Charles Atamian,
peintre, illustrateur et xumaphile
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Les clichés repérés ₵ JPD sont placés sous licence Creative Commons BY-NC-SA.
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Charles Atamian A l'arrière-plan, une de ses propres œuvres. |
C'est à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, un peu par hasard, que je fis en juillet 2004 la connaissance de Charles Atamian. Ou plus exactement que j'appris son existence. Déambulant rue Collinet et m'intéressant comme à mon habitude à l'aspect des murs et aux noms des maisons, je découvris la plaque signalant son séjour Villa Mariette. A force de passer repasser devant cette plaque, à l'occasion de séjours dans ce quartier de la ville, et plus particulièrement d'emplettes régulières au marché de la place du Vieux Port, j'en vins à m’interroger sur la vie et les œuvres de cet artiste au nom indubitablement arménien. C'est dans le transept gauche de l'église Saint Gilles, église qui veille sur le marché, que je trouvai sous un petit tableau la plaque ici reproduite, qui explique l'origine du tableau et l'attribue au même Charles Atamian. |
▲ Plaque apposée sur la villa Mariette ₵ JPD ▲ Plaque apposée dans l'église Saint Gilles ₵ JPD D'autres traces -borne d'information, plaque de rue... - existent en ville [+]. |
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Sommaire ♦ A propos de... ♦ L'illustrateur ♦ Le peintre de la mer ♦ Expositions ♦ Dans des musées ♦ En salle des ventes... ♦ Témoignages et souvenirs |
A propos de Charles Atamian, 1872 - 1947
Charles (Garabed) Atamian est le deuxième des cinq enfants de Mighirditch Atamian, orfèvre et musicien, et de Marie Afker, arméniens francophiles. En 1880, il commence ses études primaires au Lycée Saint-Benoît. Il le quitte en 1886 pour entrer au collège Armeno Moorat-Raphael à Venise, où se met à l'école de Panletti [1] . Il y fréquente < a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Edgar_Chahine">Edgar Chahine et Arsène Chabanian. Il obtient son diplôme de sortie en 1892 et entre alors pour deux ans à l’Académie des beaux-arts de Venise.
De retour à Constantinople, il est employé comme chef-céramiste par le Sultan Abdul Hamid II. Il tient ce poste jusqu'en 1897 [9] , tout en commençant, à titre privé, à s'essayer à l'aquarelle, qui restera une part très marginale de son œuvre..
Fin 1897, pour être libre d'épouser la femme qu'il aime, Marie-Josèphe Valérie Snidarsich, rencontrée à Trieste, il s'installe à Paris, dans un des ateliers de la Villa des Arts, rue Hégésippe Moreau. Il y a pour voisins Eugène Carrière [2] , Picabia [3] , Paul Cézanne…
Pour parfaire sa formation de peintre, il choisit comme thème de copie de Maître ancien La Vierge au lapin, de Le Titien, exposée au Louvre. En 1903, il est accepté au Salon d'Automne. Il devient aussi,cette année-là, illustrateur pour de grands éditeurs, puis pour des revues littéraires, activité qui lui fournira l'essentiel de ses ressources jusqu'en 1918.
Simultanément, il peint, à l'occasion de ses vacances et de ses voyages, et commence, en 1911, une carrière de portraitiste. Pendant la guerre de 1914, il est assigné à résidence à Paris, étant sujet ottoman et son épouse autrichienne. Il travaille alors comme illustrateur pour des revues françaises et anglaises, et comme affichiste pour Gustave Quinson, directeur de théâtres, ce qui le conduit à fréquenter des artistes tels que Arletty ou Dranem .
En 1918, il voyage dans le midi de la France, et commence une série sur Marseille et sa région. Puis, en 1920, c'est Saint-Jean-de-Luz et ses environs qu'il explore et peint. En 1921, il expose à la Galerie Allard. En 1923, à la Galerie Petit.
En 1923, il se rend pour l'été à Saint-Gilles-sur-Vie, en Vendée.Il y retournera très régulièrement jusqu'en 1939. Une grande partie de son œuvre y sera élaborée, et c'est sur ses peintures de plage que va s'affermir sa réputation. Il y composera plus de deux cents œuvres [4], généralement des huiles sur toile.
En 1926, il participe au Salon de France, organisé par le gouvernement Raymond Poincaré pour contribuer, à travers la vente aux enchères d’œuvres offertes par des artistes étrangers, au redressement économique de la France. En 1928, il obtient la nationalité française [5] .
