Charles Atamian,
peintre, illustrateur et xumaphile [*]

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Les clichés repérés ₵ JPD sont placés sous licence Creative Commons BY-NC-SA.



Autoportrait de Charles Atamian

Charles Atamian
Autoportrait...

Cet autoportrait est daté de 1941.

A l'arrière-plan, une de ses propres œuvres.

C'est à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, un peu par hasard, que je fis en juillet 2004 la connaissance de Charles Atamian. Ou plus exactement que j'appris son existence. Déambulant rue Collinet et m'intéressant comme à mon habitude à l'aspect des murs et aux noms des maisons, je découvris la plaque signalant son séjour Villa Mariette.

A force de passer repasser devant cette plaque, à l'occasion de séjours dans ce quartier de la ville, et plus particulièrement d'emplettes régulières au marché de la place du Vieux Port, j'en vins à m’interroger sur la vie et les œuvres de cet artiste au nom indubitablement arménien.

C'est dans le transept gauche de l'église Saint Gilles, église qui veille sur le marché, que je trouvai sous un petit tableau la plaque ici reproduite, qui explique l'origine du tableau et l'attribue au même Charles Atamian.


▲ Plaque apposée sur la villa Mariette
₵ JPD




▲ Plaque apposée dans l'église Saint Gilles
₵ JPD
D'autres traces -borne d'information, plaque de rue... -  existent en ville [+].



Charles Atamian [**]


Sommaire

♦ A propos de...

♦ L'illustrateur

♦ Le peintre de la mer

♦ Expositions

♦ Dans des musées

♦ En salle des ventes...

♦ Témoignages et souvenirs



A propos de Charles Atamian, 1872 - 1947



Charles (Garabed) Atamian est le deuxième des cinq enfants de Mighirditch Atamian, orfèvre et musicien, et de Marie Afker, arméniens francophiles. En 1880, il commence ses études primaires au Lycée Saint-Benoît. Il le quitte en 1886 pour entrer au collège Armeno Moorat-Raphael à Venise, où se met à l'école de Panletti [1] . Il y fréquente < a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Edgar_Chahine">Edgar Chahine et Arsène Chabanian. Il obtient son diplôme de sortie en 1892 et entre alors pour deux ans à l’Académie des beaux-arts de Venise.
De retour à Constantinople, il est employé comme chef-céramiste par le Sultan Abdul Hamid II. Il tient ce poste jusqu'en 1897 [9] , tout en commençant, à titre privé, à s'essayer à l'aquarelle, qui restera une part très marginale de son œuvre..
Fin 1897, pour être libre d'épouser la femme qu'il aime, Marie-Josèphe Valérie Snidarsich, rencontrée à Trieste, il s'installe à Paris, dans un des ateliers de la Villa des Arts, rue Hégésippe Moreau. Il y a pour voisins Eugène Carrière [2] , Picabia [3] , Paul Cézanne
Pour parfaire sa formation de peintre, il choisit comme thème de copie de Maître ancien La Vierge au lapin, de Le Titien, exposée au Louvre. En 1903, il est accepté au Salon d'Automne. Il devient aussi,cette année-là, illustrateur pour de grands éditeurs, puis pour des revues littéraires, activité qui lui fournira l'essentiel de ses ressources jusqu'en 1918.
Simultanément, il peint, à l'occasion de ses vacances et de ses voyages, et commence, en 1911, une carrière de portraitiste. Pendant la guerre de 1914, il est assigné à résidence à Paris, étant sujet ottoman et son épouse autrichienne. Il travaille alors comme illustrateur pour des revues françaises et anglaises, et comme affichiste pour Gustave Quinson, directeur de théâtres, ce qui le conduit à fréquenter des artistes tels que Arletty ou Dranem .
En 1918, il voyage dans le midi de la France, et commence une série sur Marseille et sa région. Puis, en 1920, c'est Saint-Jean-de-Luz et ses environs qu'il explore et peint. En 1921, il expose à la Galerie Allard. En 1923, à la Galerie Petit.

En 1923, il se rend pour l'été à Saint-Gilles-sur-Vie, en Vendée.Il y retournera très régulièrement jusqu'en 1939. Une grande partie de son œuvre y sera élaborée, et c'est sur ses peintures de plage que va s'affermir sa réputation. Il y composera plus de deux cents œuvres [4], généralement des huiles sur toile.
En 1926, il participe au Salon de France, organisé par le gouvernement Raymond Poincaré pour contribuer, à travers la vente aux enchères d’œuvres offertes par des artistes étrangers, au redressement économique de la France. En 1928, il obtient la nationalité française [5] .

En 1940, l'Exode le conduit à Poulaines, dans l'Indre, d'où il rapporte de nouveaux paysages, localisés à Barzelles, du nom de l'ancienne Abbaye. Son épouse décède en 1941. Cette année-là, ressentant les premiers effet de la maladie qui l'emportera, il cesse de peindre, tout en continuant d'exposer.
Sa dernière œuvre connue est un autoportrait daté de 1941. Il décède dans son atelier le 30 juillet 1947.

