Jean-Marc Couvé, journaliste, enseignant et poète





Chez Daniel Sauvalle
Cliché CG

Textes en cours de sélection
Introduction et Biobliographie en cours de montage



Sommaire

C'est avec l'hiver 1996 que Jean-Marc Couvé fit son apparition officielle dans le cénacle du comité de lecture de Jointure. Mais, dès l'automne 1992, il me remettait, dans un outre-nous de ladite revue, un CAP de barreur de fond. Donc, déjà vingt ans bien tassés d'une fréquentation commune des écritures...


Premiers éléments - textes de JMC

Note sur les notes

:Il est parfois reproché aux « critiques » (appellation in-contrôlée ; je préfère « lecteur » - mais le mot est connoté, et tous les critiques ne lisent pas chaque livre de la 1ère à la dernière ligne !) de mal choisir les citations des auteurs concernés.
Une citation est toujours une amputation. Apercevoir n’est pas voir de façon détaillée. Le vers / la phrase extrait d’un texte a valeur d’échantillon, d’amuse-gueule ; c’est forcément réducteur. Il n’y a que les fils de pub et certains élus pour être fervents de formules aussi lapidaires que creuses.
Un critique lit-téraire scrupuleux qui rend compte, avec sa sensibilité et sa culture, devrait avoir le droit de « mal choisir » le passage incriminé. Cette mise au point me trottait depuis un bon moment dans la tête : mes « choix », enthousiasmes ou déceptions n’engagent que moi.
Si, par certaines notes de lecture, je contribue à orienter les choix, les enthou-siasmes, voire les déceptions d’autres lecteurs, parfait. Je n’en espère pas davantage. Comme le sang, le mot délivre (des maux) – pourvu qu’il circule... et son auteur avec ! Quelques réflexions venues après avoir folâtré dans « nostalgie de l’hérésie », n° spécial Lambersy de A l’index et Diérèse n° 34
pour Daniel, Jean-Claude et Werner à Jacques Sternberg, in memoriam
Ne donnez pas votre avis (imbéciles) une fois pour toutes,car nul ne vous le rendra. Votre avis sera disséqué, examiné,microscopé… On y verra le noir bruissant, le silence ondoyant,quand vous y contiez la voix blanche du brouhaha paisible,la voix éteinte et maladive, entre silence et retenue, la voix ténue qui se sait nue, qui se tait pour mieux ressurgir sous tes rênes !
Ne dites pas d’un ton tranchant « c’est un si » et pas autrement,alors qu’un « sol » eut convenu tout autant, car Sade est coi – fats !
Dites donc ce que vous voulez, sans vergogne illusoire ou vanité.Est-ce que tu le sais, toi, où va la poésie, après l’été – complétée,sans postérité ?
Nos mots las sont, inhabités.Qu’on ne cherche nulle raison au chant plaintif de quatre sous,ni à rime plus qu’horizon ; pour le peu qu’on sût – soyons soûls !
Ne donnons notre avis sur rien. Et tirons-nous sans nous viser.Qui vivra ri… ra-belaisien ! La mort peut toujours se brosser.Trou noir sur le Mont Valérien, l’avis scié, dévitalisé :Terrien, Sternberg, grain – galet – rien.
Nous lassons, ni ne nous laissons par les croque-morts, les morpions dévaliser (même et surtout pas sous nos yeux).


