Georgette Daveline-Cogis, africaine, peintre et sculptrice

Georgette Daveline-Cogis C'est vers novembre 1959 que je fis enfin la connaissance de Georgette Daveline-Cogis [1] .

Elle venait d'emménager rue des Carrières, à Suresnes, avec son mari Jean, un de mes cousins de 22 ans mon aîné, et ils avaient eu recours à mes services de jardinier-débroussailleur bénévole pour défricher le terrain qui entourait leur maison.

En remerciement, je devins le nouveau propriétaire d'un exemplaire d'un Abrégé chronologique de l'histoire de France, 1589 - 1715. J'ajoutai mon ex-libris à ceux de Christophe Prebs et Auguste Berton...
Ami lecteur, amie lectrice, si vous possédez quelque information que ce soit au sujet de Georgette Daveline-Cogis, le conservateur vous sera très reconnaissant de les lui communiquer. Et, respectueux des traditions,  il s'engage à vous signaler, si tel est votre désir, comme le généreux donateur, la généreuse donatrice...


Sommaire


Sa peinture : huiles - Collection familiale
Sa peinture: huiles - Mairie de Gien
Sa peinture : huiles - Exposition de Trousse-Barrière, 1984
Sa peinture :  aquarelles
Sa scupture
Ses écrits
A propos d'elle

Sa peinture : les huiles - collection familiale



Nuit sur le Sahara

Huile sur panneau de bois.de peuplier. Format :  35 x 26,5.
Signature ajoutée, en bas à gauche, au crayon-bille à la demande de l'attributaire : G Daveline-Cogis.
Mention manuscrite au verso :
Arrêt de Nuit dans le Sahara
, par Daveline-Cogis 1946
Portrait

Huile sur panneau d'isorel. Format : 34,5 x 27.
Sans titre. 1954
Signature en haut à gauche, coupée par le recadrage de la photographie : Daveline-Cogis
Marche de nuit

Huile sur toile marouflée, contre-plaqué okoumé [4] . Format : 33 x 31
Signature et titrage : Marché de Nuit  - Daveline-Cogis  - 1951 -  Tonbouctou (bien lire Tonbouctou, avec un n)





Huile sur toile. Format : 41 x 33
Signature Daveline-Cogis -1958
Cette toile demeura accrochée au mur de ma chambre d'étudiant jusqu'en 1963. Puis elle me suivit rue du Temple, à La Grande Prairie et rue des Tilleuls, à Chelles...
Une huile sur toile d'inspiration très voisine, titrée Nature morte aux pommes et pichet, figure au catalogue du site Galerie Artcad [3]. Voir la vignette ci-contre.


Sa peinture : les huiles - A la Mairie de Gien



Femme nue

Huile sur toile. Format : 74 x 90
Femme nue ou Fin de rêve  . Exposé au salon des artistes français de 1931, et don à la ville de M. Alexandre DAVID, adjoint au Maire de Gien et oncle de l'artiste le 3 juillet 1933. Restauré sans aucun mécénat par la ville
Soir de grêve



Huile sur toile. Format : 59 x 72
Soir de grève. Exposé au salon des artistes français de 1937. Offert par l'artiste à la ville de Gien. Restauré sans aucun mécénat par la ville.
Frère et soeur


Huile sur toile. Format : 59 x 72
Frère et soeur. aussi appelé Guerre d'Espagne. Mode d’acquisition inconnu. Restauré grâce au mécénat de la Société Nouvelle des Faienceries de Gien en 2012. Date inconnue.
Ces toiles, dont les images ont été communiquées par le Service des Archives , sont reproduites ici avec l'aimable autorisation de la Ville de Gien.  Ces trois tableaux sont exposés dans deux des bureaux d'adjoint au Maire.

Sa peinture : les huiles - Exposition de Trousse-Barrière, 1984



Cette exposition a été présentée au Château de Trousse-Barrière, du 19 mai au 6 juin 1984. Le catalogue mentionne 44 toiles et 3 sculptures . [7].
Abyme

Huile sur toile. Format : inconnu
Titre lu en bas à droite : pour un marin, deux roses

Signature : Daveline
L'homme et le lion



Huile sur toile. Format inconnu
?.
Port de plaisance


Huile (?) sur toile. Format : inconnu
Localisé et daté en bas à droite. A déchiffrer..
Signature : Daveline.



Visage et fumées

Huile sur toile. Format : inconnu
Titre lu en bas à droite : pour

Signature : Daveline
Saint Benoît



Huile sur toile. Format inconnu
Saint Benoît écrivant sa règle.
Armée des ombres


Huile (?) sur toile. Format : inconnu
l'armée des ombres ?
Signature : Daveline.
Ces reproductions, dont sources sont des photographies prises sur place lors de l'exposition, veulent donner la meilleure image possible de l'original. Il a en effet été nécessaire de recadrer les photos, pour éliminer les distorsions dues à l'angle de prise de vue, et aussi de les retoucher localement, pour atténuer l'effet d’éblouissement dû au flash.


