Francine Caron de Batz,
universitaire, voyageuse et poète


Francine Caron

Francine Caron

[*]

C'est le vendredi 20 octobre 2000, vers 20 h 00, au François Coppée, Métro Duroc, à Paris que je fis la connaissance de Francine Caron [1] . Nous nous retrouvâmes ensuite à une des soirées-réception organisées par le poète Paul Farellier à l'ombre de la Tour Eiffel...
De la première rencontre, je rapportai quelques notes sur son histoire personnelle, telle qu'elle la confia aux participants.

Mises aux net, elles devinrent ce texte, soutenance de l'arbre, intégré avec sa dédidace dans l'ébauche accomplie :

Francine Caron m'a demandé, en juin 2008 : Rends-moi, veux-tu, cette aide charmante sur Adamantane : signer ton beau poème, on le croit mien...Je lui réponds ici que je suis charmé de cette confusion, et que de plus ce texte, dont j'assume la responsabilité, lui appartient en partie, puisqu'écrit après l'avoir entendue livrer un peu d'elle même.

Sommaire


Soutenance de l'arbre

Mon anthologie personnelle
Reconnaissances
Bazouges-La-Pérouse
Musica
Titre IIII

A propos de Francine Caron I

A propos de Francine Caron II

A propos de Francine Caron III...

Soutenance de l'arbre



Beaux arbres féminins au ventre d’aubier tiède
Le miel de votre sève est rivière aurifère
Qui nourrit de mots purs ce germe de poète
Qu’un orage rupture un soir expulsera.

C’est vous, arbres enceints aux seins d’écorce blanche
Qui allez lui apprendre, à nager dans les eaux
Très musicalement porteuses de murmures,
Le galop de l’artère et la gamme des souffles.

Arbres à l’ombre lente avide de soleils
Vous tendez vers le ciel l’élan de vos colonnes
Pour en secret construire une arche reins ployés
Qui sera porte d’or aux pèlerins stellaires.

Mes arbres métissés, forêt touffue d’oiseaux,
Votre effort aiguë forge en le fer bleu du ciel
La forme du destin et le chiffre éphémère
Qui désigne une force en la paume des feuilles.

Arbres, apprenez-moi à écouter la mer
Et à goûter l’amer que la vague et le vent
Sur ma bouche entrouverte en embruns élaborent
Pour donner goût de vrai aux voix de mon poème.



O mes arbres têtus, gardiens de mes moissons,
Avoines à foison, pivoines en fusion,
Bétoines en frissons que froissent les cétoines,
Vos ombres floues ponctuent le champ de ma récolte.

Chers arbres, mes amours en robe de bruine,
Trembles sous la trempée, charmes sous la chablée,
Avernes sous l’averse, ormeaux sous les orages,
Vous vibrez sous les pluies qui lavent vos gerçures.

Arbres roux au levant solaires sémaphores,
Arbres blancs que midi en cascade éclabousse,
Arbres mauves au soir que la lune caresse,
Vous épousez votre ombre aux noces de la nuit.

Arbres harmonieux, ma famille affermie,
Souche à souche enchâssée dans la chair de la terre,
J’écoute grésiller le feu de vos serments
Comme sarments d’hiver que le serpeau refend.

Et moi, diseuse de gués, guetteuse d’ondées,
Immobile au milieu du temple clairière,
J’attends le temps sacré de l’enracinement
Qui va me transmuter dans la splendeur de l’arbre.


Jean-Pierre Desthuilliers

Le choix du mot soutenance dans le titre voulait réunir l'allusion universitaire à la soutenance de thèse à l'allégorie de l'arbre soutenant le ciel ; j'avais en effet été marqué par l'insistance avec laquelle elle parlait arbre, dans sa propre présentation tout autant que dans les textes lus à cette occasion. L'auteur de L'arbre parole ne pouvait rester indifférent à ce culte...

Lorsqu'à l'été 2005 je montai avec Isabelle Normand le programme de notre première expérience Aux confins de la poésie, destinée à être tentée au Théâtre Aire Falguière, nous tombâmes d'accord sur l'idée de solliciter sa participation. Elle nous l'accorda très vite. Ce spectacle eut lieu dès le mardi 13 décembre.

Mon anthologie personnelle

Reconnaissances

Extrait de Grandeur nature, page 95.

Pays frissonné de marais
où se jouxte la vie totale
un rais de ciel
te ramène au bonheur.