En 1940, l'Exode le conduit à Poulaines, dans l'Indre, d'où il rapporte de nouveaux paysages, localisés à Barzelles, du nom de l'ancienne Abbaye. Son épouse décède en 1941. Cette année-là, ressentant les premiers effet de la maladie qui l'emportera, il cesse de peindre, tout en continuant d'exposer.
Sa dernière œuvre connue est un autoportrait daté de 1941. Il décède dans son atelier le 30 juillet 1947.
Charles Atamian aura été, en plus de son activité de peintre : céramiste, illustrateur de livres et de revues, portraitiste, décorateur de théâtre, photographe et affichiste.
Il utilisa comme techniques, outre l'huile sur toile, bois ou carton (à la brosse ou au couteau), l'aquarelle, la gouache, le pastel, le lavis.
Certains de ses tableaux ont été reproduits par des éditeurs d'art, tels que Stehli Frères, à Zurich, ou Landeker & Brown, à Londres.
Charles Atamian l'illustrateur...
...de livres
- 40 aquarelles pour Les derniers jours de Pompéi, par Edward George Bulwer-Lytton, Albert Méricant ; réédité par Nilsson en 1946
- Illustrations noir et blanc et frontispice pour Le petit Jacques, par Jules Claretie, Calman-Lévy 1909
- Romans et Sapho, mœurs parisiennes d' Alphonse Daudet, Flammarion 1910
- Histoire d'Aurore de Montecourt, par François de Nion, édition Louis Michaud, non daté mais postérieur à 1900
Charles Atamian, le peintre de la mer
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Jeux sur la plage |
Jeune femme observant les vagues |
Jeune fille regardant la mer |
Expositions, de 1903 à nos jours
De son vivant
Noter qu'il exposa régulièrement au Salon de la Société nationale des beaux-arts de 1913 à 1945 et au Salon des Indépendants de 1938 à 1945.
- 1903 : Salon d'automne (peintures de Batz) ; le Salon d’automne fut créé et organisé pour la première fois le le 31 octobre 1903 au Petit Palais
- 1918 : Marseille, Galerie Mouillot (Ma mère)
- 1919 : La Nationale (peintures d'Agay)
- 1920 : La Nationale(Les rhododendrons). Il y exposera jusqu'en 1945
- mars 1921 : Galerie Allard (peintures de Saint-Jean-de-Luz, de Villennes-sur-Seine)
- 1923 : Galerie Georges Petit
- juillet 1923 : Strasbourg
- 1924 : Galerie Pouillé-Lepoutre, Lyon
- 1925 : Artistes français de Bruxelles (60 toiles)
- 1925 : Galerie Devambez, Paris
- mai 1927 et octobre 1927 : Galerie Georges Petit
- août 1927 : Beaux-Arts de Calais
- novembre 1928 : Galerie Simonson, 19 rue Caumartin, Paris (peintures de Nice et de Saint-Gilles)
- 1929 : Exposition d'art français contemporain, Tokyo, continuée à Osaka en 1930
- 1930 : Expositions en janvier à Alger, à Lille et Mulhouse en mars, à Majorque en avril, au Salon de la Nationale en mai, à Buenos Ayres en juin - Galerie Witcomb -
- 1931 : Salon de la Nationale en mai
- 1932 : Aux Amis des Arts de Dijon
- 1933 : Sept présences dans diverses villes françaises ; exposition à la Galerie Aktuaryus, à Strasbourg et en décembre à la Galerie Schusterman, à Paris
- 1934 : à nouveau en décembre à la Galerie Schusterman, à Paris
- 1935 : présence à Bordeaux, à Arras, à Dijon
- 1936 : présence Bordeaux, Mulhouse, Arras, puis en octobre, chez Frost & Reed, à Bristol et en novembre à la Galerie Rosenthal
- 1937 : Salon de la Nationale, après plusieurs années d'interruption
- 1938 : Salon des Indépendants
- 1939, 1940, et jusqu'en 1945 : Les Indépendants, la Nationale
Posthumes
- juillet-août 2006 : Saint-Hilaire-de-Riez, salle Henry Simon, 24 œuvres
- décembre 2007 - mars 2007 : Cagnes-sur-Mer, La peinture Arménienne au XIX et XX siècle, œuvres prêtées par le Musée d'Orsay
- février-juin 2007 : Paris, Musée National de la Marine, Exposition Aïvazovski
- septembre-octobre 2009 : Saint-Gilles-Croix-de-Vie, salle Marcel Baudouin
- juin 2010 : Les-Lucs-sur-Boulogne, Galerie du Sénéchal
Accrochages dans des musées
En France
Il est présent, en France
- au Musée d'Orsay,
- à Cambrai,
- à Péronne au Musée Alfred Danicourt [7] : Bain de sable en Vendée, huile sur toile, 73 x 92, acquis en 1931 ; La halle aux poissons de Nice, huile sur toile, 73 x 92, acquis en 1931
- à la mairie de Sées : La place, huile sur toile, 1918, 60 x 73
- à Troyes, au Musée d'archéologie et de sciences naturelles : Le petit bateau, huile sur toile, 46 x 55, acquis en 1938
- ainsi qu'à Saint-Gilles-Croix-de-Vie.
