Christine Guilloux


cheminement


Sommaire

de la créativité avant toute chose ?
essences par tous les sens
cultiver son jardin


Les éléments ici rassemblés sont quelque peu comme des éléments de biographie, des origines, des traces de passage, des moments et des rencontres fondatrices.

Créativité, transversalité, transportations. Se bousculer, se confronter, s'exposer. Rendre le familier insolite, rendre l'insolite familier. Se transporter ailleurs - dans l'espace et le temps - pour y faire son marché,  se transporter autrement - dans toutes les tailles, sous toutes les coutures, du macro au micro... -, se transporter ici et maintenant pour mieux goûter aux ressources, aux ingrédients, aux subtilités et sensibilités du présent.


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de la créativité avant toute chose ?

Les murs étaient froids. Etaient-ils quatre ? Sur la table, il y avait des livres et des papiers - déjà -. Livres de classe masquant les livres empruntés à la bibliothèque du lycée. Fascinations à l'entrebâillement du monde, des mondes. Fascinations à la transformation du monde en mots et en images. Fascinations pour la transmission, l'art de la  transformation. Créativités qui n'étaient alors point nommées. En sourdine et en jaillissement permanent. Beautés scintillantes, pétillantes, époustouflantes à peine entrevues etaussitôt cachées, préservées du regard d'autrui. - Montrer aurait alors était scandaleux. Femme oblige. Pourtant mai 68 passait par là sans enlever les œillères de certains de générations antérieures.  Qui ne savaient pas faire autrement et peut-être, ne surent-il jamais qu'il était possible de faire autrement.-  Beautés là dans l'interstice d'une ligne qui fit naître en Christine Guilloux l'amour des lignes en tous sens, des lignes rebonds, propulsatrices. Un livre, un bon livre, n'est-il pas celui qui donne envie d'écrire ou de créer? Lire trois lignes, écrire trois pages ou une image...

Les murs étaient froids et les livres si accueillants, si chaleureux. Toujours encourageants, incitant à d'autres explorations. Echappées et échappatoires, espaces extérieurs et intérieurs entremêlés pour se projeter un jour, hors de cette cage-là, pour se propulser dans une vie plus interactive, plus animée, plus voyageuse. Passer le bac certes, passer le cap de la majorité officielle, passer le permis de conduire. De se conduire ailleurs et de continuer à grandir autrement et dans d'autres dimensions.

A quatorze ans, Christine Guilloux s'était donné trois destinations:

- la psychothérapie,
- la peinture,
- l'écriture.

Trois destinations qui se sont toujours nourries les unes des autres.  Trois destinations qui se sont tissées, qui se tissent au quotidien et continuent à s'enrichir les unes des autres.

Trois destinations pour se rappeler les fausses lapalissades du stratège militaire Sun Tsu Celui qui n'a pas d'objectifs ne risque pas de les atteindre. , pour préfèrer la version plus chaloupée de Sénèque, Il n'y a pas pas de vent favorable pour qui ne connait pas son port., pour envisager le voyage en trois dimensions dans un Tour du monde en ballon en 20 jours" [1] et changer d'altitude.

Jouer des dimensions et se jouer des dimensions. Jouer des contraintes et se jouer des contraintes. N'est-ce pas là tout l'art de l'utilisation, tout l'art de faire avec ce qui est et de développer sa créativité. Ne disposons-nous pas de ressources d'observation, d'écoute, d'incubation, de maturation, d'inspiration? Inspirer pour respirer. Ne disposons-nous pas de multiples ressources en nous-mêmes qui ne demandent qu'à être sollicitées, activées, animées?

Dans cette foisonnante recherche de transformation, de transmutation, dans cette quête presque alchimique et néanmoins fort pragmatique, Christine Guilloux rencontrera les techniques et méthodes de créativité - brainstorming et méthodes associatives avec Alex Osborn, méthodes analogiques et synectiques avec William J.J. Gordon, approches latérales avec Edouard De Bono, matrices de découverte... - et s'y investira pleinement tant professionnellement que personnellement. N'était-ce pas là l'occasion de fouilles à l'intérieur de soi et dans l'interaction avec l'environnement, les autres, les éléments, les choses ?...