Au sol   des aigrettes d'orties
     des joncs gainés
     des crosses de fougères
un vivier vert qu'on ne démêlerait
dans l'évidente harmonie des états

Baroques troncs lèvent    à tout venant
rectifiant des brisures     des chutes
et là-haut tout concorde en feuillée
peupliers      trembles
cages de branches en guet d'oiseaux

     Socle du vrai et de l'éternité
     où l'eau s'effile en cil pâli
     j'habite aux premiers âges d'avant l'homme
     et j'apprends    en mesure    le silence

Bazouges la Pérouse

Extrait de Terres celtes, pages 119 et 120, et de manière plus précise du chapitre femmage à Angèle Vannier.

Dans les cours de Bazouges
quand on y voit de près
il est des feuilles qui craquèlent
la mare en quête de lavoirs
des vaches simples aux fronts d'étoiles

Dans les bois de Bazouges
quand on y voit de loin
il est un tertre vert inexploré
les arbres-dais le couronnent de chants
la joie éclate en sa beauté paisible

On vague
et au détour apparaît le menhir
crucifié d'angles
terre figée de biais
proie et puissance de la nuit

Au village
la voie s'étend
le manoir d'Angèle étincelle
Maria qui vient a le cœur des fougères
on trie les joncs de la tendresse

Dans les jours de Bazouges
on décèle des fées
des nuits de la Sait Jean
tremblants de cierges
des soirs fertiles    et drus
à grand soupir de mousses
où l'espoir épouse la terre
Ayant vécu en Bretagne gallese à Bazouges-la-Pérouse de 1951 à 1953, à une époque où Angèle Vannier n'était pas très connue – elle avait 35 ans et n'avait publié que ses deux premiers ouvrages – je ne pouvais pas ne pas être sensible à cette évocation du bourg où j'avais appris à traîner dans les bois – à la forêt de Villecartier –, traire les vaches et grimper aux arbres...


Menhir La pierre levée

Cliché JPD, 1996. Ce menhir, La Pierre Longue, se dresse à gauche de la route de Combourg. Ce nom est d'ailleurs gravé dessus...
Il est un élément de base de la couverture dessinée par Michel Faure pour le roman de Michel Bouts Sang Breton.

J'ai lu, avec le regard du souvenir, on tire les joncs...Car tirer les joncs consiste, le soir de la Saint Jean, à la nuit tombée, à attacher des joncs fraîchement coupés aux anses d’une bassine en cuivre – de mémoire, la cuisinière de Bellevue parlait d'une pelle (?) – emplie d’eau, les mouiller, puis les faire vibrer en pinçant-tirant entre le pouce et l’index pour tirer de cette harpe horizontale, rustique et monocorde un miaulement qui peuple les ténèbres encore claires et fait apparaître à la surface de l’eau d’étranges ondes.
 
J'ai peut-être été initié à cette pratique avant Maria Louyer...

Mozart  -  Musique ( Musica ~ Música )


Musique-sœur mère et fille des larmes
à l'orée de la joie vivifiante
tout le corps traversé des nostalgies de vivre et
de la voie des illuminations

Musique qui prend l'âme
musique d'eaux sensibles
cassant les os  -  berçant le temps

Soudain Mozart s'envole et plane
au-dessus des baroques
allegro ~ tan alegre
Amadeus jouant dans l'éventail des cordes
triangle au ruban rouge sur le piano ouvert
Comme un ami
Comme
un adolescent à pirouettes  
joyeux
  gentilmente ~ gentilmente   enfui

Et l'amour de ces femmes
plus profond que la mer    Plus sûr
que le lien flamboyant de tant de couples
Accord à quatre mains coulé
Battement même organique des touches
Caresse de leurs gestes
Extase en-allée des visages

L'amour Humain



Daté du 28 mai 1996, Biblioteca Española de Paris, après le concert des pianistes Pepita Cervera et Teresina Jordà, mère et fille.
Écrit dans l'amour de son père absent. Quelques termes italo~espagnols, dans l'esprit de l'Europe littéraire, à prononcer dans la langue pour goûter les musiques du texte. Conseil au lecteur souvent chuchoté par les poètes...

Un sculpteur d'eaux ne pouvait qu'être sensible à la transcription dans le domaine de la matière musicale de sa propre préoccupation de donner forme définitivement éphémère au fluide et au subtil. Mozart, l'enfant-mozart qui intrigua Nicole Louvier, ici est perçu comme modeleur de temps, plasticien du son, ciseleur de mélodies.

Le choix des couleurs marquant les mots italiens et castillans, mots de la musique, ne doit pas intriguer exagérément le lecteur. Ce sont les drapeaux qui les ont suggérées.

allegro : allègre, joyeux, vif, guilleret
gentilmente : gentiment, doucement, légèrement, courtoisement



Créé en 1796 par des membres de la milice milanaise affiliés à la franc-maçonnerie. Le drapeau italien est inspiré du drapeau français, dont le bleu est remplacé par le vert. Le vert est la couleur des uniformes lombards.