Sa peinture : les aquarelles






Aquarelle monochrome sur papier. Sans titre. Format : 53 x 36,5

Signature : Daveline-Cogis
1968

Vendu par Martine Dewez, Galerie, 24 rue Colbert à Reims.

Acheté sur un site de vente aux enchères le 23 février 2012.
Mis en vente avec la légende pin up femme nue de Daveline-Cogis.

Collection privée Laurent D**




Aquarelle sur papier. Forêt guyanaise.
Format : 31 x 39
Signature : Daveline-Cogis
1968
Cliché Radoux Bazzini


Aquarelle sur papier. Au bord du Maroni.
Format : 26,5 x  33,5
Signature : Daveline-Cogis
1968-1969
Cliché Radoux Bazzini



Aquarelle  sur papier. Saint Tropez.
Format : 29 x 39
Signature : Daveline-Cogis
1968
Cliché Radoux Bazzini

Sa sculpture


Statutette

Le site Antiquités en France a mis en ligne début 2012. l'image d'une sculpture. Mais l'objet daveline cogis terre cuite n'est plus en ligne. J'ai donc demandé au webmestre de m'indiquer si l'image était toujours accessible...Début juin 2012, j'a vu apparaitre l'annonce suivante :
sculpture en terre cuite orientaliste ,intitulé femme OUOLOFF , signé DAVELINE-COGIS dans le bas ,dessous étiquette de l'exposition du salon violet de Reims. Hauteur :  38cm, Prix :  700 €. Vendeur :Antiquités Berthier 0247732938 15 avenue des moulins 37260 Artannes-sur-Indre. Suit une biographie en référence à ctte page.La statuette est déclarée en faïence (earthenware).
L’étiquette située sous le pied mentionne la  présence de cette pièce au Salon Violet de Reims.


Femme Ouoloff Femme Ouoloff

Femme Ouoloff




bas-relief : deux médailles

Médaille
Médaille de bronze l'effigie du docteur Pierre Dézarnaulds [5] .
Diamètre 60 mm, masse 160 g.
Collection privée  Étienne D**.
Monument
Reprise du motif pour le monument érigé à la mémoire du docteur, à l'hôpital de Gien.
Cliché ED


Médaillon
Ébauche de médaillon en plâtre patiné, peut-être dans la perspective d'un moulage...Diamètre 60 mm.
Collection privée  Étienne D**
Médaillon
Texte

Ses écrits



A propos d'elle

Sa vie

Georgette David naît à Gien le née le 26 janvier 1902. Son père, modéliste-décorateur à la faïencerie de Gien, décide peu de temps après sa naissance de changer de métier, et devient dresseur d'animaux sauvages. Les douze premières années de sa vie elle grandit dans ce milieu très particulier, astreinte à aider son père dans les soins des animaux, voire à manier le fouet en cas de besoin. Puis elle entre comme pensionnaire à Bléneau, dans l’Yonne. Elle y obtient dès 13 ans son certificat d'études primaires, y découvre vers 15 ans la musique, la danse et les arts plastiques. Son père l'oriente alors vers les arts décoratifs, dans la perspective d'un avenir stable à la faïencerie de Gien. Elle est reçue à l'examen, mais choisit de quitter ses parents et de s'inscrire à Paris à l’École des beaux-Arts.. Elle passe le concours avec note favorable.
Les circonstances ne lui permettent d'y rester, et elle vit de la réalisation de petites commandes de dessins et de peintures. C'est à cette époque, vers 1925, qu'elle adhère au mouvement de la horde de Montparnasse, dont sera un moment secrétaire. Elle commence à se faire un nom dans l'art du portrait, en particulier à Montmartre.
Progressivement, elle arrive à vivre de ses gains, peut apprendre à conduire, se marie et finit par adopter le fils qu'elle ne pourra jamais avoir.
La seconde guerre mondiale bouleverse sa vie sur tous les plans. A la Libération, elle part pour le Soudan avec son fils, et y trouve un emploi au contrôle des essences pour l’aviation. Pendant ses loisirs, elle se remet au travail, se lance dans la sculpture et le modelage en s'inspirant des traditions indigènes. C'est là qu'elle rencontre Jean Cogis [2], qu'elle épousera, devenant Georgette Daveline-Gogis.
Sa vie change. Du fait de la profession de son mari, elle voyage à travers le monde : Guinée, Guadeloupe, Guyane, Niger, Tunisie. Par moments, ils séjournent en France, ce qui lui donne l'occasion d'exposer à Toulouse, Tarbes, Aigues-Mortes, Reims, où elle séjourne plusieurs années, et crée l'association Art-Champagne qu'elle dirige pendant plusieurs années.
Lorsque son mari prend sa retraite, ils s'installent à Les Haute-Rives, à Gien....
Elle reçut quelques distinctions : Officier dans l'Ordre National du Mérite, Officier dans l'Ordre des Palmes Académiques...
..
 

