Jean-Paul Gavard-Perret,
essayiste et critique

C'est en mars 1956, que j'achetais dans une librairie de Meaux -j'étais alors élève de math-élem au Lycée, qui ne s'appelait pas encore Henri Moisan, mais plus prosaïquement Lycée mixte de Meaux - les poésies de Stéphane Mallarmé, à la nrf, sous-titrées édition complète contenant plusieurs poèmes inédits.
Le papier a jauni, et bien que les cahiers aient été cousus la brochure s'est partiellement décollée. Les annotations que j'y avais ajoutées, au crayon, pour transiger entre mon désir de m'approprier l'ouvrage et l'interdiction prégnante venue de ma mère on n'écrit pas sur un livre, y subsistent.
Le tombeau d'edgar poe, qui est un des rares poèmes que je connaisse par coeur, porte trace de repentirs reportés d'une autre édition.
La "chanson bas" n° IV, le marchand d'ail et d'oignons, fait aussi partie de mon stock mémorisé. Plus tard, ingénieur d'essais chez Westinghouse, je me souviens avoir détourné ce quatrain pour résumer dans un rapport de mesures des conclusions de nature métallurgique sur la bonne tenue aux vibrations des carters de blocs-freins en fonte :

L'ennui de casser en service
Avec la fonte l'éloignons.
Au rang premier elle se hisse,
Si vibrante la contraignons
.

Prise de position dont la forme avait beaucoup surpris mon directeur technique, qui jugea mes sources inattendues pour un spécialiste de la résistance des matériaux et m'emprunta mon Mallarmé.
Le matériau poétique mallarméen, plus marmoréen que malléable, résiste...Voilà où je voulais en venir.

L'hiver précédent, le 24 décembre 1955 plus exactement -la date est sur la page de garde...- j'avais acheté à Chelles, toujours édité à la nrf, le très grand ( 325 x 250 mm ; les dimensions de la page, oblongue,  sont d'ailleurs doubles, qui mesure 500 x 325 mm ) un coup de dés jamais...n'abolira...le hasard [1] [2] , précédé de la préface confectionnée par l'auteur [3] pour l'édition de mai 1897 dans la revue cosmopolis.
C'est la lecture de cette préface qui me donna envie de lire tout Mallarmé, et ce dans le texte.
Ajouter que cet emploi à nu de la pensée avec retraits, prolongements, fuites, ou son dessin même, résulte, pour qui veut lire à haute voix, une partition. déclare Mallarmé préfacier, après avoir entamé son texte par cette annonce étonnante et perverse : J'aimerais qu'on ne lût pas cette Note, ou que parcourue, même on l'oubliât...

Lorsque j'eus en main, au comité de lecture de jointure, l'étude de Jean-Paul Gavard-Perret telle qu'elle suit ici, je lui demandai de me la confier.

Mallarmé et le Secret des dieux : contre certaines illusions d'optique


La poésie de Mallarmé paraît aujourd'hui avoir perdu son ferment de scandale ; on ne semble plus trébucher sur son énigme ou son obscurité anti-discursive. Mais à  l'inverse le nom de Mallarmé sert désormais de " label " à tout ce qui en poésie et en littérature toucherait au secret, à ce qui dans le langage échappe à sa clarté et à ce qui viendrait - de manière bénéfique -  s'inscrire en faux contre cette exigence du " tout dire " qui préside au développement d'une littérature moderne dont Christine Angot s'est faite la papesse.

Chez elle et dans cette littérature de prétendue éventration, on promet tout - mais hélas si on parle beaucoup on ne dit rien. Chez Mallarmé on ne promet rien, ou sinon rien d'autre que le " rien ". Or c'est bien là que par effet retour et contrairement à ce qu'on affirmait en commençant l'oeuvre de Mallarmé peut faire encore scandale, car chez elle tout n'est qu'une question de langue, une langue qui n'exhibe pas du secret en faignant de l'éventer, mais l'invente.

