Liberté (d’expression), que de crimes commet-on en ton nom ?
J’ai écrit le mot liberté [1], peut-être pour me placer à l’ombre de ce drapeau si difficile à brandir sans
hypocrisie.
J’eus peut-être mieux fait d’user du mot autonomie [2].
L’autonomie est la capacité à utiliser l’initiative créatrice, dans le cadre de contraintes
identifiées et acceptées [3].
Je précise donc ici ce que je peux prendre en compte des dites contraintes, que ce soit au sujet
de mon expression personnelle ou de l’expression d’autrui.
Liberté d’expression personnelle
La mienne se veut totale, selon mes normes personnelles, certes, mais comme je ne crains plus de
perdre mon poste, je fais l’effort – quarante ans d’imprégnation, ça imbibe…- de me dégager de l’autocensure
autocensurée [4]à
laquelle les cadres d’entreprise sont qu’ils le veuillent ou non assujettis [5]
Selon mes normes personnelles veut simplement dire que :
- dans la forme, je ne vois pas l’utilité d’affaiblir les quelques mots vigoureux qui trublionnent dans la grande famille du vocabulaire français en les convoquant trop souvent dans mes phrases ;
- sur le fond, même si je renonce pas à dénoncer si besoin les thèses et prises de position que je juge contraires à mes
valeurs éthiques, je pense plus utile de dépenser
l’énergie sémantique de la parole
au service de ce qui me plait.
Liberté d’expression d’autrui
Autant j’accorde le droit aux lectrices et aux lecteurs de dire à leur manière leur vérité –même
si ce ne sont ni mes manières ni mes vérités – dans des courriers personnels, autant je me ferai devoir de laisser dans
la sphère privée – ce qui n’exclut pas réponse privée - les propos qui relèveraient d’un défi à la morale publique ;
pour ne rien dire de ceux qui dépasseraient les limites fixées par nos lois : je ne les répercuterai donc pas sur ce
site.
L’irruption probable dans la vie internautique de la LCEN ayant potentiellement des conséquences
dommageables sur la vie quotidienne des hébergeurs de sites, du fait d’un transfert sournois de responsabilités de la
Justice vers une profession, je ne prendrai pas le risque de mettre en difficulté mon hébergeur, l'association sit@ccueil.
[1] Merci, Paul Eluard…
[2] Poser la problématique de l'autonomie est
clarifier quelques malentendus. En effet ce drapeau désigne plusieurs "états du moi" assez différents.
Si l'on considère l'autonomie comme descriptive d'une certaine philosophie de l'action, alors elle relève,à mon avis,
d'une dialectique entre personnalisme et socialisme.
Admettons qu'elle désigne bien l'initiative créatrice s'exerçant dans le cadre de contraintes identifiées et
acceptées. La question est alors de savoir si cette initiative créatrice peut aussi porter sur le cadre, sur le
référentiel. Les promoteurs du devoir d'ingérence diront probablement oui...
L'anarchie, qui est la forme suprême de l'ordre, et non pas ce comportement terroriste et criminel
auquel elle est réduite par les mal informés, ou les détracteurs de la pensée libre désinformant les non informés, est
alors à placer aussi dans la liste des mots-clefs du champ sémantique étudié.
[3] Cette définition est celle que propose mon ami René Horwitz, consultant émérite et père d’une de mes filleules. Nous rédigeâmes ensemble, l’été 1975, une plaquette sur ce thème. J’attends son accord pour la mettre en ligne sur ce site.
[4] Voire autocensurante.
[5] Je prends ici l’Entreprise comme exemple, j’eus pu prendre l’Association : tout groupe humain, Église, Famille, Patrie - j’allais écrire Parti -, engendre selon mon expérience les mêmes pressions.

