Mireille Disdero,
éditrice, novelliste et romancière

Vous pouvez accéder directement depuis cette page au Blogue personnel de Mireille Disdero-Seassau, bleu-indigo, et en particulier prendre connaissance des dernières nouvelles au sujet de son travail et de ses commentaires sur l'actualité littéraire.

C'est par le truchement du site Ecrits?...Vains, site que j'avais présenté dans le numéro 64/65 - hiver 1999, printemps 2000- de jointure pages 77 et 78, du temps où je pensais - avec d'autant plus d'énergie que je m'en étais chargé, sous le titre distinctif astrol@be et sext@nt - qu'une chronique consacrée à une analyse critique des sites poétiques et littéraires émergeant sur Internet pouvait intéresser les lecteurs de cette revue, que j'ai fait la connaissance de Mireille Disdero. Sinon d'elle directement, du moins de son écriture et de ses recherches.
Si, depuis, elle a cessé cette collaboration là, son écriture et ses recherches continuent...

Les lecteurs et animateurs de jointure s'étant montrés majoritairement allergiques à ce nouveau média, Internet, j'ai renoncé à ma chronique. Mais pas à conserver d'amicales relations avec les poètes et écrivains rencontrés à cette occasion.

Mireille Disdero est du nombre de ces rencontres qui ont commencé par une lecture intéressée - assez peu différente de celle que le papier regardé amorce et donne parfois envie de prolonger- et s'est continuée par une co-anthologisation, dans le projet éros en poésie piloté par Isabelle Jousseaume, puis une coopération, avec Alain Castets, au sein de l'aventure Clarté-Poésie.

Je l'ai donc sollicitée pour figurer dans mon anthologie personnelle. Je la remercie très amicalement d'avoir accepté de compromettre son écriture qu sein de ce magma qu'est adamantane.net.


Du ciel Venise est un poisson


Grimpant aux terrasses des cafés, le voyage farde un rio serpentin. Miroir, je te vois. Dans l’âtre où crépitent les souffrances et le tendre des regards. Onzolo, je te vois. Transparent ancêtre malgré les masques et le fantôme de ton alto sans archet. Tu sais la nostalgie plus forte que tristesse. Avec l’accent d’un quartier pauvre, tu roules l’air pour soupirer les mots puis, approchant les fenêtres du palazzolo, tu te souviens d’une histoire chuchotée. Dans le labyrinthe, chaque canal te devient familier. Tu es chez toi et tu souris car cette nuit, l’air est tendre comme un début de roman. Les pages occupent un lecteur qui se déplace à l’intérieur du jardin, chez toi. Onzolo, tu le vois, l’Académie des Arts comme en ralenti révèle sa pensée archaïque puisée dans les hauts fonds … Miroir, je te vois et je vois le monde nager dans les mots, noyer le Rialto.

Collée à ta main, une bougie ouvre un chemin aux lumières intérieures. Tu brûles en toi les pages noircies et les étapes. Ton roman attend, les vitrines continuent à appeler. Tu aimes cet endroit où la grive musicienne, par delà les toits de l’Arsenal s’élance. Oiseau seul, je te vois et j’entends le monde. Eau et pierre lavent ton cœur brûlé. Du ciel, Venise est un poisson. Dans la valise de mes destinées, quittant l’île, les souvenirs au hublot penchent, un poème à la traîne en réverbération de ma joie.

San Zaccaria, Venise - mai 2004


Venise vue du ciel
Cliché Mireille Disdero 2004

Le Banc

Tu ne sais plus à quel moment le banc a existé. A quelle époque ta première sensation s’est inscrite. En surface s’effacent les tourments. Quelque chose crée un barrage pour que jamais les yeux des souffrances ne remontent au ciel où tu habites le présent. Si cela advient, il te charrie au désert, loin des dogmes et loin de tout. Acceptée par toi-même, enfin, de la fenêtre ouverte à la solitude tu contemples le temps et y poses ton goûter.

Tu sais ce besoin de calme jamais assouvi, ton désir de ne plus user les mots afin de vibrer avec les scarabées qui, au zénith, tracent des signes magiques sur la dune.

L’important est dans cette lumière ignorante de ta vie, dans ces secousses de chaleur qui rident la peau des rêves. Rien ne restera que la lumière. La lumière sur les traces du banc.

Le banc de ton enfance est un nid où tu veux revenir. Sa présence sourde rode aux abords de toi. Mais chaque objet de ta mémoire fond depuis toujours sous la lumière, lentement. Ton enfance mirage brûle à mille kilomètres de tout. A la place de tes pupilles, la douceur surexposée d’un vieux nid. Jusqu’à l’aveuglement du temps.

28 février 2004

Pleut-il sur ce banc ?





A propos de Mireille Disdero

Mireille Disdero habite en Provence, dans la région d’Aix. Diplômée de l’enseignement supérieur (DEA de Lettres Modernes et d'Art), elle a travaillé dans les métiers du livre (éditions, librairie, enseignement…). Elle est maintenant en bibliothèque. Elle est directrice des éditions Alba qu'elle a créées en mai 2003 avec Alain Castets .
Rédactrice en chef de la revue de littérature et de poésie Les Cahiers de l'Alba, elle est passionnée d’écriture, de déserts et de Méditerranée.
Elle apprécie et approfondit le lien qui existe entre les peintres, les sculpteurs,les artistes au sens le plus général... et l'écriture.

Bibliographie


Autres activités


Publications dans de nombreuses revues poétiques et littéraires :
poésie première, jointure, les nouveaux cahiers de l'adour, la page blanche, comme en poésie...

Actualité et projets


Dernier travail achevé, lancé festivement à l'Espace L'Harmattan de Paris le 16 octobre 2006 et à l'auditorium BMVR l'Alcazar à Marseille le 17 novembre 2006 :
un ogre dans la ville, roman, préface de Pascal-Ludovic Saissi, postaface de Cédric Yole, illustrations de Catherine Carrugi, aux éditions L'Harmattan, dans la collection Exclamationniste de Marie-José Lallart...