A l'étranger
- au Canada
- en Arménie : à Erevan, à la Galerie nationale d'Arménie,et à Etchmiadzin , au Musée du Catholicossat,
- à Tokyo
- à Venise, au Monastère des Pères Mekhitaristes à San Lazzaro degli Armeni
- à Washington au Smithsonian American Art Museum
En salle des ventes...
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Sur la plage
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Des œuvres de Charles Atamian sont assez régulièrement proposées à la vente. Par exemple :
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Témoignages, souvenirs et bibliographie
Témoignages
Souvenirs
Bibliographie
► Maud Bianchi-Atamian, Charles Atamian, peintre, rencontre en profondeur avec un homme et son œuvre, 85800, Saint-Gilles-Croix-de-Vie, Imprimerie de la Vie, 2006, 220 p. (ISBN 9 782852 819503).
Écrit par la petite-fille de l'artiste
► François Wiehn et Gérard Aubisse, Dictionnaire des peintres de Vendée de naissance ou d'adoption.
Cite 273 artistes
► André Hubert Hérault et Jean de Raignac, Histoire du canton de Saint-Gilles-Croix-de-Vie des origines à l'an 2000
Deux reproductions d’œuvres de Charles Atamian : Sur la sable mouillé, 1932 et Autoportrait, 1941
► Chahen Khatchatourian - Avant-propos : Nelly Tardivier-Henriot, Commissaire générale de l'Année de l'Arménie en France, Vigen Sargsyan, Commissaire général pour l'Arménie, Hasmig Poghossian, Ministère de la Culture de la République d'Arménie, Aïvazovski (1817-1900), la poésie de la mer
Ouvrage publié dans le cadre de l'exposition au Musée de la Marine, Paris, du 7 février 2007 au 4 juin 2007 ; Biographies, Bibliographies, Présence de la mer dans la peinture arménienne depuis Aîvazovsky
► H.Turabian, Rédacteur en chef du journal Artzakank Parisi (l’Écho de Paris), L’Arménie et le peuple arménien
Deux pages entières consacrées à Charles Atamian, rassemblant une biographie et des témoignages, dans le chapitre la France et l'Arménie à travers l'art.
[*]... xumaphile ?... Je cherchais dans la palette des adjectifs un mot pour qualifier l'amour des vagues. Faute de trouver l'article, et jugeant hydrophile par trop cotonneux, et imprécis, je me suis autorisé à associer au suffixe bien connu des amoureux de quelques chose le radical grec associé aux vagues de la mer, xuma
[8].
[**] D'après un cliché aimablement communiqué par Maud Bianchi-Atamian.Format de l'original : 30 x 30.
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L'avenue Charles Atamian relie l'avenue de l'Atlantique au boulevard des Océanides, artères parallèles à la Grande Plage où Charles Atamian vint très souvent travailler sur le motif.... ₵ JPD |
[1] D'après la notice qui lui est consacrée sur le site de l'ADIC ( Arménité, Diversité et Identité Citoyenne).
[3]
Selon le Paris-Hachette 1913 , donnant la liste complète par rues des adresses mondaines, page 30/700, La Villa des Arts logeaient :
Atamian, peintre - Barbier, peintre-artiste - Brigard, peintre-artiste -
Bricard, sculpteur-statuaire - Debienne (Mme) -
Fournif, peintre-
artiste - [+] Gelhay, peintre-artiste - Gounod, peintre-
artiste - Guéry, peintre-artiste - [+ wp] [+] Guiraud-Rivière, sculpteur-statuaire - Hervé, peintre-artiste -
Jandel, peintre-artiste -
Méry, peintre-artiste - Muratoni, peintre-artiste - [+] Philippar-Quinet (Mme), peintre-artiste - Plasse, peintre-artiste - Roger-Bloche, sculpteur-statuaire -
Rondenay (Mlle), peintre-artiste -
Rousseau,
peintre-artiste - Salès , sculpteur-statuaire - Schwartz, peintre-artiste
et sculpteur - Simonidi,
peintre-artiste - .