Un témoignage


Le monde flamboyant de Daveline-Cogis, peintre, scupteur, poète.
Des larmes...du feu...des hommes...des voyages...


Telle est présentée l’œuvre de Daveline-Cogis dans le catalogue de sa dernière exposition individuelle au château de Trousse-Barrière à Briare, en mai dernier [Du 19 mai au 3 juin1984], et si cette œuvre répond à cet appel, c'est qu'elle se fond avec sa vie.


Jacqueline Mars, in Courrier des Marches et d'Outre-mer,n° 140, automne 1984, page 20








[1] Georgette David prit pour pseudonyme Georgette Daveline, en associant les patronymes de ses deux parents : DAVid et JussELIN

[2] Jean Cogis, fils de Félix Cogis et de Marguerite Desthuilliers, né à Chelles le 23 juillet 1917, décédé le 2 juin 1992.

[3] Ce site n'exerce aucune activité commerciale Son but est la présentation et la diffusion d'informations sur la peinture française au XIXème et XXème siècle et de présenter des oeuvres des peintres de cette période.

[4]

timbre
Pour en savoir plus sur l'Okoumé...La République du Gabon a émis un timbre à l'effigie de cet arbre aux noms variés : l'Aucoumea klaineana se nomme, selon les endroits, okoumé, angouma, mfumu, n'koumi, n'goumi, okume, et même gaboon au Royaume Uni !

[5] Selon le site de l'hôpital de Gien...

Pierre Dézarnaulds était un grand médecin, né à Paris, en 1879. En 1902, à l'âge de 23 ans, il est reçu au concours de l'internat des Hôpitaux de Paris. Il y est interne jusqu'en 1906 et fait partie des meilleurs élèves du professeur Delbet. Il est, en fait, à la fois médecin et chirurgien. Préférant la médecine de proximité aux hôpitaux parisiens, à la fin de ses études, il s'installe à Gien, ville chère à son cœur et à ses souvenirs d'enfance rattachés à Pierrefitte-ès-Bois.
Sa clientèle est surtout constituée d'ouvriers, de cultivateurs peu aisés et de petites gens aux revenus modestes. Il est appelé le médecin des pauvres car il lui arrive de donner des consultations gratuites. Il intègre l'hôpital de Gien en 1907 et devient le chirurgien-chef de l'établissement en 1910. Un poste qu'il occupera pendant 35 ans ! De 1944 à 1959, il est président du Conseil d'administration de l'hôpital.

Pierre Dézarnaulds a également fait une grande carrière politique de 1919 à 1965. Il devient, tour à tour, député, maire de Gien et président du Conseil général puis secrétaire d'état à l'éducation physique sous le gouvernement de Léon Blum, en 1936.
L'ensemble de sa vie médicale et politique mais aussi sa participation active à la reconstruction de l'hôpital après la guerre sera honoré par le conseil municipal de Gien. Le nom de Pierre-Dézarnaulds a, en effet, été donné à l'hôpital en témoignage de son amour de la médecine et des malades auxquels il a apporté un dévouement exemplaire.

[7] D'autres photographies, prises pendant cette exposition, m'ont permis les restitutions, toujours un peu rognées, et rendues floues du fait de l’agrandissement de clichés déjà de moyenne résolution, pour ne rien dire des retouches destinées à atténuer les effets de la suppression de personnages de premier plan intempestifs, d'une partie des œuvres présentées. Je les publie ici , partant du principe que cela vaut mieux que rien...

Deux pirogues

texte gauche
Au pied de la montagne

texte centre
Eglise

texte centre
Feu et femme

texte droite
La savane

texte gauche
Ma mère à la porte de son jardin

texte centre
Thé de nuit

texte centre
Trois pirogues

texte droite


Une comparaison entre motif et travail...




Aquarelle sur papier.
Saint Tropez
1968


Carte postale.
Le port de Saint Tropez.
A dater

Pour effectuer la comparaison entre les deux images, les proportions de l'aquarelle de Georgette Daveline-Cogis ont été modifiées.  Ceci afin de compenser les écarts entre l'effet de perspective imposé par le lieu d'observation, et l'incidence de l'ouverture optique de l'appareil photographique.

La carte postale, elle, a été découpée pour assigner à la partie conservée la même largeur d'horizon que celle de l'aquarelle.

Cette mise en parallèle n'a pas pour but de montrer que l'artiste aurait travaillé d'après l'image, mais de permettre de pointer ressemblances et différences. J'attire l'attention sur la manière dont est traité le bâtiment -quatre fenêtres sur le mur pignon - situé dans la partie médiane du champ visuel.