La créativité requiert de renoncer à ses certitudes. lui soufflait en sourdine Eric Fromm.

Christine Guilloux s'investira à la fois dans ses premiers pas professionnels  (liens) mais également dans ses premiers vols au-dessus de l'Atlantique par des ateliers officiellement programmés et des "vols-de-nuit" décidés sur place, en fonction de l'humeur du jour et de l'envie de se mettre au défi d'une nouvelle approche, d'une nouvelle idée, au sein du CPSI , le Creative Problem Solving Institute, à Buffalo, Etat de New York  Ateliers permettant des jeux de mots, des jeux d'écriture, des compositions mathématiques pour des marqueteries à la Escher. Ateliers en tous sens pour une récréation et une re-création, une semaine par an. Chaque dernière semaine de juin. Espaces offerts dans les moindres recoins du campus pour déblayer, colmater, déverser, traverser, transborder, jaillir, déployer, épanouir ce qui est en soi, espaces offerts par les multiples rencontres de passionnés, chercheurs, éducateurs, animateurs, innovateurs... Salles d'atelier, halls de résidences universitaire, bibliothèque, bar, amphithéâtres pour mailler, démêler, dévider, tapisser, tisser...

Une épopée de 1976 à 1990 qui laissera ensuite place à d'autres épopées dans le Sud-Ouest américain où les "night-flights" deviendront des lumières du désert. Nuit et jour dans toutes leurs évolutions, dans toutes leurs révolutions. 24h sur 24. La vie en mouvement. Vitesses et stagnations. Lenteurs et progressions.


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essence par tous les sens

Les expériences sont multiples et toujours à géométrie variable. Les expériences engagent tous les sens, toutes les dimensions de notre rapport au monde. Et il est tellement bon d'entrer en résonance avec les propos tenus ou détenus dans certains contes... Serait-il trop facile de suivre les sillages?

Laissons nous méditer ce conte soufi qui nous dit si simplement les dimensions imbriquées, les tissages de ce que le monde nous offre:


En son temps et c'était déjà il y a fort longtemps, Ibn Darani écrivait des livres sur la médecine, la religion, l'astronomie, les mathématiques et les vertus des plantes.

Ses détracteurs se moquaient, enfin se souriaient de lui et prétendaient qu'il s'intéressait à bien trop de choses pour en avoir une connaissance approfondie.

Même s'il connaît effectivement ces différentes disciplines, ajoutaient-ils en leurs propos soulignés d'ironie et de condescendance, il devait, pour être efficace, n'en enseigner qu'une seule : on ne devient une autorité respectée et reconnue qu'en se spécialisant dans une et unique matière.

Un jour, un visiteur, ayant entendu parler de ce personnage étrange aux approches éclectiques et foisonnantes, se fit curieux de se frotter et de confronter Ibn Darani à ce sujet.

Voici ce que lui répondit simplement Ibn Darani.

Même une abeille est connue pour au moins deux choses : son miel et son dard. Prenons cette pêche par exemple. Si tu ne veux en obtenir qu'une chose, tu peux choisir le goût, la couleur, la texture, la fraîcheur. Mais si tu ne cherches qu'un seul aspect, alors ce n'est pas d'une pêche que tu veux. Il n'y a qu'un idiot pour considérer une pêche et dire : " Ce fruit a bien trop de choses pour moi ! Pourquoi les pêches n'ont-elles pas une saveur, un point, c'est tout! ".

Les expériences sont d'écoute et d'observation, de transformation et de transmutation, de transversalité et de transmission.

Aussi le découpage proposé du cheminement de Christine Guilloux est quelque peu arbitraire.

Il vous permet toutefois d'appréhender, sous différentes coutures, les tissages multiples de Christine Guilloux. Passés, présents, futurs. Actifs, interactifs, coopératifs. A l'image de son approche thérapeutique, de ces accompagnements de voyage qu'elle vous propose pour décider de vous ouvrir au monde, d'apprendre de vous-même et de vos ressources internes, pour décider de grandir et de vivre pleinement les saisons de la vie, de votre vie.