Charles Atamian aura été, en plus de son activité de peintre : céramiste, illustrateur de livres et de revues, portraitiste, décorateur de théâtre, photographe et affichiste.
Il utilisa comme techniques, outre l'huile sur toile, bois ou carton (à la brosse ou au couteau), l'aquarelle, la gouache, le pastel, le lavis.
Certains de ses tableaux ont été reproduits par des éditeurs d'art, tels que Stehli Frères, à Zurich, ou Landeker & Brown, à Londres.

Charles Atamian l'illustrateur...


...de livres


Charles Atamian, le peintre de la mer



Jeux sur la plage
 

Jeune femme observant les vagues


Jeune fille regardant la mer



Expositions, de 1903 à nos jours


De son vivant


Noter qu'il exposa régulièrement au Salon de la Société nationale des beaux-arts de 1913 à 1945 et au Salon des Indépendants de 1938 à 1945.

Posthumes



Accrochages dans des musées


En France


Il est présent, en France

A l'étranger


En salle des ventes...


sur la plage

Sur la plage
Des œuvres de Charles Atamian sont assez régulièrement proposées à la vente. Par exemple :
  • Drouot Richelieu, Salle 10, Paris, 23 novembre 2001 : sur la plage, huile sur toile, estimation 25 000 à 35 000 F
  • Yann Le Mouel, Paris, 2010 : La vague, huile sur toile, 38 x 55, signée en bas à droite et titrée sur le châssis ; estimation : 5 000 à 7 000 €
  • Atelier Quost, vente du 6 mars 2009, La plage, 1922 ; adjugé 4 000 €
  • European evaluators, New York,2009 : La plage, 1922 ; estimation 3 000 à 4 000 €
  • Sotheby's, novembre 2010 : Sur la plage, estimation 11 000 à 17 000 € ; adjugé 12 000 €

Témoignages, souvenirs et bibliographie


Témoignages



Souvenirs



Bibliographie


Maud Bianchi-Atamian, Charles Atamian, peintre, rencontre en profondeur avec un homme et son œuvre, 85800, Saint-Gilles-Croix-de-Vie, Imprimerie de la Vie, 2006, 220 p. (ISBN 9 782852 819503).
Écrit par la petite-fille de l'artiste

François Wiehn et Gérard Aubisse, Dictionnaire des peintres de Vendée de naissance ou d'adoption.
Cite 273 artistes

André Hubert Hérault et Jean de Raignac, Histoire du canton de Saint-Gilles-Croix-de-Vie des origines à l'an 2000
Deux reproductions d’œuvres de Charles Atamian : Sur la sable mouillé, 1932 et Autoportrait, 1941

Chahen Khatchatourian - Avant-propos : Nelly Tardivier-Henriot, Commissaire générale de l'Année de l'Arménie en France, Vigen Sargsyan, Commissaire général pour l'Arménie, Hasmig Poghossian, Ministère de la Culture de la République d'Arménie, Aïvazovski (1817-1900), la poésie de la mer
Ouvrage publié dans le cadre de l'exposition au Musée de la Marine, Paris, du 7 février 2007 au 4 juin 2007 ; Biographies, Bibliographies, Présence de la mer dans la peinture arménienne depuis Aîvazovsky

►  H.Turabian, Rédacteur en chef du journal Artzakank Parisi (l’Écho de Paris), L’Arménie et le peuple arménien
Deux pages entières consacrées à Charles Atamian, rassemblant une biographie et des témoignages, dans le chapitre la France et l'Arménie à travers l'art.



[*]... xumaphile ?... Je cherchais dans la palette des adjectifs un mot pour qualifier l'amour des vagues. Faute de trouver l'article, et jugeant hydrophile par trop cotonneux, et imprécis, je me suis autorisé à associer au suffixe bien connu des amoureux de quelques chose le radical grec associé aux vagues de la mer, xuma [8].

[**] D'après un cliché aimablement communiqué par Maud Bianchi-Atamian.Format de l'original : 30 x 30.

[+]


Cette borne commémorative a été implantée sur la promenade Marie de Beaucaire, en bordure de l'estuaire de la Vie.

Je dois à l'obligeante amabilité de la Mairie de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, qui a bien voulu m'envoyer un exemplaire
du document de définition, de pouvoir ici donner
une image lisible de cette borne.

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L'avenue Charles Atamian relie l'avenue de l'Atlantique au boulevard des Océanides, artères parallèles à la Grande Plage où Charles Atamian vint très souvent travailler sur le motif....
₵ JPD

[1] D'après la notice qui lui est consacrée sur le site de l'ADIC ( Arménité, Diversité et Identité Citoyenne).

[2] Voir l'information donnée à ce sujet par le site des amis d'Eugène Carrière.

