métissages



natures - 1977

Galerie Ligoa Duncan, New York



Emanations et réminiscences. Isadora Duncan, aérienne, dans ses voilures et ses aubans, dans ses virevoltes et ses révoltes, dans son culte du corps et de la nudité, habite en silence ces lieux de la rue de Seine tout comme son frère, Raymond Duncan.

Vont-ils le même chemin à penser l'épanouissement plutôt que la puissance de travail ou la capacité de production? S'épanouir en tournoyant, en dansant sa vie principalement à Londres, à Berlin, à Paris, à Athènes... S'épanouir dans la grâce de la rectitude du geste et du mouvement, dans une grécité toute déployée,  dans l'esthétique et la pureté...

Paris sera le lieu de la fondation de l'Academia en 1911. Raymond Duncan et sa femme Pénélope l'installent au 31, rue de Seine et y donnent cours de danse, cours d'art jusqu'à la disparition de Raymond en 1966. Que reste-t-il de ces amours, de ces innovations? Que reste-t-il de cette galerie, de ce magasin, de cet atelier d'imprimerie et de typographie, de cet amphithéâtre?

Ligoa Duncan vadrouille et farfouille dans ce lieu magique, mythique, fascinant avec cependant des couleurs de "as been. Il y reste des Etincelles de mon enclume, La Parole dans le désert...

Capharnaüm, caverne d'Ali Baba, mausolée, cénotaphe ? Il est des bazars aux recoins si multiples que l'on peut se demander comment l'on a pu s'y faire un chemin. Le mélange des genres est étrange. Comment rappeller à sa mémoire ce chemin qui finit par entraîner Christine Guilloux sur les pentes, mirifiques ou lustrées, les frondaisons, magnifiques ou aveuglantes d'une ville de l'autre côté de l'Atlantique. New York pour vous séduire.

Christine, par ailleurs, faisait alors ses premiers pas, dans l'Etat de New York, à Buffalo à côtoyer des armateurs de créativité, des jongleurs, des acrobates, des penseurs, des empêcheurs de tourner en rond...

Alors, quelques dessins en arabesques et quelques métissages. Alliances et connivences d'encre de Chine et de feuilles séchées. Dame Nature en nervures et en sillons, en surplombs et en gaufrages, en appuis et en pavages. Premiers métissages de matières. Miroitements qui s'évanouirent ou s'épanouirent sur place. - Le bateau ou l'avion ne surent retrouver la voie du retour.


Seule une photo est rescapée des eaux. Il y était seulement question - et encore - d'oiseaux. Vol au long cours. Envol.  Escale. Escale donc au long cours pour ses œuvres d'alors, d'une époque où le mouvement pouvait soudainement s'arrêter, se figer, s'oublier dans les archives ou les labyrinthes, dans les amoncellements, les fatras, les empilements, les pyramides ou les mausolées de Ligoa Duncan.

- Il y aura donc à penser New York, USA, comme chantait Serge Gainsbourg en une répétition lancinante, peut-être bien dans ces mêmes années, ou quelque peu antérieurement, d'un temps dit "de Saint-Germain des Prés".  Il y aura donc à penser la Galerie Ligoa Duncan, mais encore d'autres accents, plus mélodieux, de Boris Vian. Les années d'alors arpentaient ce quartier-là, et la rue de Seine, et la rue Mazarine, et la rue des Beaux-Arts...


l'âme y vit - la mi-vie - l'amie, vis ! - 2009

Quelque part, en mille parts, en sourdine, ils se rongeaient les sangs. A s'en démettre, à se soumettre, à disparaître. Qui étaient-ils? D'aucuns les pointaient du doigts ces leucocytes aux accents qui se voulaient neutres, passe-partout, invisibles et inatteignables.  Ils tiraient sur des cordes, ils ramenaient la couverture à soi, ils titillaient Christine du tréfonds de leur être, de son être. Christine Guilloux se demandait bien ce qui la faisait chavirer, la mettait à bas, au plus bas. Toutes voiles dehors, toutes énergies retroussées, rétrécies, absentes. 
Les officiels lisaient en diagonale sans maîtrise de la lecture rapide. Quelques minutes pour passer au suivant sans regarder les courbes, les sinusoïdes, les chutes libres.

Non, il ne s'agissait pas d'un saut en parachute, pas plus qu'à l'élastique. Christine avait pu avoir, dans son passé d'exploratrice, des élans pour l'exotique, la prise de risque. Mais rien qui ne soit quelque peu préparé, ou balisé, pour une meilleure présence à l'aventure et à la découverte. Là, le mystère demeure malgré les investigations et les analyses entreprises, malgré l'écoute et la mise en traitement de fond. Eructations d'hépatite, luttes intestines, auto-immunes, cœur au ralenti, abasourdi. Les leucocytes se seraient faits Shadocks, épuisés de pomper. Juin 2008. Vols rêvés en montgolfière.

L'été 2008 permet des écritures chez Igor Drigatsch à Saclas, dans l'Essonne, puis chez Peter Blystone, à Flagstaff, dans l'Arizona...  Sauts dans l'espace, sauts d'un désert de verdure à un désert de rocailles. Espaces qui se voudraient en apesanteur. Les textes s'intituleront "Luxuriances en thébaïde", "Secrets d'Arizona, Arizona Secret ", "Quête de vision".

Septembre 2008 et c'est prise de décision d'un repère, d'une borne-repère sur le chemin de vie de Christine Guilloux. Décision d'une exposition pour se projeter, se propulser, s'impulser de la vie. Dans la vie.

Aussi il y a l'image du milieu, celle de l'arrêt sur image et sur son, celle de la transition, celle d'un fond de puits, ou d'une base de lancement, celle d'un rebondissement, celle d'une remise sur orbite. D'une remise en mouvement.
L'exposition a eu lieu le samedi 23 mai 2009 au Café Le Progrès, rue de Bretagne en  Paris 3ème. L'âme y vit - La mi-vie - L'amie, vis!   (noter info pour cliquer sur la page de présentation)
Surprises, étonnements et sourires ont été partagés pour une danse d'étoiles. Atmosphère des plus conviviales pour cette journée qui s'est prolongée tard dans la soirée. (photos )

(photo de l'image du milieu)



sorties de domovoï - 2010

Des mots et des images en mirages...





 

Notes