Sens secret et secret du sens

Certes, toute une pensée critique contemporaine identifie trop simplement le secret à un sens caché qui surgirait comme du champagne simplement  en faisant sauter le bouchon du non-dit. Dire le non dit suffirait ainsi à éclairer le mystère de l'être par ce tour de passe-passe littéraire. C'est pourquoi sans doute aux étrangetés du sonnet en " -yx " on préfère les aveux excitants sous " X ". Il est vrai que dans ce cas les élucidations exégétiques ne posent pas trop de problème. Or, il en va tout autrement en ce qui concerne la gestion du secret chez Mallarmé et de la conception du texte que cela suppose chez lui pour en venir à bout.

Trop souvent en effet malgré l'arrière-fond des critiques du " soupçon " chères à Nathalie Sarraute, le rapport secret-texte se réduit - dans la littérature du pseudo aveu - à l'opposition du manifeste contre le latent. Dire le secret se serait tout expliquer et ce à travers les paramètres strictement définis de la conscience, de la volonté et de l'intentionnalité sous couvert d'un langage "classique" qui ne se remet à aucun moment en cause.

Le secret serait donc facilement représentable sous la forme d'un sens pris dans l'écrin d'une écriture facilement identifiable. Le lecteur charitable sauverait ainsi l'impudique auteur qui pense que parce que le signe fait signe d'aveu il n'y a plus de secret et que d'une certaine manière tout est réglé par effet de visibilité littérale qui devient littérature au sens "plein". C'est pourtant oublier le b. a. - ba de l'écriture que Mallarmé avait rappelé : le signe, en représentant la chose, la dédouble, l'opacifie. De même qu'il la redouble plus qu'il ne la pluralise. En vertu de cette loi structurale, l'écriture ne peut donc que " secréter " ou signaler un reste, un dépôt dans l'altérité de laquelle s'indique, non pas le secret, mais plutôt du secret. À ce simple titre on se rend compte combien l'oeuvre de Mallarmé se révèle encore opérationnelle dans ce qu'elle " dit " du secret et de sa poétique - et non de sa thématique .

Comme on croit épuiser le secret en l'écrivant, on croit en aussi avoir épuisé le mystère mallarméen. Mais une fois expliqués par le détail les mécanismes de sa " suggestion " ou de sa " transposition " poétiques, une fois expliquées les recherches sur ses ouvrages " secondaires ", tels les mots anglais et surtout Les dieux antiques (libre adaptation du manual of mythology de Georges-William Cox) , ou fragmentaires, comme les brouillons du Livre on n'a rien expliqué.

Le rapport de l'écriture au secret reste chez lui fondamental et nous apprend beaucoup en cette période d'indigence littéraire où la prétendue exhibition prend figure d'apparition. En effet pour parvenir à toucher le secret non seulement Mallarmé a su qu'il fallait "réinventer" une langue pour tenter de le cerner, mais qu'il fallait aussi passer par le jeu de bande de textes dit secondaires et dont les dieux antiques reste l'exemple parfait.
Chez Mallarmé le secret, sa confrontation ne passent pas par l'illusion délirante de la confession d'évidence mais par une dialectique souterraine ou un "dialecte " autre dans lequel l'être tente à se rapprocher et à dialoguer entre lui même, les autres et le monde, au-delà ou en deçà de sa et de leur langue, de sa voix et de celle de ceux avec qui il dialogue.

Le poète et les mythes

Ainsi dans les dieux antiques - comme nous le disions plus haut adaptation et traduction libre du livre de Cox - révèle la stratégie poétique de Mallarmé. L'auteur y trace en sous-main les linéaments de sa poétique à travers l'adaptation de la théorie de la mythologie comparée qui se propose de rapporter les mythes anciens à un schéma naturaliste universel, à partir d'un fond lexical indo-européen.