[3] Selon le Paris-Hachette 1913 , donnant la liste complète par rues des adresses mondaines, page 30/700, La Villa des Arts logeaient :
Atamian, peintre - Barbier, peintre-artiste -  Brigard, peintre-artiste -  Bricard, sculpteur-statuaire - Debienne (Mme) - Fournif, peintre- artiste - [+] Gelhay, peintre-artiste - Gounod, peintre- artiste - Guéry, peintre-artiste - [+ wp] [+] Guiraud-Rivière, sculpteur-statuaire - Hervé, peintre-artiste - Jandel, peintre-artiste - Méry, peintre-artiste - Muratoni, peintre-artiste - [+] Philippar-Quinet (Mme), peintre-artiste - Plasse, peintre-artiste - Roger-Bloche, sculpteur-statuaire - Rondenay (Mlle), peintre-artiste -  Rousseau, peintre-artiste - Salès , sculpteur-statuaire - Schwartz, peintre-artiste et sculpteur - Simonidi, peintre-artiste - . Suykovsky, peintre-artiste - Touraine, peintre-artiste -  [+] Vital-Cornu, .sculpteur-statuaire - [+ wp] Widhopff, peintre illustrateur - [+] Yo-Laur (Mme) peintre-artiste.

[4] Selon l'ouvrage cité de André Hubert Hérault et Jean de Raignac 1999, page 195

[5] Selon l'ouvrage cité de Maud Bianchi-Atamian 2006, page 41

[6] Mentionné par le document d'invitation publié par le site Arménie mon amie à l'occasion de l'année de l'Arménie en France (2006 - 2007) : L’exposition permet également de découvrir de nombreux peintres, parmi lesquels Alhazian, Atamian, Carzou, Chabanian, Chahine, Gorky, Gumuchian, Jansem, Katchadourian, Kotchar, Lekegian, Mahokian, Sarian, Tutundjian, Zakarian… Les oeuvres sont prêtées par des institutions nationales telles que le Centre Pompidou ou le Musée d’Orsay, et par de nombreux collectionneurs privés.

[7] Ce tableau est décrit dans la base Joconde du ministère de la Culture, base dont la consultation est...agréable. La notice contient aussi une mini-bio de Charles Atamian :


ATAMIAN : Constantinople, 1872 - Paris, 1947 ; Né de parents arméniens, le jeune Charles entre en 1880 au Lycée Français Saint-Benoît d'Istanbul. Il poursuit ensuite des études supérieures à Venise, au Collège Moorat-Raphaël, et obtient des diplômes d'aptitude à l'enseignement du dessin, de la peinture et de la calligraphie. Il entre en 1892 à l'Académie des Beaux-Arts de Venise, puis, deux ans plus tard, choisit le retour à Constantinople où il devient le peintre attitré du Sultan Abdul Hamid II. En 1897, il quitte définitivement la Turquie pour s'installer à Paris, à la Villa des Arts (XVIIIe). Le début du XXe siècle le voit s'imposer comme illustrateur pour maisons d'édition (une centaine d'ouvrages). Il se lance après 1910 dans les portraits de personnalités et participe au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts dont il devient membre associé, puis sociétaire. Après-guerre et jusque 1925, il travaille comme décorateur de théâtre et affichiste. Après avoir " testé " la lumière des littoraux du sud de la France, il s'attache à partir de 1923 à Saint-Gilles sur Vie (Vendée) d'où il produira près de 200 toiles, déclinant notamment son amour pour l'océan. En 1992, la municipalité de Saint-Gilles Croix de Vie nomme Charles Atamian citoyen d'honneur de la ville ; et en 1993, une avenue Charles Atamian est inaugurée. Sa petite-fille a légué à cette ville 42 tableaux de l'artiste en 1995.

ainsi qu'une description de l’œuvre :
Sujet représenté : Deux jeunes femmes se roulent dans le sable. Une troisième marche dans l'eau en arrière plan.
Tags : scène, Vendée, plage, sable, mer, femme, costume de bain, mode, bain, baignade.


[8] On Aug 15, 2011, at 10:45 AM, Jean-Pierre Desthuilliers  wrote to joe @ xuma.com:
Xuma is the greek word for wave. Is it at the benning of your choice for the name of your firm ? I wish to use "xumaphile" to write about a painter who was especially in love with beach sceneries. Sincerely yours. JPD

Le 15/08/2011 19:48, Joe Cha a écrit :
That's great, it's a rough translation to charging horse in Chinese. Joe

0n Aug 15,2011, at 22:20 PM, Jean-Pierre Desthuilliers  wrote to joe @ xuma.com
OK, thanks. Chinese connection, no greek :-))  Here it is... : JPD

[9] Employé par le Sultan Abdul Hamid II comme décorateur, il conçoit les décors de carreaux et de vaisselle qui seront fabriqués par les ouvriers de la fabrique de céramique dont il deviendra le chef pour pouvoir veiller à la bonne exécution de ses dessins ; il ne mettra jamais la main à la pâte. Lorsqu'il ne travaille pas au palais, il peint des aquarelles pour lui-même. Il n'a fait qu'une seule aquarelle à Saint-Gilles, et quatre aquarelles gouachées à Martigues en 1918. (lettre de Maud Bianchi-Atamian en date du 2 septembre 2011).