Misère de la poésie I


Misère de la poésie, parent pauvre de la publicité (pourtant celle-ci dévalise celle-là, sans jamais verser le moindre droit d’auteur…) et des médias * ; vous faut-il une preuve ?
En voilà : J’acquiers, depuis mes débuts de lecteur pour la revue « Jointure », voilà de cela 15 ans, au prix fort (la loi Lang, dans ce domaine, est inopérante) des ouvrages – livres ou plaquettes ** – que je suis invité à recenser gracieusement pour des revues auxquelles je m’honore, en sus, d’être abonné, moyennant le règlement d’un tarif annuel, lui, non privilégié mais bien sonnant et trébuchant. ***
En résumé, je paye des recueils auxquels je consacrerai beaucoup de temps ( = beaucoup d’argent) pour envoyer ( = frais postaux) mes notes critiques à des revues que je paye, également, sous forme d’abonnement… Et tout cela pour ne jouir d’aucune considération particulière du petit, moyen ou grand éditeur concerné (par ma pub), sans parler de l’indifférence polie, au mieux, au pire de la rancœur de l’auteur présenté « jamais assez souvent, ni assez longuement, ni assez positivement » !
Parallèlement, le « poète » Houellebecq (via l’auteur prédateur démago que vous savez) se marchande, entre deux maisons d’éditions « presti-gieuses », pour la modique somme de un million d’euros !
Petite compensation, me direz-vous : Je parle de qui je veux, si je veux, quand et où je veux, en toute liberté ; ni acheté ni à vendre, j’arrêterai dès que j’en aurai marre de cette tâche « noble », certes, mais sans les avan-tages qui vont habituellement avec la noblesse…
Qui a crié « vive la gratuité » ? Que cet imbécile constate les dégâts collatéraux dont est victime la presse payante, après quoi nous en repar-lerons ! Quant à ceux qui pensent que le bénévolat, en littérature comme ailleurs, est la rançon de la « gloire », alors qu’ils font payer eux-mêmes la moindre préface, le plus petit déplacement, qu’ils donnent donc l’exemple : Je ne vois pas beaucoup de signatures célèbres, dans les revues à petit tirage, si ? Alors, pousser les autres à être bénévoles : pigeons – volés, oui…
C’est un peu facile ; le don gratuit de soi, ne me faites pas pleurer… de rire !
Jean-Marc Couvé* Ancien pigiste puis journaliste, en Allemagne (également 15 ans !), je suis bien placé pour savoir combien les grands groupes médiatiques ou services marketing paient la moindre ligne, la plus petite idée, ou simplement le temps de « présence » : très cher !
** Soit une bonne quarantaine par an.
*** Nous sommes des centaines, en France (dans le monde ?), dans ce cas : Enfoncés, les intermittents du spectacle !

Misère de la poésie  II


Je suis passé du statut de journaliste surpayé (en début de carrière,j’avais déjà le double de mon salaire de prof actuel, après 12 ans de service) dans un grand quotidien (tirage moyen : 300 000 ex), au statut de pigiste à titre « gracieux » pour d’obscures revues littéraires que personne ne lit – non, soyons honnête : 100 ou 200 abonnés, au nombre desquels je suis, moyennant « phynances » !
Et l’ami Lambersy qui court encore après le « succès » (voir La toilette du mort) ; à 66 ans, Werner, est-ce bien raisonnable ? Il me faut préciser qu’à la SZ * je recevais des caisses de livres qui m’appartenaient, sans que j’ai obligation de les recenser. **
Désormais, je ne reçois plus que 7 ou 8 plaquettes par an (de parents,d’amis), et tous les bouquins (environ 40) que je critique, je les ai d’a-bord achetés au prix fort – la poésie se riant de la loi Lang sur le prix unique, comme évoqué en I !
Quelle dégringolade / rigolade ! Florent Pagny, qui gagne des millions d’euros, n’a pas idée que la vraie « liberté » (de penser, de créer en free lance, bref d’exister) est à ce prix : Exorbitant ? – pour lui,pas pour moi !
* Journal de Sarrebruck, Allemagne.
** Lecteur à la radio, de 1986 à 88, on me payait grassement. la moindre ligne entamée de deux ou trois caractères !