Les couleurs sang et or  remontent aux Rois Catholiques. Le blason a été ajouté en décembre 1981. Il comporte les armes de Castille, León, Navarre, Aragon et de l’ancien califat de Grenade.


Titre 4

Notice en cours de rédaction.

Titre 5

Notice en cours de rédaction

A propos de Francine Caron - I


C'est Isabelle Normand qui a rédigé l'essentiel de ce texte de présentation, que nous avons lu à deux voix à l’Espace Falguière le 13 décembre 2005. Je lui laisse cette fois la parole.

Pour faciliter la lecture, cette bio-bliographie n'a pas la typographie propre aux citations faites sur adamantane.net, d'autant plus qu'elle contient des citations de Francine Caron elle-même. J'ai rédigé les intertitres et ajouté des liens dynamiques.

Arcane II

Francine Caron est une grande prêtresse de l’amour, peut-être une grande prêtresse tout court. Elle a la force de cette voix intérieure qui s’exprime à travers tout ce qu’elle écrit, celle qu’il faut aller quérir au tréfonds de soi-même. Par le corps humain et ses délices, elle est en osmose avec notre Terre, avec tout ce qui est dedans et dehors. Le centre du monde est son ventre, ils vibrent tous les deux aux mêmes rythmes du même forgeron.
Elle met souvent en parallèle le corps de Gaïa, la Terre, et le sien, avec cette prescience que le sang doit se mêler à la terre pour résonner ensemble sur les mêmes ondes et les mêmes fréquences. C’est à des noces mystiques qu’elle nous convie donc à chaque instant dans sa poésie, celles qui célèbrent inlassablement le mystère de la vie. La Terre, écrit-elle, est la première partie de la terreur… sur quoi elle écrit aussi. C’est un voyage en elle qu’elle entreprend chaque fois qu’elle prend l’avion et qu’elle voyage :

DÉPART : Où en suis-je de moi ?
Une passion de vie
un grand livre de terre à fouiller
.

Quand on entre dans cette œuvre qui s’étale sur quarante ans, on est frappé par toutes ces correspondances. Francine Caron dit d’ailleurs que c’est la Poésie qui l’a construite, puis reconstruite après un double deuil. Pour elle, c’est un tout, un château intérieur qui est devenu l’essentiel de sa vie, lié intimement à la compréhension du monde et au don de s’émerveiller.
Mais on ne voit pas forcément ces correspondances au premier coup d’œil, elles s’imposent au fil des livres et des poèmes. Elles sont là. Elles émergent. Elles sortent de la glaise des mots sous forme de poèmes comme si elles y étaient depuis toujours. Un peu comme le sculpteur qui prend son bloc et qui le creuse.

Amour, Voyage, Monde

Les grandes lignes de force que cette œuvre nous donne à voir peuvent être définies de la façon suivante :
Les grands thèmes qui traversent ainsi l’œuvre de Francine Caron sont l’amour, le voyage, et le monde. Le ventre humain est aussi le ventre de la Terre, le magma initial situé au cœur de la Terre est aussi celui qui brûle dans notre ventre. C’est l’aller-retour entre les deux pôles qui provoque l’énergie, le mouvement, qui anime la matière, qui est le début et la fin, qui crée le Temps.
Avec Francine Caron, on est donc au cœur de l’univers, dans ses rythmes et ses arrachements. Et l’on comprend du coup le principe-même de l’expansion, c’est-à-dire qu’il faut qu’un se retire pour donner naissance à l’autre, créant ainsi la brûlure du manque dans laquelle prendront place les naissances suivantes.
Et c’est ce mouvement de respiration intime profonde qui nous fait battre le rythme sourd de toute vie dans un présent qui n’en finit pas, à la fois le cœur du temps et sa fuite, une chose et son contraire, le fixe et le mouvement. Il nous faut aller ainsi du fixe au mouvement pour nous réaliser, être vivant.
Et c’est bien à travers la poésie que Francine Caron se réalise, du foisonnement initial à l’ascèse actuelle du haïkou.


