...du (prétendu) droit à l'erreur...


Lutte contre les erreurs Il faut tordre le cou
au fameux droit à l'erreur,
discours de manageurs superficiels,
confusion fatale,
mensonge social
tromperie morale,
escroquerie mentale...

il est souhaitable d'opposer :

-tâtonnement expérimental,
clef de l'humilité et de l'apprentissage
où le travail sur l'erreur est source de progrès personnel
et de développement psycho-moteur

-échec d'incompétence,
empreinte d'une intellectuelle arrogance,
ou l'erreur est la porte de la non-qualité
et le signe de l''indifférence à sa propre responsabilité.


L'explication de figure est empruntée aux auteurs d'un site dédié à la pédagogie de (contre) la violence, que je remercie ici.

Dans le breviculum élaboré par son disciple Thomas le Myèsier, cette miniature, peu lisible dans la version ici mise en ligne, constitue un document pédagogique, fabriqué à la demande de Raymond Lulle, pour illustrer la lutte contre l’erreur.

L’erreur est mise en scène en lien direct avec le Mal. Dans la Tour de l’Erreur [1] n à gauche, on distingue la Vérité retenue prisonnière par les démons, les vices et les sophismes. Au centre et à droite, la Philosophie, représentée par deux chars de combat, entreprend de la délivrer.

Quelques compléments...

22 novembre 2010
De Jean-Pierre Desthuilliers à Gérard De Vecchi
Sujet : Commentaire_site

Bonjour
A propos d'erreur, voir
cette réflexion sur le droit à l'erreur, et ces notes sur l'apprentissage dit - mais mal dit...- par essais et erreurs.
Votre avis m'intéresse... Comme le vôtre m'a interpellé.
Cordialement.
JPD
28 novembre 2010
De Gérard De Vecchi à Jean-Pierre Desthuilliers

Bonjour,
Merci pour votre envoi... des références et des documents fort intéressants !!! Mais quand on parle de "droit à l'erreur" par exemple, encore faut-il savoir ce que l'on met sous cette formule ! C'est comme "l'enfant au centre des apprentissages" !
Et, dans ma tête, le droit à l'erreur n'est pas contradictoire avec le tâtonnement expérimental, loin s'en faut.
Merci encore.
GDV


30 novembre 2010
De Jean-Pierre Desthuilliers à Gérard De Vecchi

Cher correspondant, merci pour ce retour.

Il convient en effet de s'entendre sur le sens donné au concept de droit à l'erreur. Je l'ai convoqué, dans ces réflexions, sous son visage de maxime de management telle que très souvent énoncée dans les années 1970 / 1990 dans mon environnement professionnel. Plus particulièrement dans des contextes d'influence anglo-saxonne. Tel ou tel patron d'équipe s'étant trompé dans une proposition - qu'il s'agisse de citer un chiffre dans un document ou de décrire un fait - ou plutôt un événement désigné comme tel - dans un rapport, voire dans une décision, par exemple approuver un plan d'action ou blâmer un collaborateur en réunion, invoquait pour se dédouaner ce joker "Et alors, c'est mon droit à l'erreur !".

L'idée sous-jacente présumée présentable, défendable, voire honorable était bien que tout apprentissage implique le risque de ne pas bien faire du premier coup. Mais trop souvent l'attitude avouée, voix off, relevait de la légèreté - non pas celle de l'être, qualifiée d'insoutenable, et plus exactement peut-être d'intolérable, par un auteur à l'époque peu connu - mais bien celle qui caractérise les gens fatigués de réfléchir aux conséquences possibles de leurs actes. D'ailleurs, les suites montraient souvent que la leçon ne profitait guère...

A tel point que l'expression devenait une scie, une ritournelle, dans les entretiens de recadrage suite à la découverte de l'erreur. C'est à cette manière de s'excuser d'une bévue que mon commentaire s'attache.

Lorsqu'en 1987-88 j'ai travaillé avec l'Académie de Créteil, pour aider à la mise en place du projet FORCE décidé(e) par Christian Forestier ( le lien avec le document "l’académie de Créteil, une aventure de trente ans" est brisé, le site du rectorat ayant dû être relouqué ?) j'ai eu l'occasion d'expérimenter à quel point la perception du mot "erreur" était, à la fois rationnellement et affectivement, différente dans l'univers du management et dans celui des éducateurs et enseignants. Et comme ingénieur j'avais aussi appris à explorer d'autres parcelles de son champ sémantique (erreur de calcul, erreur de manipulation, erreur de raisonnement, etc.).

La notion de tâtonnement expérimental, que m'avait dévoilée sous un autre nom - méthode des ajustements successifs, peut-être - ma pratique d'ingénieur d'essais et de recherche, porte peut-être en elle le désir de "condenser" par/dans une expression qui frappe une démarche pédagogique réaliste. Telle que je l'ai vue et même ressentie mise en œuvre, lors de mon initiation à la gravure aux Ateliers des Trois Soleils, elle aurait pu engendrer le concept de "devoir d'erreur".

Bien cordialement. JPD

Trompez-vous, l'erreur fait progresser !

J'emprunte ce titre à Martine Laronche, qui a publié dans Le Monde daté du 17 juillet 2010 un reportage sur l'événement Détrompez-vous ! un festival d'erreurs organisé à Normale Sup par Paris Montagne du 21 au 24 juillet de cette année là.

Si vous préférez la vidéo de France3-Corse à l'article...

Les exemples ne manquent pas de découvertes résultant d'une erreur. Pèle-mêle, citons la pénicilline, le post-it, le vaccin contre le choléra des poules, les bêtises de Cambrai...Nous savions, je sais que la méthode scientifique mobilise entre autres démarches celle qui consiste à tirer parti des erreurs. En particulier, sont des situations précieuses les conclusions à tirer d'une hypothèse erronée, d'une question mal posée, voire de la tentative de résolution d'un problème mal exprimé.




[1] La Tour de l'Erreur aurait-elle des points communs avec l'arcane XVI , la maison dieu, du TaroT de Marseille ?