Lire Mallarmé


Stéphane Mallarmé est aux antipodes de l’image que ceux qui ne l’ont pas lu, ou seulement survolé, colportent ; aux antipodes dece mythe, né après le Romantisme et très « fin de (19ème) siècle »du tenant de l’art pour l’art, retranché dans sa tour d’ivoire. Mal-larmé a tenté, au contraire, de cerner au plus près ce dont le langage est capable : Il a, le premier, mieux, plus complètement et plus dura-blement que Rimbaud, investit scientifiquement le cerveau humaind’une mission difficile (impossible n’étant pas français !) car rigou-reuse – redonner son sens à chaque vocable. C’est d’ailleurs ce qui devrait être l’unique préoccupation de chaque homme ou femme deLettres qui se prétend tel/le.
L’influence de Mallarmé est considérable. J’écris ceci au présent et non au passé – et je devrais plutôt le mettre au futur : sera consi-dérable, longtemps encore. Les surréalistes l’ont méconnu, parce que historiquement trop proches de lui ? Le destin de cet écrivain – à l’œuvre tant qualitativement que quantitativement exceptionnelle – est comparable à celui de Stendhal, un siècle plus tôt, en plus tra-gique : car, là où la prédiction de Henri Beyle, quant à sa propre no-toriété qui aurait à s’armer de patience, au moins 50 ans, jusqu’à ce que l’œuvre soit enfin estimée à sa juste valeur, s’avéra exacte – Mal-larmé, lui, plus d’un siècle après sa mort, tarde à trouver sa juste place dans une postérité qu’il mérite pourtant, au moins autant, sinon plus que Verlaine ou qu’Apollinaire.
Son influence, écrivais-je, est fonda-mentale : Blanchot, Perros, Bernard Noël, Ponge et tant d’autres lui doivent leur exigence intellectuelle. Jusqu’à Autin-Grenier, que la recherche du mot qui fait mouche, de la musicalité parfaite de la phra-se obsède (même si tout son talent consiste à ce que les lecteurs n’en soupçonnent rien) ; l’œuvre de P.A.-G., à la fois originale mais nul-lement hermétique, à l’inverse de nombre de fumistes, est redevable à la recherche de Mallarmé – bien plus qu’à celle de Proust !
Nous laisserons de côté l’Université, qui continue de se noyer dans des exégèses aléatoires et redondantes, à usage strictement confiden-tiel. Dans le Primaire et le Secondaire, quel professeur accorde à Mallarmé la place qui lui revient ? Les élèves sont abreuvés de Rim-baudelaire… jusqu’à plus soif !
En poésie, comme en musique ou en peinture, les enseignants, otages consentants de « la Mode », ont sou-vent 36 métros de retard : Mallarmé est encore trop jeune, sans doute, trop moderne – sans être pour autant, comme nous le signalions ci-dessus, à la Mode ! J’ai l’air de plaider la cause de l’auteur de Un coup de dés jamais n’abolira le hasard, mais dites-moi quel maître accorde une place conséquente aux écrivains vivants, non formatés par le mar-keting de Grande Surface ? Combien ? Un prof sur cent !
Tandis que,dans le même temps, les manuels sont saturés de Boule et Bill (Roba ne dessine plus : il vient même de mourir !), de Tintin(Hergé : mort en 1983), de Gaston (Franquin : mort en 1997) – quid des Ferrandez, Lécroart ou Ser-vais, tant qu’à truffer les manuels de lecture d’illustrations ? Voilà pour la BD. Quant aux « lettres », combien de classes de CM sur 1 000 correspondent avec des écrivains autres que Chabas, Rivais ou Daeninckx ? – ce qui n’est déjà pas si mal ! Les manuels sont remplis de Carême, Verlaine, Prévert,Rousselot…
Où sont les jeunes poètes (moins de 80 ans) vivants, les« poètes d’aujourd’hui » - Seghers, il est vrai, ou plutôt ceux qui ont repris l’étiquette du fondateur, ne montre pas l’exemple : Olivennes, Monjo, Simonomis, De Burine, Lewigue, Miron, (tous morts voilà peu), comme Lambersy, Sacré, Bohi ou L’Anselme, sont introuvables dans la prestigieuse collection…
Et, en cours de Musique, n’y a-t-il rien de mieux à faire que d’entériner le sempiternel « classique » d’un côté, et, de l’autre, les « honnêtes artisans » (dixit Renaud !), les Duteil, Dès, Delerm (pour m’en tenir à la lettre « D » !), auxquels on ajoute, pour faire bonne mesure, les rappeurs plébiscités dans tous les médias – relais des Majors – en continuant de ne pas écouter Couture, Laffaille, Bühler, Marcoeur, Ferré, Lagrange, Sanseverino, les Têtes raides ou Juliette ?
A l’instar de Mallarmé, nombreux sont les artistes qu’ils restent à découvrir, à l’Ecole… ou ailleurs, avant longtemps – avant cent ans ? Contributions à ce portail Références à consulter

Contributions à ce portail

http://www.adamantane.net/notules/simonomis_couve

Références à consulter

http://evazine.com/jmcouve/jmc-biographie.htm
http://evazine.com/jmcouve/jmc-bibliographie.htm
http://www.dieppe.fr/actualite_generale/maltraitance-un-recit-signe-jean-marc-couve-554
http://jlmi.eklablog.com/voie-10-o-nantes-qui-rime-avec-nonante-jean-marc-couve-2011-a3281568