Francine Caron, c’est une voix. Mais c’est aussi, et avant tout, un personnage que nous connaissons depuis près de vingt-cinq ans. Un personnage éparpillé dont nous ne découvrons l’unité que lentement, un personnage un peu fantasque qui se détache des apparences, qui ne rentre dans aucun autre moule que le sien.
Androgyne, dit-elle d’elle-même, séparée, à la fois deux en un et un en deux, deux sexes en un qui est le sien, et un être pour deux, un être balancé entre deux pôles, un être déchiré en deux. Son père et sa mère, la voix, la musique et le chant pour l’un, la poésie, la peinture et les mots pour l’autre. Ce sont eux qui lui ont donné accès aux arts.
Mais le premier les quitte quand elle avait huit ans. Elle reste seule avec sa mère, d’où une mise en osmose  dont elle ne sort que pour aller vers une relation passionnément  impossible où l'amant, assumant l'inversion des rôles convenus, se fera inspirateur. C’est là qu’elle trouve l’équilibre pendant quinze ans, jusqu’à ce qu’ils la quittent tous les deux, à peu près en même temps.
L’épure se fait après leur double disparition évidemment.

Itinéraire


1945 : Francine Caron, d’origine picarde, est née le 18 septembre par une tempête d’équinoxe, en Bretagne. Ses parents s’installent ensuite à Angers où elle passe sa jeunesse.
1965 : premiers poèmes.
1967 : agrégation de langue et de littérature espagnole, assistante puis maître de conférences à Rennes II, puis chercheur associé à l’université d’Angers.
1973 : premières publications : Germoir, En vers et pour tous, Orphée sauvage, le Plein Amour, les Corps Sourciers,  Amour Éphéméride.
1974 : elle fonde la revue Nard, qu’elle dirigera et animera jusqu’en 1981.
1981-1989 : elle voyage en Europe et sur trois continents.
1989 : la disparition de deux êtres chers,  à deux mois d’intervalle. C’est la traversée de l’ombre, le repli sur elle-même. Elle écrit mais publie de manière moins visible, et elle passe à la prose.
1999-2004 : elle repart vers l’extérieur à travers la revue L’Oreillette, avec Marcel Chinonis. Elle constitue l'inventaire du fonds Francine Caron à la bibliothèque universitaire d’Angers.
2005 : elle fait le tour de quarante ans d’écriture, ce qu’on ne dirait pas à la voir, car elle est toujours cette longue jeune fille souriante qu’elle était à vingt ans.

Nous avons choisi de refaire avec vous ce parcours en visitant les grands thèmes et les grands axes de cette œuvre singulière, l’amour, les arts, la nature, les voyages, des thèmes qui s’imbriquent les uns dans les autres en permanence.
Et puis, en préparant cette soirée, nous avons aussi fait remonter à la surface d’autres fils plus subtils, tels que celui de sa mère sur laquelle elle n’a pu écrire que bien longtemps après sa mort, comme beaucoup, une fois que le temps du deuil révolu permet d’ouvrir les yeux au jour. Et elle a bien voulu nous confier aussi ce parcours si sensible, qui commence dans un ventre, près de la mer, près de l’eau, l’Océan, le masculin, le féminin, intimement mêlés dans la vague d’où elle est née.

Isabelle Normand

A propos de Francine Caron - II

Cette version de la bio-bibliographie de Francine  Caron est plus détaillée, organisée de manière plus universitaire. Elle est de plus de première main, étant l'adaptation par mes soins d'un document plus complet qu'elle m'a elle-même confié.

Quelques repères


Francine (parfois : Francile [2] ) Caron est d'origine Picarde. Toutefois elle est née le 18 septembre 1945 à Batz-sur-Mer en Loire Atlantique.. Année-charnière, cette année 1945 : elle écrira sur Hiroshima, sur la Shoah...
Elle passe sa jeunesse à Angers, au lycée Joachim du Bellay. Puis elle fait propédeutique à l'Institut Français de Madrid, et des études supérieures à l'Université d'Angers, conclues par une agrégation de langue et de littérature espagnole.

Elle est successivement Professeur au lycée Joachim du Bellay à Angers (1967-68), Assistante (1969), Maître-assistant (1974), Maître de conférences (1985) à l'université de Haute-Bretagne Rennes II, Conférencière – poésie française – au Centre de recherche en littérature et linguistique de l'Anjou – CRLLAB – depuis 1978, et Chercheur associé dans l'équipe du professeur Georges Cesbron(1991). Elle est responsable depuis 1999 du fonds de poésie contemporaine qu'elle a créé à l'université d'Angers.

Elle entre au who's who in france en 1999.

Elle a créé et dirigé la revue Nard – première série : 1974-1981 ; deuxième série : 2003 - 2005 – qui a publié 375 poètes, débutants, confirmé ou célèbres, parmi lesquels 97 femmes. Présente dans de nombreuses anthologies, elle est une féministe humaniste selon son ami Serge Brindeau.