Cette adaptation mallarméenne postule que les expressions figurées par lesquelles les hommes auraient primitivement décrit le spectacle du drame solaire - soit l'alternance cyclique (quotidienne et annuelle) du soleil et de la lune - auraient inspiré les différentes mythologies. Au fil du temps, explique-t-il, quelques expressions auraient été galvaudées au point de perdre tout à fait leur référent originel, dont la mémoire ne subsisterait plus que dans les vestiges de l'étymologie : de figurations lexicales, nomina, elles se seraient cristallisées en réalités surnaturelles, numina. Bref que le langage conditionne donc le mythe et non l'inverse et que par voie de conséquence il fabrique le secret et non le contraire.

Si la théorie comparatiste de Cox (comme celle de Max Müller) intéresse Mallarmé c'est uniquement parce qu'elle confère un pouvoir mytho-poétique au langage. Et le poète d' igitur détourne l'interprétation dévalorisante du langage qu'on retrouve chez Müller (pour qui le langage est une maladie et le mythe une excrétion de cette maladie) et il lui donne un sens positif de réserve poétique inépuisable (et non comme un tissu impropre qu'il faudrait dissoudre). Le langage devient ainsi la " fiction " dont se recouvre le néant ; il devient la pratique active sur laquelle, du rien, s'élabore l'illusion universelle, il est le " glorieux mensonge " de la divinité, dont le monde procède. On est donc bien loin des éventrations modernisantes du secret. On assiste plutôt à son renforcement par où tout passe sans donner lieu à une vérité illusoire de façade d'un pseudo "découvrement".

S'il existe un secret - un secret fondamental et qui ne peut que résister - c'est pour Mallarmé celui de cette syntaxe élémentaire de l'âme humaine dont il emprunte l'articulation à la révélation solaire, et qu'il transpose, à travers différents motifs, dans plusieurs de ses poèmes mais dont les dieux antiques, besogne propre selon ses propres mots - c'est à dire outil de réflexion et traduction infidèle ou adaptation libre de l'oeuvre de Cox, déchet, rejet, reste du reste de l'oeuvre - garde le secret comme une lettre " cachée " sous le manteau de la cheminée de l'oeuvre. Les Dieux antiques sont donc un lieu d'énonciation ambiguë, impropre, inachevé en quelque sorte mais au vu duquel la poétique mallarméenne est au plus près du secret.

Traduction, tradition...

Car ce qui fait le mystère de ce lieu, c'est le lieu même de son mystère : lieu d'énonciation qui, pour recouvrir une portée poétique, n'est ni un traité d'art rhétorique ni un manuel de composition, mais la traduction d'un traité à prétention scientifique, c'est-à-dire un lieu d'énonciation où on aurait attendu que le sujet de l'écriture s'efface, et qu'il s'efface même doublement : d'une part, à titre de traducteur (puisque le discours de la traduction est un espace de neutralité sur lequel le traducteur a des droits très limités, qu'il ne peut s'approprier à sa guise) et d'autre part, à titre de sujet de la science, sujet qui est lui aussi tenu de s'effacer, voire de se " supprimer ", la science étant, par définition et selon Paul Virilio, une idéologie de la suppression du sujet.

Or, loin de s'éclipser du discours de la traduction et de la science, Mallarmé se l'approprie, l'élit comme le lieu de sa " révélation " poétique : il y entremêle les fils de son oeuvre et de ses fantasmes. Il est d'autant plus surprenant et paradoxal de " retrouver " le Mallarmé poète en ce lieu "impropre" et "inapproprié", qu'ailleurs dans son oeuvre. Et plus précisément que dans son oeuvre poétique où il professe ou pratique le contraire : à savoir la disparition élocutoire du poète.
Évidemment, comme toute révélation, la révélation de Mallarmé dévoile tout autant qu'elle voile (ce que les adeptes de la littérature actuelle de l'aveu semble avoir fondamentalement occulté). En effet, si les dieux antiquesportent au jour quelque indice sur la poétique de leur auteur, il ne faut pas oublier que ce n'est jamais que dans la traduction ou l'adaptation d'un discours emprunté à l'Autre, à un Autre multiforme incarné à la fois par l'auteur original, le science, l'école de pensée d'où le discours est généré de surcroît.

