photographies

fleurs du Japon

1983

Voyages au pays du soleil levant qui firent l'objet d'une série d'articles mais aussi d'une conférence et d'une exposition au sein de l'Association Artémis Armen.
Multitudes qui s'érigent, s'exposent, se posent dans une sérénité à nulle autre pareille et voudraient clamer l'éternité.


Marché aux poissons de Tsukijii
Tokyo, 1983




texte




texte


FLEURS DU JAPON

Dans ces fleurs
N'y voyez qu'un regard sur les fleurs
Ce ne sont que des fleurs
Ce ne sont que des images
Images instantanées images éphémères
Images volatiles images fugitives
Ce ne sont que des clichés
Ce ne sont que des impressions
Façonnables à merci
Hélas hasardeuses capricieuses
Et sans concessions


Dans ces fleurs
N'y voyez qu'un regard sur les fleurs
Otez la pellicule le media l'appareil
Touchez-les sentez-les
Ecoutez leur chant au crépuscule


Dans ces fleurs
N'y voyez que mon regard
En bouquet ou en gerbe
Offrez-vous le voyage vers elles.

Christine Guilloux, 11.12.1983





masques, Venise en carnaval

1985

Venise mythique, Venise rêvée et tellement narrée... Venise occupée pour un carnaval et réoccupée pour des pas dans la ville, des écritures en la bibliothèque, les trattoria, les palaces... Venise goûtée et regoûtée au café Florian... Christine Guilloux s'étourdit et s'ébaudit devant ces tourbillons de couleurs, ces brillances comme ces blancheurs, cette débauche de foule, ces fleurements comme ces effleurements, ces guipures comme ces drapés...

L'exposition présente des personnages plus ou masqués ou démasqués:

- en couleurs, doublages, collages, assemblages fondus et confondus,
- en noir et blanc.

Vous pouvez trouver deux poèmes en prose,  associés à cette exposition, "Pourquoi pas Venise", "Flammèches",  dans Jointhologie, Invitation au voyage, 1990



Quitte ou double?




Jeu de cache-cache




Complicité




Profondeurs insoupçonnées, insondables?





ECHANTILLON

Collages encore. Ou masques. Ou épures ?

Le jeu en valait-il la chandelle ?
L’entrée dans la librairie fut immédiate comme une bouffée d’air frais, comme une pluie torrentielle. Le livre n’était pas à plat mais adossé à une étagère, sur le promontoire de mon regard. Il y avait nécessité.

Nathanaël accéléra la dégringolade. Nous étions assis. Nous étions amis. Il savait. Je ne cherchais pas de livre.

Le soir même, un 27 février, je baguenaudais au hasard des mots et entamais la procédure d’extraction, de masquage. De démarquage. De massacre.

« Tonton t’a-t-il ôté ta toux ? » sifflotait le lecteur assidu, l’acteur caustique.

Les agencements se multipliaient à l’infini. Les phrases réduites, le texte rabougri... Avec et sans concession. Les clichés éliminés, limés.

Pour une gratuité de l’échantillon.

Lecteurs, flâneurs, compositeurs,  à vos marques ! à vos plumes !
à vos masques ! à vos voiles !

Christine Guilloux, 17.03.1985


passages

1986

Christine Guilloux et Patrick Rana-Perrier se donnèrent une fois de plus, l'un comme l'autre, l'occasion de jouer en photographies sur le thème du passage et décidèrent d'une exposition au sein de l'Association Artémis Armen.

Les photographies de Christine Guilloux étaient accompagnés de textes dont le visiteur pouvait s'imprégner dans son parcours de découverte. Images et textes sont réunis en un ouvrage à paraître début 2009 (lien) . Autre invitation à votre propre voyage, avec le livre en main, les clefs en main.



O'grammes, Grâces
Saulx, 1983



 Songes Fossiles
Lac St Jean
, 1979



L'absorption
Seattle, 1984


Les colonnes
Atlantic City, 1986





l'exposition microverselle

1989,
une année qui se devait d'être célébrée. Grandement, En faire une exposition universelle, brassant des avancées du monde dans de multiples domaines, chantant les couleurs de la vie. Une exposition, une foire, une fête.

De mémoire, le projet, des plus ambitieux, se promettant surtout d'être ludique, avait pris corps longtemps auparavant mais les engagements de la galériste se réduirent à un petit espace qui ne permit pas un théâtre de nos mémoires (cf/lien avec l'art de la mémoire, de Frances Yates).

D'autres ambitions se concrétisèrent. Philippe Petit traversa la Seine sur un filin amarré au Trocadéro et au deuxième étage de la Tour Eiffel. Occasion de l'anniversaire de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. Bicentenaire de la Révolution française.

Christine Guilloux se prit au jeu de raconter son aventure devenue peau de chagrin mais néanmoins "exposition microverselle". Objet d'une publication dans Jointure, n°27, automne 1990, dont voici un extrait qui ne reprend que la dernière étape de l'aventure:

de l'autre côté du miroir
Sous les azalées, le texte s'élève le 16 décembre 1989 :

L'EXPOSITION MICROVERSELLE

1989. L'expo bat son plein et c'est fiesta. Ici le temple-marmite de la musique, là les pyramides au vert gazon ou à la transparence escaladée. Ici la longue jetée sur la Seine peuplée de barbacanes, là le musée des quelques minutes d'arrêt. Ici, le pimpant monument en fer puddlé, là l'arche aux horizons infinis.

L'expo bat son plein et le génie est redoré en une basilique bicentenaire. La photographie se doit d'être celle du génie humain à un moment donné de l'aventure du progrès. Enfin l'exposition n'est que microverselle ! Les grands chantiers sont demeurés... et l'humeur vagabonde effleure des univers qui convient à la rêverie, à l'émerveillement, à l'admiration. Le spectacle est là à même la route, le chemin, la ruelle. Votre esprit s'éveille... Puis, les transports vous déportent, les mystères s'érigent, les fenêtres s'ouvrent, les lumières randonnent, les modes se reflètent. Est-ce leçon de choses, illusion, réalisation, invention?

A vous de créer la boite à malices, de divertir l'éphémère, de prolonger l'image en mirage....

Ainsi soit-il. Consolons-nous, écrivait en 1895, Jules Lemaître, "L'idée la plus absurde, c'est que toute la beauté d'une exposition se mesure uniquement au nombre d'hectares qu'elle recouvre. 1889 nous a légué toutes les variétés de la danse du ventre. Toute exposition est suivie d'une diminution de la pudeur publique. Les lendemains de rêve sont dangereux, surtout quand les rêves furent d'une qualité un peu basse.

Pour sections,

- les transports...

- la mode...