Elle a été membre fondateur de la revue Phréatique en 1977, du Cercle angevin de poésie en 1982 et des Transparleurs en 2004. Collaboratrice de nombreuses revues depuis 1974, elle siège aux jurys des prix de Doué-la-Fontaine (1975-95), Froissart de Valenciennes, des grands prix de la ville d'Angers (1982-2000), de la ville de la Baule (depuis 2000). En 1977 elle reçoit le prix François Villon, et en 1997 le grand prix de la ville de La Baule pour l'ensemble de son œuvre.

Elle appartient au PEN Club français et à la Société des Gens de Lettres  dont elle est sociétaire. Elle est membre actif de l'association Arts et Jalons, de l'Association des écrivains bretons, du cercle Aliénor-Jacques G.Krafft, et de Donner à Voir.


Passionnée de poésie et de peinture dès l'adolescence, elle se situe au confluent de parents artistes (monde de l'opéra), d'ancêtres artisans picards (orfèvres et forgerons), du cinéma et de la BD, d'un 68 libertaire, d'un Sacré d'abord païen mais aussi symbolique et monumental (Egypte ancienne, roman, gothique à Amiens), du bouddhisme zen révélé par Jean Dasté - Dans le creuset des Romantiques, de Lorca-Rimbaud-Verlaine, d'Apollinaire et de Cendrars, du Surréalisme, de l'école de Rochefort, de Guillevic, des grandes Hébert-Labé-Mansour-Plantier-Sodenkamp-Vannier, de Matsuo Basho, sa poésie est d'abord malaise.

Puis elle se veut témoignage des harmonies simples (nature, amour fou) avant la douleur de la perte. Elle oscille ensuite entre l'échappée belle et l'humour noir devant les absurdités souvent cruelles de la vie contemporaine, analysées voire stigmatisées dans un esprit de libre examen. Tout en continuant à creuser la langue y compris en haïku...

Bibliographie

Principaux recueils


Parmi la quarantaine publiée depuis 1973 (les premiers épuisés), du plus petit (4 pages) à l'anthologie des 15 premières années (265 pages...)

* Orphée sauvage (auto-édition 1973). Ce 1er titre publié donne la mesure d'une indépendance, d'un amour du lyrisme.
* En vers et pour tous (1974)
* Espagne veuve, Dubost, 1977
* Femme majeure, Millas-Martin 1977 ; prix François Villon
* L'Année d'amour, Aux Amis de Nard, 1979, préface de Luc Bérimont, couverture d'Yves Trémois
* Musée du Louvre, Terre inconnue , Alain Guinhut, 1984 – aide à l'édition et à la diffusion du Centre National -alors- des Lettres
* Bretagne au cœur, Osiris, 1985, liminaire de Guillevic
* Terres celtes, Hérault Editions, 1986, préface de Charles le Quintrec
* Grandeur Nature, Eklitra, 1989, préface de Pierre Garnier
* L'Amour le feu, Eklitra, 1991, postface d'Edgard Pisani
* D'Europe, Presses de l'université d'Angers – 1°édition en 1993 –, Poésie sur Seine 2° édition augmentée en 1998 et revue Europe Plurilingue, 2000
* Étreinte-Éternité, Alain Benoit , 1998, illustrations de Tonet – deux éditions
* Sur 7 tableaux de Caillaud d'Angers, Clapàs, 1999 – 2e série, 2001
* Voyage autour du monde en poésie, Poésie sur Seine, 1999
* Ars Amandi (ainsi que) Petit guide du Square des Batignolles, Alain Benoit, 2000
* MéluZine, Clapàs, 2000, étude de Muriel Girard
* Égyptiennes, Amis de la poésie de Bergerac, 2000
* Femme à l'oiseau, Les Dossiers d'Aquitaine, 2000
* Petit guide du Square des Batignolles, 2e édition augmentée, Alain Benoit, 2001, collection Raffia, sous le prénom Francile...
* Tanka du cloître angevin, Clapàs 2001, pastel d'Antoinette Jaume
* Macrocosme du corps humain sous le regard d'un microscope électronique, suivi de Des corps célestes, Alain Benoit 2002, gravures de Pierre Cayol
* Planète foot, War Planet, Les Dossiers d'Aquitaine, 2004
* Mortes saisons (haïkus), Clapàs, 2005, illustration de Lise Bloch
* Erotica Tumescens, Alain Benoit, 2005, illustrations de Shirley Carcassonne
* Parcs et Lunaparks de Paris (haïkus), La Jointée 2006, collage d'Anja Hagemann, préface de Georges Friedenkraft, postface de Jean-Pierre Desthuilliers
* Jardin de simples, Donner à Voir, 2007, illustrations de Marie-Thérèse Mekahli
* Shoah,avec Maria Emdadian, Transignum, Paris 2007, édition courante
* Atlantiques, L'oeil pour l'oeil, Chammes 2009
* Goya, Goya,avec Eva Largo, Transignum, Paris 2009, édition courante
* Haïkus des Doudous,Donner à voir, Le Mans 2010
* Orphéenaguère,avec Chantal Denis, Livre d'artiste, conception Eva Largo, Paris 2010
* Grand Louvre, Edition En Forêt / Verlag Im Wald, bilingue français-allemand, 2010