L'appropriation poétique du langage de l'Autre

En assumant ainsi le discours de l'Autre, Mallarmé se dérobe derrière sa voix, derrière le voile de sa voix, mais il laisse toutefois l'espace d'un décalage, d'un interstice ( celui qui sépare la reprise de la simple prise de parole ) par où sa présence se re-marque et il montre ainsi combien tout secret est aussi une dé-marque...

Ce qui est vrai pour les dieux antiques l'est aussi pour d'autres lieux stratégiques du corpus. Le sujet de l'écriture mallarméenne semble souvent révéler des indices de sa poétique suivant un mode similaire de travestissement dans le propos : celui du dandy, du gazetier de la dernière mode ou dans celui, fantasque, du pédagogue des mots anglais.. La façon de dévoiler ou d'enrober le secret rend donc chez lui des tournures remarquables que bon nombre d'écrivains devraient aller revisiter avant de penser pourvoir afficher comme sur un étal ce qu'il prennent pour vérité première de leur mystère.

Chez Mallarmé la poétique du secret dérive de jeu de voix, c'est-à-dire du fait que le sujet de l'écriture, sujet emblématiquement moderne en tant qu'il est comme l'écrit Dominique Rabaté  tramé de voix,tend à parler sous le couvert et dans l'écart d'une ou de plusieurs autres voix, depuis un lieu énonciatif incongru au regard du cadre générique et de l'adresse qu'affiche son discours " officiel ". On l'aura compris Mallarmé nous rappelle que la transmission ou l'interférence du sens au plan de l'énonciation sécrète son mystère, mystère qu'il tente d'infiltrer par différentes postures et différentes adresse. D'où son art de ciseler le tissu du discours en différentes matières, dimensions ou " dit-mensions " .

Dévoilement du dieu texte

Texte à double entente, les dieux antiques fournissent ainsi des réponses à l'écolier désireux d'étudier la mythologie comme au critique littéraire soucieux d'y chercher quelque piste d'interprétation sur la poétique de leur auteur. Cependant la complexité de l'écriture d'un tel texte ne le laisse cependant pas le réduire à l'une ou l'autre de ces deux dimensions. Mais c'est en vertu de ce dispositif que le texte de Mallarmé reste secret, ou plus exactement qu'il reste indicatif du secret. On peut à ce titre regretter de voir de combien peu d'exégèses ce texte a fait l'objet.

Ajoutons que Mallarmé connaît trop bien l'art de la lecture, sa valeur d'usage, celle qui mérite d'être transmise mais autrement que sous le mode de l'échange vulgaire, pour croire qu'on apprend vraiment à lire sur des textes transparents, par le truchement de l'aveu. Il a su ce qu'apparemment on a oublié aujourd'hui combien le secret se frotte à la résistance du texte, combien le texte se frotte à la résistance de l'aveu.

Le texte n'est jamais un avènement, et le secret un événement. C'est bien plus compliqué que cela et Mallarmé jusqu'en sa pratique même nous le rappelle dans le Secret des Dieux. Ecrire ce n'est pas avouer mais à travers le voile dernier qui toujours reste se frotter contre la résistance du texte, faire l'expérience de l'étranger, et buter sur une réserve de sens et non un épuisement dont l'aveu serait la signification, et qui d'une certaine manière signerait la " fin " de la littérature.