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cultiver son jardin

Les rencontres peuvent se faire à tous les coins de rue comme en n'importe quel champ. A toutes pages et sous le nez. Il suffit d'écarquiller les yeux, les oreilles, les sens...  pour accéder à ces dimensions multiples qui sont en nous, plus ou moins enfouies,  délaissées,  incomprises, méconnues, chiffonnées, écrasées, écartées, refusées... Parangon ignoré que nous sommes à nous-mêmes...

Et que Margerite Yourcenar a su glisser dans les propos de l'Empereur Hadrien :
Les plus opaques des hommes ne sont pas sans lueurs. (...) Notre plus grande erreur est d'essayer d'obtenir de chacun en particulier les vertus qu'il n'a pas, et de négliger de cultiver celles qu'il possède.
                         Marguerite Yourcenar, Mémoires d'Hadrien

C'est peut-être au détour d'un futur mais aussi de cette envie de goûter à ces multiples aspects de soi-même et à ces stimulations, ces aiguillons de vie auxquels nous sommes, nous pouvons décider d'être confrontés, que Christine Guilloux rencontra ceux et celles, personnages imaginaires, personnalités, hommes et femmes ordinaires, moteurs de vie, passionnés qui l'incitèrent à maintenir le cap sur ses directions. Et donc à cultiver son jardin.

Cultiver son jardin. Il est là aussi mille et une façon de le cultiver. Œuvrer chaque jour, un pas après l'autre, un soin après l'autre, une attention après l'autre... Petites choses, petites actions dans la contemplation de cette beauté accessible à qui sait, à qui apprend à regarder, entendre, sentir. Ensemencements, saupoudrages, poussières d'étoiles pour que le terrain continue, au fil des saisons, à donner des feuilles, des fleurs, des fruits... Fils d'or, fils de lumière, fils pour tramer, tisser, tricoter notre quotidien de vie.

Cultiver son jardin. Développer les compétences, tirer le meilleur parti des ressources humaines. L'entreprise envisage aussi ces mêmes dimensions, ces mêmes rencontres avec soi-même en intégrant le terrain "marketing" des possibles. Il est parfois des incompréhensions et pourtant il s'agit bien des mêmes orientations, des mêmes directions. A condition, bien sûr, que l'ouverture soit là de part et d'autre pour cette construction, plus ou moins aisée, plus ou moins envisagée, plus ou moins rêvée.

S'ouvrir soi -même à soi-même, bâtir à partir de soi. Première étape d'un parcours pour développer ses élans, façonner ses esquisses, sculpter ses rêves, et pousser les portes, ouvrir les fenêtres, oser aller vers ce qui est important pour soi.

Même si
Remember, this is a trip into the unknown. If you think you know where you're going then you are on the wrong road.
 
Father Thomas Keating [2]

Même si cela peut nous apparaître contradictoire, nous ne savons pas où nous allons bien que nous sachions pouvoir nous donner des directions, bien que nous décidions de nous donner des directions, bien que nous œuvrions à ces constructions. A la rencontre de nous-mêmes, à la rencontre de jaillissements et de bonheurs inconnus de nous. Il suffit simplement de se laisser aller à oser, d'oser être soi-même, sans fioritures, sans désinvolture, sans ostentation.  D'aucuns diraient "devenir qui je suis". Laissons vivre et tramer nos fils de soie. D'autres diraient "être qui je suis et à nul autre pareil."

Alors, partager avec Christine Guilloux ces semis, ces semailles, ces boutures, ces cultures sur ces terrains fertiles que nous sommes ? Audace à cultiver son jardin? A se faire jardinier de soi-même?




[1] le tour du monde en 20 jours ,  Bertrand Piccard et de Brian Jones,  Robert Laffont, 1999

[2] cité par Joan Borysenko, Ph.D. dans son intervention Why a compass and not a map? le 12 décembre 2008 à la Brief Therapy Conference [le lien vers l'original est ici], San Diego.