Ouvrages pour bibliophiles


Elle a aussi travaillé à dix livres d'artistes, dont :
* 4 Œuvres de sables de Michel Fabre à ses éditions : Nuit Cap Nord, Cap au Nord, Terres-Taire, Egypte (2006 à 2008), tirages limités.
* Shoah , TranSignum, Paris 2007, édition limitée à 25 exemplaires présentant 7 gravures sur Arches de Maria Emdadian, sous coffret gris avec plaque de zinc enchassée et gravée. Format 26 x 31,5. Sélectionné à Londres parmi les Artist's Book Purchase Awards
Monotypes dont Cathèdres avec l'éditeur-graveur Marc Pessin , 1977. Autres monotypes récents avec Chantal Denis et Marie-Thérèse Mekahli.
* Goya, Goya sérigraphies d'Eva Largo, mai 2009
* Cantate pour le Grand Canyon linogravures de Pierre Cayol , juin 2009
* Bleu ciel d'Europe aquatintes couleur d'Hélène Baumel, automne 2010
* Entre deux Rembrandt(s) sérigraphies d'Eva Largo, hiver 2010 - 2011


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Livres-objets


Sont parus à l'Oeil pour l'œil :  en 2006 Ciel-Symphonie avec Elyett Callu ; en 2007 Venise avec le temps, avec Chantal Denis et en 2008 Sphinx Sphinge  avec Chantal Denis,



sphinx  sphinge, janvier 2008


Un aperçu du boitage du dernier objet fabriqué, et une reproduction de l'ours de mon exemplaire personnel... .


Activités récentes et communications

1996 Communication au Colloque Vercors, le poète Vercors au service de l'humain dans le Silence de la mer, communication ayant reçu l'approbation D'Isabelle, petite fille de l'écrivain.

1999 Mise en place du Fonds Francine Caron – œuvre personnelle et poésie contemporaine – concrétisé d'abord par la création de 60 pages – jusqu'à 200 pages en 2002 – de textes, volets critiques, iconographie, autres informations, index sur le site internet de la Bibliothèque universitaire d'Angers, avec le soutien du conservateur Sylvain Houdebert - Hébergement de mars 2000 à mars 2006 - Arrêt actuel pour mise à jour de l'inventaire.

1999 Communication au Colloque Serge Wellens :  L'or de Serge Wellens en ses jardins (Sur la concordance des temps) - Publication dans les Actes aux Presses de l'université d'Angers (PUA) en 2000.

2000 Communication au Colloque Serge Brindeau : Des colloques angevins et des colonnes de l'Être brindellien - fondations et rayonnement de l'amour, PUA 2001.

2002 Communication pour le Colloque Guillevic :  Le poème Massacres, analyse, éclairage tragique par Les Charniers, génétique textuelle (PUA, 2003).

2003 Intervention au Collège de Longpré , avec Hélène Favier.

2005 Invitée française du 2e Festival Mondial de poésie au Vénézuela - Lectures par l'auteure en espagnol et en français à Caracas, San Diego de los Altos, Maracaibo.

2006 Participation aux Envolées, action poétique des Editions Transignum créée(s) par Wanda Mihuleac, assistée d'Adèle Antignac - Marché de la Poésie, Paris 6e.

2007 Communication à la Soirée Brindeau en Sorbonne :   Des saisons japonaises à l'Acacia, sur quelques haïku inédits, publiés en 2007 in recueil posthume Équivalences.

2007-2009 avec l'éditrice Wanda Mihuleac et l'illustratrice Maria Emdadian, participation à dix manifestations centrées sur la Shoah  et Oradour  en hommage à l'écrivain déporté André Rogerie et à Marie Talet, morte à Ravensbrück, directrice de son Lycée d'enfance.

Présentations récentes de l'auteur et de l'œuvre

2000 Présentation-synthèse  par l'association Territoire du Poème, Paris 14e

2001 Dans le cadre du Printemps des poètes, présentation-synthèse  par Le Mercredi du Poète, Paris 14e ; étude de Monique Welger-Labidoire.

