Le référendum sur la constitution européenne a montré un décalage significatif, non seulement au PS et chez Les Verts, mais en pratique dans tous les partis, y compris le vôtre, entre politiques, militants, sympathisants et surtout électeurs.
Ces derniers ont voulu essentiellement marquer une réappropriation du débat par les citoyens, usant d'échanges directs et de communications transverses aux obédiences traditionnelles.
Ce second avertissement, venant après les événements révélateurs du 21 avril 2002, me pousse à penser que notre avenir ne peut être laissé aux mains des seuls partis politiques, même si ceux-ci ont une légitimité. Ils doivent avant tout se rappeler qu'ils ne sont que les porte-parole de leur électorat, et non de leurs idéologues ou représentants professionnels, et ne peuvent agir qu'en accord avec les citoyens qui les soutiennent par leur vote. Ce ne sont pas les citoyens qui se sont éloignés du politique, mais les propriétaires attitrés du fait politique qui ont rompu avec les citoyens.
Les dispositions légales en vigueur confèrent aux strates dirigeantes des partis reconnus un statut de corps social intermédiaire. Ceci ne les autorise pas à se considérer comme des maîtres à penser auxquels les électeurs abandonneraient par commodité le pouvoir d'initiative.
Aussi, j'adhère à l'idée d'organiser dans les meilleurs délais des Assises Citoyennes de la Transformation Ecologique et Sociale. Il s'agit de se donner, entre citoyens souhaitant un changement important des mœurs politiques dans notre pays, les moyens d'en débattre de manière ouverte et libre.
Ces Assises pourraient permettre :
- De mettre en place les moyens d’une révision en profondeur de nos institutions avec, notamment, l'élaboration d'une nouvelle constitution pour la France ;
- De définir les priorités et les grandes orientations sociales et économiques de la législature ;
- De proposer des modes de préparation et de validation des candidatures à la Présidentielle, aux Législatives, aux Municipales, de façon que le plus grand nombre possible d'électeurs se sente justement et équitablement représenté ;
- D'associer syndicats de toute nature, associations, mouvements de citoyens aux grandes décisions des partis ;
- D'établir enfin des modes de communication interactifs, et non uniquement descendants, entre chaque élu et ses électeurs durant son mandat.
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[1] J'ai conservé la
collection des cahiers d'éducation politique économmique et sociale
citoyens 60, de 1961 à 1964. Dans l'édito du n°1, janvier-février 1961,
André Cruiziat et Roger Jacques écrivaient :
La Vie Nouvelle, qui anime et édite citoyens 60, est un mouvement
organisé en vue de donner à ses membres les moyens d'une éducation et
d'une action inspirées par le personnalisme communautaire, dans tous
les domaines où doit s'éveiller et se manifester la personnalité des
adultes...
...Nous souhaitons simplement que cette entreprise...aide à faire
d'un plus grand nombre de Français les ouvriers patients, actifs et
généreux d'un avenir meilleur; au service de l'homme, de tout l'homme et
de tous les hommes.
A noter, dans les numéro 8 de l'année 1962 et 1 de l'année 1963,
les articles de Roger Jacques au titre éternel Le socialisme est-il
actuel ? et dans le numéro 3 de 1963 un papier de Georges Servet sur le
thème des Problèmes de la Gauche Française...
[2] En particulier la 5O° session, Caen 1963, sur le thème de la Société Démocratique et sous la houlette d'Alain Barrère, du R.P. Roger Heckel, S.J., d'André Jeanson et de Jacques Delors.
[3] Pour ceux qui n'ont pas trouvé assez d'indices dans la phrase, s'agit de
Michel Rocard, joueur de Go et orateur pressé, qui cohabitat avec Francois Mitterand de 1988 à 1991, et du
P.S.U.
[4] Cette période coïncida
avec celle de ma formation d'ingénieur, et la simultanéité des
imprégnations est à l'origine de la manière dont je vécus et orientai
chez Wabco-Westinghouse mes premières expériences de management.
[5] On estime généralement que les années 70 commencèrent peu après Mai 1968 Gérard Klein, Ellen Herzfeld, Dominique Martel dans leur préface à l' l'hexagone halluciné, Anthologie de la S.F. française, 3° série, Librairie Générale de France, 1988.

