Les à-côtés de la cote des Écoles


Genèse de la problématique

Le jeune ingénieur qui entre dans le monde de l'entreprise découvre que ce qu'il prenait pour des dadas récurrents de journalistes : les X+Ponts dirigent la France...Non ce sont les ingénieurs du Corps des Mines... possède la rigueur incontournable et simplicissime du théorème de Pythagore : toutes les DRH de France et de Navarre ont établi un barême comparatif qui présente trois caractéristiques rassurantes :


Attente personnelle

Si je me pose cette question, c’est d’abord parce, ayant fréquenté une prépa qui donna beaucoup d'X à la France, j'ai pu à la source constater l'impact de cette variable inévacuable qu'est, toutes choses égales par ailleurs,  la glorieuse incertitude des concours.

Ensuite et surtout, m’étant rendu compte dans mes activités en entreprise et ailleurs que la cote de l'école n'arrivait, dans la hiérarchie des facteurs explicatifs des destins professionnels, qu'en...très mauvais rang, je m'interroge sur l'utilité de perpétuer un dispositif insane qui, de l'aveu même de ceux qui semblent en profiter, est plus frustrant que stimulant.

Démocratiser (au sens : ouvrir au peuple tout entier, sans distinction etc...) l'enseignement supérieur, est-ce diplômer sans filtres progressifs adaptés aux besoins des filières futures, ou abolir les privilèges quasi héréditaires que confère une estampille issue d'une liste restreinte contrôlée par ceux qui la possèdent ?

Pistes explorées

Dans ma propre vie professionnelle, ayant eu l'opportunité d'avoir, par circonstances ou par choix,  autorité sur des anciens élèves d'écoles plus cotées que la mienne, je me suis aperçu que

J'en vins à la conclusion que le rang de sortie tout autant que la cote de l'école pourraient faire l'objet d'un tirage aléatoire, tant la corrélation entre ces deux données numériques ordinales chéries des recruteurs (les chiffres, ça rassure, ça a l'air objectif) et le niveau de savoir-faire, d'engagement, de créativité, de savoir-être relationnel et, de manière plus générale, de tout ce qui qualifie la compétence du titulaire d'un poste est, à l'expérience faible, voire quasi-nulle.

La justification principale de cet état de fait semblant fausse, les voies à explorer sont peut-être:

Toute piste permettant de réduire cette exception culturelle française handicapante mérite, à mon avis, mise en forme intelligible et  confrontation d'idées.


Etat de la réponse

L'état de la réponse est décevant.
Les initiatives prises par  les parties intéressées, et en particulier les associations d'anciens élèves  des écoles  d'en bas, immergées dans le milieu extraordinairement visqueux des traditions et des préjugés, ont à peine besoin de l'action antagoniste des associations représentant les écoles d'en haut pour progresser avec la lenteur vertigineusement infinie de la flèche paradoxale de Zénon d'Elée.
Les sites d'aide au recrutement, qui surgissent comme bolets en automne, sont venu fort démagogiquement s'insinuer dans cette fracture de papier en offrant à leurs utilisateurs, sous prétexte de s'adapter à une demande contre laquelle ils jugeraient politiquement incorrect de s'interroger, une ventilation à la source entre deux classes de diplômes de l'enseignement supérieur.
J'en mettrai ultérieurement le ligne des exemples concrets et cependant étonnants.

La courageuse tentative lancée par Stéphane Pusateri, autour de la fédération des I E P et de quelques autres écoles, sous le nom de guerre de Groupement a, semble-t-il, été mise en sommeil sous sa forme initiale.
Cette page sera enrichie,dans la mesure du possible, de quelques informations plus précises sur les suites données à cette action qui relève plus d'une perspective de développement durable de l'image de l'enseignement supérieur que d'un besoin de rééquilibrage de territoires entre coteries .

J'emprunte pour une conclusion temporaire les lignes qui suivent à un article signé Arnaud Gonzague et paru  dans Le Nouvel Observateur, semaine du jeudi 12 février 2004 - n°2049 - rubrique Entreprendre :
Comment connaître, justement, la cote des écoles? Question épineuse. Il existe bel et bien une hiérarchie, plus ou moins secrète, entre trois groupes d’écoles: la petite quinzaine d’établissements [1]les plus prestigieux est rassemblée dans ce que les recruteurs appellent le «groupe A». Les 30 à 50 écoles suivantes composent le «groupe B» et les autres (plus de 200) le «groupe C». Cette classification crée une hiérarchie des salaires de débutants, les A étant mieux payés que les B et plus encore que les C [2]. Mais qu’on n’essaie pas de mettre la main sur un de ces palmarès: les employeurs les cachent jalousement. Et chaque secteur a une hiérarchie selon ses besoins [3]…C’est pourquoi les palmarès paraissant dans la presse ne sont pas à prendre au pied de la lettre.





[1] En fait, le « groupe des 16 », qui compte…24 institutions.

[2] Le lecteur initié reconnaîtra à travers cette terminologie un nouvel emploi déviant - dont la responsabilité ne revient bien entendu pas à Arnaud Gonzague - de l’analyse de Pareto, sous sa variante « analyse ABC ».

[3] Ce qui semble un sursaut de bon sens. A priori un X a sa place initiale comme artilleur, pas comme enseignant ni comme vendeur.