2005 Présentation-synthèse de l'œuvre  par Jean-Pierre Desthuilliers et Isabelle Normand au Théâtre L'Aire Falguière, Paris 15e : lectures à deux voix, approfondissements interactifs avec le public.

2006 au Pont Mirabeau, par Nicole Barrière , Jean-François Blavin et Nicole Durand.

2009 au Mardi Littéraire du 16 juin, de Jean-Lou Guérin, par Guy Chaty, avec des lectures par Lucienne Deschamps, l'auteure, ....ainsi qu'au Grand Réservoir du Kremlin-Bicêtre, le 17 octobre, à l'occasion des Voix du Puzzle conduites par l'Association Voix Tissées.

Traductions

Louvre et Shoah, en allemand.
Tanka, en anglais et en arabe.
Shoah en hébreu.
Sur sept tableaux de Caillaud d'Angers, en allemand, anglais, espagnol, hongrois, italien et tchèque.
Goya Goya ! en espagnol et en anglais.
Cantate pour le Grand Canyon  en anglais.

Présence en anthologies, revues thématiques, et dictionnaires

* Jeanine Moulin : Huit siècles de Poésie Féminine, Seghers, Paris 1975 & 1981
* Juliette Darle & Alain Bosquet : Catalogue de Poètes en Sologne , 1978
* Pascal Commére : Des poètes pour demain la soif, spécial revue Noah, 1981
* Des poètes contre le racisme (portfolio), Union des Écrivains de Grenoble 1985
* Robert Sabatier : Histoire de la Poésie Française du XXe siècle, Albin Michel, Paris 1988
* Jacques Charpentreau : Les éléments des poètes, Hachette Jeunesse, Paris 1990
* Bernard Desmaretz : S'il vous plaît, destine-moi un poème, éditions Hauts-de-France,1991
* Pierre Béarn : L'érotisme dans la poésie féminine, éditions J.J Pauvert, Paris 1993
* Pierre Perret : Anthologie de la poésie érotique, éditions Nil, Paris 1995 et 2000
* C. Makward & M. Cottenet-Hage : Dictionnaire littéraire des femmes de langue française, éditions Karthala, 1996
* M.F Lavaur : Anthologie Mille Poètes Mille Poèmes brefs, éditions l'Arbre à Paroles, Belgique 1997
* revue Arcade, Montréal (Québec), n°40 L'écriture au féminin; Voix Internationales 1997 & n°49, Lettres pour prendre l'ère 2000
* Revue Poésie-sur-Seine : Poètes pour le 21e siècle, 2000
* Jean-Luc Lamouille : Devant le monde, le poète, éditions Alzieu, 2000
* Jean Orizet : Les Femmes & la Poésie, Poésie 1-Vagabondages n°23, Paris 2000
* Josepha & Claude-Jean Launay : Anthologie Poètes de la Loire, éditions La Table Ronde, Paris 2001
* Alain Le Roux : Anthologie Bretagne, Sur la ligne d'ombre de l'eau, éditions An Amzer, 2001
* Jean Antonini : Anthologie du haïku en France, éditions Aléas, Lyon 2003
* Revue Poésie-sur-Seine : Les grands poètes qui ont fait la revue, 2007
* Anthologie Tute de damas, 4 femmes-poètes de France nées entre 1922 et 1958 – Hélène Cadou, Nicole Laurent-Catrice, Francine Caron, Ariane Dreyfus –, université de Cadix, Espagne, 2007, Collection Textos y Estudios de Mujeres dirigée par Ana Sofia Pérez-Bustamante Mourier
* Estampillé 3, édition TranSignum, Paris, 2008

Le Who's Who in France publie une notice à son sujet.


A propos de Francine Caron - III....



Jeanine Moulin, Huit Siècles de Poésie féminine, Seghers, Paris (1975 et 1981) :
Si les benjamines du siècle n'y figurent point, c'est qu'avant d'entrer dans une anthologie, elles ont encore à fournir quelques preuves de leur suite dans les idées poétiques. Deux exceptions pourtant : Francine Caron qui a commencé à écrire dès l'âge de dix ans. Elle est déjà un accomplissement. (in avertissement de l'auteur)

Robert Sabatier, Histoire de la Poésie Française. La Poésie du XXe siècle (tome 3), Albin Michel, Paris 1988 :
Si les thèmes sont nombreux : la terre, les corps, la mer, les siècles, les voyages, le quotidien, ils procèdent tous de l'amour, un amour panthéiste et charnel, généreux et ouvert, qui s'exprime dans la liberté du style, de la tendresse à la passion, de la sensualité retenue à l'étreinte. L'éros ici est facteur de création, énergétique et dire poésie érotique apparaît comme un pléonasme : il y a poésie tout court.

