Cathy garcia,
comédienne, chanteuse, et artificière
Vous pouvez accéder directement depuis cette page à son blogue personnel , et aussi au blogue de la revue qu'elle anime, nouveaux délits.
C'est en recevant par courriel le numéro inaugural de nouveaux délits , revue de poésie vive et dérivés, que je fis connaissance de Cathy Garcia et de son écriture, simple, fraîche et naturelle et cependant témoignant d'une vision qui n'est en rien simplificatrice : si elle dit avec fluidité la complexité des rivières, elle n'évite pas d'explorer les tréfonds des avens.
Nous entretenîmes correspondance, et j'eus l'occasion de lire la préface que
Nous avons tous deux choisi comme épigraphe, elle pour la présentation de sa revue nouveaux délits, et moi pour la section poésie du chapitre textes d' adamantane.net, la même phrase de René Char...Coïncidence ?
Jardin du causse
Avec l'autorisation de Cathy Garcia, j'ai publié ici un extrait des textes :
- jardin du causse - mars : section I / VII à section IV / VII
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jardin du causse - août : section I / IV, partagée en quatre par mes soins attentifs à ce que le refrain jardin du causse ouvre chaque colonne...
Pour rendre son travail plus lisible sur la page-écran de ce site, j'ai pris la liberté d'adapter la typographie aux contraintes graphiques de ce média. Les éléments de texte (les versets) I, II, etc. ont été disposés sur quatre colonnes pour réduire, voire supprimer, en limitant à 35 lignes environ la hauteur du texte, l'obligation d'un défilement vertical qui fatigue le doigt et la vue, alors que dans le livre, dont les pages sont de proportions adéquates, ils figurent tout naturellement sur une colonne unique.
mars
(extraits)
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I
jardin du causse les pruniers ont des airs de jeunes mariées c’est le règne des fleurettes essaims bleus de véronique lamier pourpre chaque fleur de sa fleur un pur bijou d’érotisme |
II
jardin du causse chaleur précoce papillon citron odorantes violettes en toute innocence l’enfant massacre les pâquerettes… puis concocte une soupe aux cailloux au grand bonheur de la vieille marmite abandonnée un bâton pour touiller quelques brins d’herbe pour parfumer passe le cherche-midi qui sera désigné du doigt |
III
jardin du causse le vent d’autan souffle hardiment le printemps tout de vert vêtu arborant de beaux boutons jaunes s’approche ! les robes virginales maintenant haillons dans le vent mêlés de feuilles tendres jardin du causse l’enfant marche maîtrise la verticalité tendue entre ciel et terre elle avance à petits pas mesurés jardin du causse grappes bleues de muscari penchées sur leur frêle tige nue passe un colibri des prés le moro-sphinx étrange papillon que l’on aurait envie de caresser |
IV
jardin du causse pulsions vertes bulles de duvet faire un vœu souffler d’un coup jardin du causse nouveau venu dans la famille un chat robe grise légèrement tigrée tombé du ciel au mois de mars voici donc Giboulée ! aussi câlin que voleur fait la joie de l’enfant Giboulée est son ami comme la fleur et la fourmi jardin du causse éclat vif et mauve la monnaie du pape ses pétales en croix
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mars
illustration de Joaquim Hock
août
(extrait)
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I
jardin du causse s’allonger sous le vent baume à la tête fatigue tout s’enchaîne vite trop vite moi qui avait fini par prendre goût au calme dompté l’ennui juste elle et moi l’enfant la mère rythme nature me voilà à nouveau dans tourbillons sentimentaux alors en cette fin de journée éclair arrêter le temps se poser respirer écouter le vent l’avaler par la peau s’écouter vivre rien d’autre amour désamour désir d’en haut d’en bas toutes complications humaines fermer les yeux baiser du vent sur les paupières |
I, suite 1
jardin du causse soleil mûr septembre s’approche jonchant le sol de prunes sucre caché entre les épines les mûres sont belles la bonne odeur gâteau doré au four ! jardin du causse à semer rupture j’ai récolté amant papillon éphémère et moi où suis-je ? par delà ma fatigue je me cherche dois me trouver apprendre à dire à me dire ne plus me perdre dans la multiplicité des alter-miroirs l’autre lui ou toi toi ou lui et d’autres encore passés et à venir je me cherche je le cherche je Le cherche l’homme sacré profane relier animus anima |
I, suite 2
jardin du causse terre et ciel je m’appelle jonction je commence à entrevoir le chemin l’improbable et pourtant nécessaire troisième voie comme c’est difficile de se ressembler de se rassembler envers et contre les schémas suggérés conseillés imposition des masques guérison factice jeux d’artifices je n’ai que faire d’artifices que faire de paraître ce que je ne suis pas papillon fleur nectar souffle parfum matière je suis la porte du monde je veux en jouir à ma façon pleinement animale cérébrale spirituelle pas de frontière énergie circulation libre |
I, fin
jardin du causse l’orage arrive à grands pas à l’est ciel encore bleu dilué aquarelle sauvage méduses anthracites ciel océan rageur cortège de nuées à portée de doigts à l’est encore bleus gris se mêlent en toute beauté grosses gouttes froides crépitent sur ma page l’enfant excitée montre le ciel parle au tonnerre le chat moins téméraire réfugié à l’intérieur oreilles en pointe dressées l’odeur de la pluie sur la terre chaude m’enivre l’enfant lance de nouvelles incantations au ciel qui lui répond force roulements tambours bouquets vifs éclairs ! vite vite folle enfant mon bel amour rentrons !
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A propos de Cathy Garcia
Cathy Garcia naît en 1970, dans le Var. En 1991, rencontre décisive avec le théâtre de rue et la vie d'artiste touche-à-tout dans la compagnie des Plasticiens Volants , avec laquelle elle parcourt le monde - Pologne, Sicile, Brésil, Cambodge, Australie -. Elle y apprend la fabrication de décors et de monstres gonflables, leur manipulation en spectacle, passe un diplôme d' artificière, se forme sur le vif au métier de comédien, se spécialise dans le chant qui est pour elle une très ancienne vocation.A l’automne 2001, elle part par amour vivre dans le Quercy, tout en continuant à voyager pour les spectacles. En février 2003, elle devient l'heureuse maman d'une petite fille et de ce fait se transforme en poète au foyer.
Écriture plutôt souterraine mis à part deux prix de poésie en 1987 et 1988. Premières résurgences à partir de 2001...
- pandémonium 1-les oiseaux déchirés , poésie, aux éditions associatives Clapàs du regretté Marcel Chinonis, avec un collage de l'auteur en couverture
- fragments de tout et de rien, textes courts, plus papillon de nuit, 2001, chez Clapàs
- calepins voyageurs, 1997-2001,
carnets de voyage, partiellement gravés sur cédérom en
cohabitation avec
l'exorcisme du sable,
de
Christian Erwin Andersen
, en attente
d'une édition illustrées et intégrale
- gris feu,
chez Ambition Chocolatée et Déconfiture, 2003, poèmes, avec des illustrations de Blandine Jullien
- jardin du causse , auto-publié en décembre 2004 aux éditions A tire d'ailes, tirage sur papier recyclé, avec des illustrations originales de Joaquim Hock , et une préface de Mireille Disdero.
- sur des sites importants du Web francophone...dont Pleut-t-il , Ecrits...Vains ? et quelques autres
- et dans de nombreuses revues de création poétique