Jean-Paul Gavard-Perret




Certains choix typographiques du texte original ont été, par mes soins, légèrement retouchés pour respecter autant que faire se peut les conventions de lecture du site. Il s'agit en particulier des noms propres, des titres d'ouvrage, des mots-clefs, des citations et des mots mis en exergue par le jeu des "guillemets".
De même, j'ai pris l'initiative :
  • De créer des  liens vers des sites externes. Ces liens n'engagent pas l'auteur. Ils veulent seulement donner au lecteur des informations complémentaires sur les personnes citées.
  • D'associer les  prénoms aux noms patronymiques, sauf pour Mallarmé lui-même, qui tient ici le rôle principal et mérite cette généralisation.
  • D'ajouter des sous-titres, pour aérer le texte et lui donner une présentation digne de son contenu.

A propos de Jean-Paul Gavard-Perret

Jean-Paul Gavard-Perret est né en 1947 à Chambéry. Il est marié, et père de deux enfants. Il enseigne depuis 1970, en Lycée puis à l'Université : il est actuellement Maître de Conférences à l'Université de Savoie.
Il poursuit actuellement ses recherches et il fait partie d'un laboratoire transdisciplinaire intitulé «Centre de Recherches sur l'Imaginaire et la Création».
Il est l'auteur de plus de 23 recueils de poèmes et de fictions, ainsi que de cinq essais sur la peinture et la littérature contemporaines, parmi lesquels :
Il a collaboré et collabore à de nombreuses revues.
Ses passions : musiques électrique et électronique, littérature et peinture contemporaines, voyages, aux USA en particulier, où il a fait de nombreux séjours depuis l'âge de 18 ans.



[1] L'édition de ce texte a été renouvelée par la tentative ludique de Raphaël Brossart, qui, en 1992, conçut un jeu de 36 cartes dont le but est la reconstitution, à plusieurs, deux, trois ou quatre joueurs, précise-t-il, du texte à partir de cartons de 85 x 54 mm (format dit carte de crédit ).
Il faut un tapis de jeu d'environ 120 cm de côté pour la reconstitution. A noter, fait étrange, que ce jeu se joue sans dés...mais avec 2 cartes blanches.Par contre, sur chaque carte, outre le numéro d'ordre, figure la reproduction d'une face de dé ( car 6 x 6 = 36... ) dont l'emploi potentiel ouvre la porte à une autre règle du jeu.
Raphaël Brossart est auteur d'un mémoire de DESS en Sciences du Jeu, recherche d'une classification des jeux de lettres, Paris 1984.

[2] Dans le journal Le Monde daté du jeudi 22 décembre 2005, la disparition du Professeur Jacques Anis a été annoncée par ses proches avec l'épitaphe virtuelle :
«Un coup de dés
jamais n'abolira le hasard.»

alors que ses collègues du Département de Linguistique de Nanterre choisissaient le :
« Dans nos ténèbres,
il n'y a pas une place pour la Beauté.
Toute la place est la Beauté.»

de René Char

Jacques Anis est entre autres l'auteur de Texte et Ordinateur, l'écriture réinventée ?, et de Parlez-vous texto ?, ouvrages utiles à l'internaute-webmestre-blogologue pour nourrir sa réflexion et l'aider à décanter sa pratique.

[3] Relire les épreuves de certains textes poétiques est une épreuve...même pour l'auteur lui-même, comme le montre ce document rare conservé par la BNF.
♦ Titre : Jamais un coup de dés n'abolira le hasard : poème : [épreuves d'imprimerie] / par Stéphane Mallarmé ; [trois lithographies d'Odilon Redon]
♦ Auteur : Mallarmé, Stéphane (1842-1898)  ♦ Éditeur : [A. Vollard] (Paris) ♦  Date d'édition : 1897 ♦ Contributeur : Redon, Odilon (1840-1916), Illustrateur
♦ Type : monographie imprimée ♦ Langue : Français ♦ Format : [2]-21 p. - [3] f. de pl. : ill. ; 39 cm ♦ Format : application/pdf ♦ Droits : domaine public
♦ Identifiant : ark:/12148/btv1b8625644w ♦ Source : Bibliothèque nationale de France, département Réserve des livres rares, RESFOL-NFY-130 V 
♦ Relation : consulter ici ♦ Provenance : bnf.fr