Pierre Béarn, L'érotisme dans la poésie féminine. Des origines à nos jours. éditions Jean-Jacques Pauvert / Terrain vague, Paris 1993 :
Il faudrait tout citer. Francine Caron est véritablement la poétesse la plus attentionnée de la poésie française. Aucune femme, avant elle, n'est allée aussi loin dans l'évocation poétique de l'amour et de ses objets intimes.  Cette fête sensuelle, avec la Mort en filigrane, F. C. va la poursuivre dans d'autres recueils. Puis l'enthousiasme des éruptions charnelles s'atténue; de grands sujets surgissent : maternité, terre et ciel, mer, mort, etc. Et elle s'envole vers d'autres paysages : Espagne, Égypte, Musée du Louvre
.
Pierre Perret, Anthologie de la poésie érotique, éditions Nil, Paris 1995 et 2000 : C'est une commotion sensuelle. Elle a un vrai talent…Francine Caron est l'une des deux ou trois les plus douées de sa génération. Continue, fillette. Cette pornographie-là ne nous effraie pas le moins du monde. On en redemande.

Albert Bensoussan, in son introduction à Tute de damas (4 femmes-poètes de France), universidad de Cádiz, Espagne, 2007 :

 
Francine Caron, bardo lanzado a todo pulmón en la claridad, que sabe cantar tan acertadamente la exultación y la transfiguración de la carne, dentro de un paisaje aquí misterioso, allí caótico, allí ordenado, con una voz sensual y fervorosa, tierna y dolorosa, y a veces irónica, representa una adecuación ejemplar entre vida y poesía.

Francine Caron, barde chantant à pleins poumons  avec tant de bonheur et de clarté  l'exultation et la transfiguration de la chair, sur des airs tantôt mystérieux, tantôt chaotiques, tantôt ordonnés, avec une voix sensuelle et fervente, tendre et douloureuse, parfois ironique, incarne une adéquation exemplaire entre vie et poésie.


[1] Francine Caron la Bretonne Angevino-Picarde, et non Francine Caron-Panaccio la Canadienne, son homonyme d'outr'Atlantique, auteure de livres pour enfants...

[2] La substitution de Francile, prénom rare – il y aurait quarante-sept femmes en France revêtues de ce manteau – à Francine peut résulter d'un acte volontaire ou d'une erreur d'oreille ou d'orthographe. La graphie Francile Caron semble une variante rare, associée à quelques ouvrages :

  • Tanka du cloître angevin tel qu' enregistré par la BNF
  • Petit guide du square des Batignolles ainsi qu'en parle Jean-Paul Giraux...



En dessous de ce trait, matériaux pour des liens actifs et des notes de bas de page complémentaires. Merci de bien vouloir pardonner ce désordre constructif...br>
Quelques avis et réflexions



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F.C a été publiée aussi à Paris par Guy Chambelland. En régions par Louis Dubost (alors à Cholet, 49), le Centre Froissart de Valenciennes (59), Gravos Press (61), Alain Guinhut (49), Info-Poésie (44), Les Dits du Pont (84)

Entre 1974 et 1985, préfaces de 3 aînés de l'École de Rochefort : Luc Bérimont, Luc Decaunes, Pierre Garnier (x 3, dont La Somme de Joie et Picardie Poésie)

consulter sur son œuvre : les revues-dossiers 35 & 37 de L'Oreillette (Clapàs, Millau, 2001 & 2002) et Nard 29 - F.Caron éditeur (2003)

http://www.ecrits-vains.com/divers/eros.htm


membres . lycos . fr / mirra / poeCaron html (site littéraire de la poète Silvaine Arabo, orné par elle : Poésie d'hier et d'aujourd'hui)

expo . artactif . com / caillaud / poeme / new 1 . htm (site tout en couleurs de l'ami peintre Caillaud d'Angers, disparu en 2007)

Sites des éditeurs Alain Benoit (abedition.com), Clapàs, DàV (Donner à voir), Dossiers d'Aquitaine, Osiris, Transignum - Du poète Matthias Vincenot - Des revues Arcade, Décharge, Friches, Inh'ui (jacquesdarras), Multiples, Poésie sur Seine (poesiesseine . ifrance . com) - Des : leprintemps des poetes.com É lire-en-fete.culture.fr - Des : aire.falguiere, arpo, calames, ecrits-vains, institut-platon, le baiser, L G R, micronesie, pont.mirabeau, viadeo.bretagne, etc, etc.

http://dorio.blog.lemonde.fr/2008/04/page/2/