consultance

Expression écrite et consultance

La notion de consultance [1] n'est pas seulement utilisée ici pour faire classe ou branché. Elle l'est parce qu'elle représente une classe globale d'activité de service qui englobe des sous-classes telles que :

La notion d’expression écrite est prise ici dans un sens plutôt large :

La page à l’heure, unité de mesure et preuve d’activité

Les métiers de la consultance entretiennent avec l’expression écrite une relation ambiguë.
D’une part, la relation à établir avec le client (celui qui achète la force de travail) tout autant qu’avec le prescripteur (celui qui est à l’origine de la manifestation du besoin de recourir aux services du consultant) et avec le bénéficiaire (personne seule ou groupe de personne…mais la personne est première ; le groupe n’est qu’un intermédiaire sociologique ou pédagogique…), et même avec les autres membres de l’équipe d’intervention lorsque l’action est collective est une relation essentiellement orale.
D’autre part, sauf circonstances exceptionnelles et rarissimes où seule la transmission orale est jugée crédible, le consultant se trouve dans l’implacable nécessité de fabriquer du texte : cahier des charges, spécification, proposition, argumentaire, convention, programme d’intervention, documentation, supports méthodologiques, exercices, études de cas, états d’avancement, comptes-rendus, rapports, notes de synthèse, et j’en passe.

Si je tente de dégager de mon expérience un ratio indicateur de production du texte, je proposerais en première approximation une vitesse moyenne de 2 pp/h. Soit, pour une intervention de trois jours, au moins une cinquantaine de pages. Pour des interventions courtes, le ratio est plus élevé, car il y a des obligations amont et aval à peu près fixes.
Si cette vitesse est rapprochée de la vitesse moyenne d’élaboration du texte par le consultant lui-même, qui dans mon cas personnel varie entre 2 pp/h pour une construction inédite avec réflexion, recherche documentaire, tests, et 4 pp/h pour une reprise avec retouches de textes préexistants, cela induit qu’une intervention de trois présuppose une charge de travail d’écriture de l’ordre de trois à six journées. Comme de nombreux clients refusent la réalité de cette charge et d’en supporter le coût, sa facturation directe est en général impossible et elle est reportée sur le prix auquel est vendue (mais pas toujours achetée…) la journée de travail.
Il convient aussi de traiter le cas des interventions pour lesquelles le texte n’est plus un excipient, mais l’objet même du travail : la commande peut porter sur un ensemble de procédures, un manuel d’utilisation, le contenu d’un cédérom, …

La question de la documentation

Le consultant est partagé, j’ai été partagé entre :
-X- le désir de réaliser pour le client un travail dédié à ses attentes et besoins spécifiques, travail que l’on peut qualifier de sur mesures, parfois garanti comme tel par la promesse commerciale ;
-Y- et la nécessité de ne pas réinventer ce qui existe et a fait ses preuves, donc de disposer d’un fonds documentaire duquel il est loisible d’extraire le plus possible de constituants à ordonner et assembler de manière nouvelle.
J’en ai connu qui ont résolu ce problème en photocopillant des livres ou, plus subtil, la documentation récupérée auprès de collègues ou de concurrents. J’ai moi-même eu le plaisir de retrouver dans des ouvrages ou des revues des paragraphes entiers prélevés dans mes modestes publications, sans remerciements ni même mention d’origine [4].
Personnellement, j’ai plutôt encouragé mes partenaires professionnels, mes collaborateurs et mes patrons à investir dans la constitution et la tenue à jour d’une documentation constituée de deux sous-ensembles distincts :

Une typologie des textes mis en ligne

Seront progressivement mis à la disposition de mes…consultants des textes de nature un peu différente, tels que :


Pour ne pas allonger à l'excès le contenu de la marge de droite, les documents classés dans chacune des rubriques de cette section Consultance sont accessibles à partir d'une table spécifique, et n'en constituent pas une partie.
Cette table se trouve au bas de la page consacrée à chaque type de texte. Par exemple, la table des thémafiches est le dernier paragraphe de la page Thémafiches.

Consultance, pédagogie ou méthodologie ?

La consultance couvre un vaste domaine, dont je n’ai bien entendu pas exploré la totalité. En effet, de l’audit financier à la direction de conscience, de la formation des adultes au conseil en investissements, elle se décline en spécialités. Il serait même possible d’envisager qu’à chaque activité humaine puisse être associée une para-activité de consultance [9].
J’ai extrait, de mes activités générales de consultant, deux disciplines particulières auxquelles, afin d’améliorer la lisibilité du site, deux sections ont été réservées :

Méthodologie

Cette section regroupe des textes qui :
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Pédagogie

De même une section est ouverte pour les présenter les textes :
-relatant des expériences en matière d’ingénierie de formation ou de pratiques d’apprentissage,
-proposant des modèles ou des processus mis en œuvre dans diverses phases de l’action formative, telles qu’évaluation, transfert, ancrage et impact.
Pour des raisons de commodité, ce qui relève de la méthodologie de la pédagogie sera un peu arbitrairement présenté dans cette dernière section. Si le lecteur en déduit qu’au fond de moi je me sens plus méthodologue que pédagogue, je n’y vois aucun inconvénient.

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[1] Le consultant a simultanément à conduire une recherche, apporter une expertise et intervenir pour induire un changement. Le mot consultance semble récent en français ; je l’ai entendu prononcer pour la première fois lors d’un voyage d’études au Québec en 1982. Le mot consultant, lui, a longtemps désigné celui qui consulte, à l’exception des questions de médecine et de droit, alors que désormais il désigne celui qui est consulté quel que soit son domaine d’expertise…

[2] le paper-board des catalogues de fournitures de bureau…

[3] « créaplan » est un néologisme créé en 1982 par René Horwitz et Jean-Pierre Desthuilliers, pour désigner une adaptation spécifique du Metaplan d’origine allemande introduit en France par les formateurs de Philips Industrie. RH et JPD ont négligé de déposer ce mot à l’INPI…Il est aujourd’hui bien vivant. Je l’ai même retrouvé dans des CV.

[4] Quelques uns de mes clients m’ont déclaré que leur point de vue était qu’ayant payé la dite documentation, ils en étaient propriétaires. La législation sur la propriété intellectuelle, telle que je l’ai comprise, semble faire la distinction entre le droit patrimonial, objet possible de commerce, ce qui serait le cas, et le droit moral, inaliénable. Autrement dit, le client peut utiliser cette documentation sans avoir à rémunérer davantage l’auteur, mais se doit de signaler sur la documentation en question au moins le nom de l’auteur (à l’image de la présence de la case « rédigé par » dans les pages de garde des documents internes aux entreprises).

[5] Jugé plus synthétique qu’aide-mémoire, mais pas fondamentalement différent dans les buts et les moyens graphiques.

[6] Hybride de questionnaire et de support de notation…L’acronyme QCM, que je n’aime pas, compte autant de syllabes (Cusséhème…).

[7] Représentation d’un champ sémantique par un procédé proche de celui des cartes mentales.

[8] Diffère de la mémofiche par le recours à une structure plus systématique et à perspective un peu encyclopédique.

[9] A chaque requin son rémora, disent les détracteurs…

[10] Ou fiche action, ou encore fiche produit. Dans une perspective technico-commerciale : que vend le consultant en matière de progrès, de changement, d'évolution, d'amélioration ?