Suykovsky, peintre-artiste - Touraine,
peintre-artiste -
[+] Vital-Cornu, .sculpteur-statuaire -
[+ wp] Widhopff, peintre
illustrateur -
[+] Yo-Laur (Mme)
peintre-artiste.
[4] Selon l'ouvrage cité de André Hubert Hérault et Jean de Raignac 1999, page 195
[5] Selon l'ouvrage cité de Maud Bianchi-Atamian 2006, page 41
[6] Mentionné par le document d'invitation publié par le site Arménie mon amie à l'occasion de l'année de l'Arménie en France (2006 - 2007) : L’exposition permet également de découvrir de nombreux peintres, parmi lesquels Alhazian, Atamian, Carzou, Chabanian, Chahine, Gorky, Gumuchian, Jansem, Katchadourian, Kotchar, Lekegian, Mahokian, Sarian, Tutundjian, Zakarian… Les oeuvres sont prêtées par des institutions nationales telles que le Centre Pompidou ou le Musée d’Orsay, et par de nombreux collectionneurs privés.
[7]
Ce tableau est décrit dans la base Joconde du ministère de la Culture, base dont la consultation est...agréable. La notice contient aussi une mini-bio de Charles Atamian :
ATAMIAN : Constantinople, 1872 - Paris, 1947 ; Né de parents arméniens, le jeune Charles entre en 1880 au Lycée Français Saint-Benoît d'Istanbul. Il poursuit ensuite des études supérieures à Venise, au Collège Moorat-Raphaël, et obtient des diplômes d'aptitude à l'enseignement du dessin, de la peinture et de la calligraphie. Il entre en 1892 à l'Académie des Beaux-Arts de Venise, puis, deux ans plus tard, choisit le retour à Constantinople où il devient le peintre attitré du Sultan Abdul Hamid II. En 1897, il quitte définitivement la Turquie pour s'installer à Paris, à la Villa des Arts (XVIIIe). Le début du XXe siècle le voit s'imposer comme illustrateur pour maisons d'édition (une centaine d'ouvrages). Il se lance après 1910 dans les portraits de personnalités et participe au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts dont il devient membre associé, puis sociétaire. Après-guerre et jusque 1925, il travaille comme décorateur de théâtre et affichiste. Après avoir " testé " la lumière des littoraux du sud de la France, il s'attache à partir de 1923 à Saint-Gilles sur Vie (Vendée) d'où il produira près de 200 toiles, déclinant notamment son amour pour l'océan. En 1992, la municipalité de Saint-Gilles Croix de Vie nomme Charles Atamian citoyen d'honneur de la ville ; et en 1993, une avenue Charles Atamian est inaugurée. Sa petite-fille a légué à cette ville 42 tableaux de l'artiste en 1995. |
Sujet représenté : Deux jeunes femmes se roulent dans le sable. Une troisième marche dans l'eau en arrière plan.
Tags : scène, Vendée, plage, sable, mer, femme, costume de bain, mode, bain, baignade.
[8]
On Aug 15, 2011, at 10:45 AM, Jean-Pierre Desthuilliers wrote to joe @ xuma.com:
Xuma is the greek word for wave. Is it at the benning of your choice for
the name of your firm ?
I wish to use "xumaphile" to write about a painter who was especially in
love with beach sceneries.
Sincerely yours.
JPD
Le 15/08/2011 19:48, Joe Cha a écrit :
That's great, it's a rough translation to charging horse in Chinese.
Joe
0n Aug 15,2011, at 22:20 PM, Jean-Pierre Desthuilliers wrote to joe @ xuma.com
OK, thanks. Chinese connection, no greek :-))
Here it is... :
JPD
[9] Employé par le Sultan Abdul Hamid II comme décorateur, il conçoit les décors de carreaux et de vaisselle qui seront fabriqués par les ouvriers de la fabrique de céramique dont il deviendra le chef pour pouvoir veiller à la bonne exécution de ses dessins ; il ne mettra jamais la main à la pâte. Lorsqu'il ne travaille pas au palais, il peint des aquarelles pour lui-même. Il n'a fait qu'une seule aquarelle à Saint-Gilles, et quatre aquarelles gouachées à Martigues en 1918. (lettre de Maud Bianchi-Atamian en date du 2 septembre 2011).

